J-EM\Y
Pendant qu'à sou aise ii babille
Et prend ptaisir à répéter '
Ç>U(' )e .suis bien taile et geuttlle^
Mw , je ui'fiiuuic ii 1 écouttt.
( lo
cuDDY , smif l'avoir entendue.
Sir Henri Morton est toujours devant moi. .
JENNY
Tu ne m'as donc pas entendue ?
CUDDY
Quoi ! . . .
JENNY
Je t'ai dit que je m'amusais à écouter Ingliss. . .
CUDDY
Ce n'est que cela I . . Quand une femme ne parlç pas , c'est bien le iuoins qu'elle écoute.
JFNNY.
Ainsi tout est e'gal pour toi. Et sir Morton ?. .
Puis-je l'oublier , quand miss Edith qui lui était promise ?. o
JENNY'
Lord Evandale est le meilleur des hommes } il t'a pris chez lui , t'a-fait son intendant.
CUDDY
Jenny ! j'aime , je respecte lord Evandale j mais si , comme moi , tu avais d'abord servi sir Henri , si la même cause avait arme vos bras!... peux-tu m'en vouloir de conserver le sauvenir do celui sans lequel je ne serais pas ici ?
AîR : ^4 soixante ans.
Dans mon ardeur, près de lui redoublée,
Bravant un jour un péril trop certain ,
J'allais périr au fort de la mcle'c ;
Henri le voit , et sa \ai!lanle main
Reçoit le coup qui m'eut perce' le sein.
Par les regrets mon Ame est poursuivie ;
Quand il partit , à l'exil condamné ,
Par moi , pourquoi fut-il abandonné ?
Il fallait Tsuivrc... et lui sauver la vie, '
Afin d'iui rendr' ce qu'il m'avait donne.
jf^NY , ai'cc bonlé.
Tu sais bien que ce n'est pas ta faute.
Oui , je sais qu'il m'ordonna de rester , qu'il l'exigea.
JEIVNY.
Tu vois donc que tu ne peux pas te reprocher son naufrage.
Air, ; 7b 1/5 les malins.
(Ili.ionn cslimait sir Hcniij 'l'ii l'aiinais : cela devait être.
Mais parte qu'il fut englouti , .Dois lu toujours parler irton maître?... Il est au fond d'ia mer, et moi , J'suislà!,.. songes-y, de grï5ce.
CUDDY, la regardant tendrcmenU J'm'occuperais d'mcme de loi, Si tu le trouvais à sa place...
JEXNY.
^ien oblige' ! . .
CUDDY
Ma chère Jenny I je t'aime comme le premier jour de notre piariage. . .
JENNY
C'est singulier ! je ne m'en aperçois pas.
CUDDY, s'approchani d'elle et arrangennl ses hahils. Que ces liabillemens te vont bien!. . .
JENNY
Ah ! il y vient. . .
CUDDY
Ma petite femme , je ne puis te regarder sans être tenté. . .
JENNY
Comment puis-je le sa\ oi^' ?
CUDDY , lui pixtiiant lit imtin, La jolie main 1 . , il faut que je l'embrasse.
JF.NNY.
Il me semble que tu en es bien le maître.
KU DDY , laissant lombtrla main de Jcnnj iju il a\uiit {ipprjchèe de ses lèvres.
Henri Morton , s'il eût épousé miss Edith!,, l'aurait aimée comme Je t'aime.
JENNY
Prends donc garde , tu n'es pas à ce que tu fais. . .
cunny , revenant à lui.
Pardonne , Jenny ! ( // s'approche , el, prêt à Venibrasser^ il eut interrompu par l'arrivée du domesli(fue. )
LE DOMESTIQU E.
M. Cuddj , un étranger demande à vous parler. . .
CUDDY . se retournant vivement.
Un étranger?
LE DOIUESTIQ'JE..
Il dit qu'il est très-pressé.
JENNv , à pari.
Allons, il fallait qu'il vînt un étranger. . . et un étranger pressé encore !.,.
curiDY, au domestique.
Dites-lui qne je "suis prêt à l'enfen.'lre !... Pour toi , Jemiy , miss Edith t'atfend sans doute avec impatience.. . Lu jour de npce on a be-soin de faire une belle toilette.
AIR : P^audjville des Blouses.
Porte tes soins, ton zèle à ta maîtress«; Cours proniplenient , près d'elle , le ranger.
JENNl'.
Encore un mot , et somlain je te laisse.
CtDDY.
Songe qu'ici va venir T'elrangor...
S'il ni'a[iportait quiliiiie nouvelle utile...
Quand tu me pail's , tu t'interromps toujours.
ru ouï.
Ton tour viendta; n?a Jcnuy , sois tranquille.
J! tifix , fifemejil.
Tu mf repèis la laim" chos' tous les jours.
Jt> ',ais iloniior ni'^s S')ins à infi ra;iîl!éss<'' ; . ,
A sa loilrlte, c'rst rmnmc%t de songer j KJ, seul ici, min ami, je t<; laisse, Puis^jue tu vas recevoir l'el.rani^er.
ctiDny.
Porle tes sijns j ton ye'lc à la maîtresse} (lours priiniptcmcnt près d'elle te ranger j Seul, en ces lieux , il faut bien qu'on me laisse - Songe qu'ici va venir l'ciranger.
SCErvE VI.
CLBDY, L'ETRANGER, introduit par le dome-tiqué qui se relire.
CUDDV .
A. cp costuiTio. cVsl l'étranger dont in'a parlé Ingliss. . . Que peut-il me vouloir ?. . . et pourquoi se càche-t-il ?. . . {A l'étranger, qui s' avance avec prccaulton.) Nous sommes seuls! l' É T n A N G E n , sans se découvrir le vi.sagc. .
Cudd V ! ■
AIR : J'aiidei'ille de Figaro.
Tu ne sais qui je puis cire?
CUDDV , ctnniié de la r'oix de l'étranger. Afî ! mon Dieu ! qu'ai jo entendu ?
Kn moi , ((iiel trouble il fait naître !
l'Étranger.
êc. viens sans être aCten<lu !
( Se di'cniiumnt et jetant son manteau. ) Cuddy î regarda !
CUDDY, tombant à ses pieds.
Ciel ! mon maître!
Justement , j'étais emu...
Mon cœur 1 avait reconnu.
Est-ce bien vous que je revois?.. . .
MORTON, le relevant.
Oui, CudJy.. . . c'est Henri Morton qui te pressé dans ses i>nis !.. . .
cuonv , lui prenant la main.
Oh! oui oui.... la voilà, cette main qui me sauva la
vie!... la voilà j celte blessure !•.. .
MORTON
'Quoiqu'un m'aimait donc «ncore, et g{»rcViit mnh snuvcnii!...
eu DDT.
Que j'apprenne comment
MOUTON, vn'enient.
Piéponds-moi Parle-moi d'Edith !.. . .
CUDDY , à part.
Que lui dirai-je?.. .
WORTON.
Pourquoi habile-t-elle ici?... pourquoi a-t-elle quitté ses domaines ?
CUDBV.
Hélas I milord. . . . elle en a été chassée pai* son cousin James Olifand.
MORTOiv , avec indignation.
Olifatil!...
CUDDY
hes grands biens d'Edith provenaient de la succession du coîiite Torwood, son oncle , à laquelle Olifand , juge de paix de ce comté', avait des droits égaux. Un preiiaier testament du romte avait investi James de cette riche succession ; mais un testament postérieur avait transmis st's droils à lady bellenden , mère de miss Edith.. . Jlalhoureusement, à la mort de miiadj , cette pièce ne s'est plus retrouvée.. . Olifand a fait valoir la première volonté du testateur, et miss Edith doit l'asile qui lui a été accordé dans ce château à lord Evandale I. . .
MORTON , ai'cc vchtmence.
Evandal e!. . . niais enfin. . . Edith?.. . ,
Edith. . . . l'épouse aujourd'hui même I. . . .
MO p. TON.
Ce que l'on m'avait dit est vrai!.. . Evandslf !. . . je ne sais uelle étrange fatalité nous a sans cesse poursuivis!... Tous euxd'uîie égale naissance, rivaux dès notre jeunesse.. . l'amour augmenta encore cette rivalité. . . . Jetés , par suite de troubles
]»')!itif{ii('s, dans dos partis difl'éreiis , deux fois il me sauva la vie, o.l (leiix fois , à luoti tour, je fus son libérateur ; et (iiianJ je reparais, c'est encore lui c^ue je trouve pour m'e:i!evcr lo tœnr et la main d'Edith I
CfDDY.
L'absence a porte son fruit.. .
MOilTON.
Editii !. . . fini me donna cet anneau en me disant.. , Ijrise-r l*^, si je suis infidèle.. . f II va])oitr l'arracher dd son doigt-,) Non , je veux tout voir par moi-même. (T^U'sment.) Cuday , il faut c]ue tu nie donnes l'hospitalité pour cette nuit.
CUODY.
Il faut.. . Eh! ne la donnerais-je pas à mon plus cruel ennemi ?. . .
AIR : Ou'il respecte l'Homme d'honneur : (de la Pautre fille.) De cette loi , que l'F'.cosse révère , L'usage antique est fans cesse honore'; Un ennemi, fût-il liércdi taire, Sous notre cliaume, est un être sacré.
A son enn'mi , c'est déjà manquer d'âme ,
Que de Befuser un abri ;
Et l'on ne peut , sans être inftime ,
Le refuser à son ami.
moKton , lui prenant, la main.
Cuddy est toujours le même !. . •. .
CUDDV.
Je vous suivrai partout^!-...
MORTON
Je ne quitterai plus ce pays I . . .
CL'DDY.
Cro3'ez-vous que ce lord Melleville, envoyé en Ecosse avec des pleins pouvoirs , et (|ue l'on attend à tout moment , ne finira pas par vous découvrir?. . . .
MORTON
Ce n'est pas cela qui m'occupe.. . . Qu'Edith soit fidèle ou non. . . je ne quitterai plus ce pays , le dis-je !
Ctj ODY.
11 VOUS est doue Lieu cher ?. . . ,
MOHTOV.
J'aurais tout bravé pourui'en rapprocher!. . . Ah 1 uion arni , tu ne sais pas ce que c'e.^i que d'être forcé de vivre sous un ciel étranger!... Pendant ia traversée, je n'avais qu'une seule idée.. . . mes regards étaient sans cesse tonrnés vers l'Ecosse. . . je dévorais l'espace.. . enfin un cri de joie signale notre arrivée !.. . .
AIR (lu IVéces.'iaire et du Superflu.
Impatienl d'atteindre au bord ,
En m'elaacarit sur cclt.: terre , J'jii cru , vraiment , dans mon premier transj'.ort ,
J'ai cru renaître à la lainière; Je ne sais quoi m'a touché , ma parle.
Ah! le soleil de la pairie
Est, pour le cœur de l'exilé.
Le doux regard d'une mère chérie.
C'est Lien là penser en Ecossais ! ffci l'on enleni une riiour" nulle. J -
MORTOIV'.
(^uel est ce bruit !. . . ,
CUDDY, regardant ^ et ou\,-rant les fenêtres et les portes dit
fond:
C'est tout le clan de lord Evandale, qui descend la montagne et se rend ici pour la noce. Voici les vieillards, puis les jeunes filles, enfin les chasseurs qui ferment la marche, et font entendre Ja ballade favorite de notre jeune maîtresse !.. . ,
iiionTo>',
Je ne me trompe pas... c'est l'air qui annonça mon triomphe, lorsque je reçus des mains d'Edith !a palme du vainqueurl.. . . ÎS'importe... ses intérêts me sont toujours chers!.. . . (Il écrit.)
Peul'-ctre mérite-t-el!e encore (A Cuddj\) FaiS porter
sur-le-champ cetlc lettre dans le plus gratid seerçt à John Breggy.
tuDDY , éloiinê.
f^)iiol î luilorJ !. . . au secrétaire d'OIilaml î. . ,
MOMTOM.
Lr bonheur... l'avenir d'Edith dépendent de la réponse (^u'ilTaut que j'aie le plus tôt poîjible.
CUDDY
n sufïlt.. . Je vais envoyer de suite uti homme dont je suis sur. (Regardant le fond.) Mais on vient.. . . c'est miss Edith.
MORTON . dans la plus violente ngilalion.
Edith I. . , Cuddj î emmene-moi. . . sauve-moi d'elle!
sauve-moi de même!....
CLDDY.
^ entv. . . . sortvrs par ce cabinet qui donrne sur le jardin.
MOflTOJf.
Ain de {l'pche.
Il iaut fuir, ô ùou.'our!
Alors qu'ol!e s'avance I Quelle amcre souffraiica Vient agiter mon cœur!
Je me disais : Tendre et sincère , }'. Ile sera fidèJe à mon amour; Kt r.'npr.ite qui in"a su plaire, Hei.'ts! s'enchaîne sans retour.
Fuyez , illusion trop cîièrc; Ah ! je le vois, femmes . en vorite, CJroire à voire fidélité , Ccftlsc bercer d'une chimère.