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cadets qui, appartenant à l’armée ou voulant suivre la carrière des armes à laquelle ils se destinaient, s’en allaient vers des rivages où seulement ils espéraient voir la fortune leur sourire. Quelques marchands se joignirent aussi à eux, se croyant gênés dans leur négoce par les règlements imposés par le nouveau régime, à l’effet de protéger et de favoriser quelque peu les siens. Dégoûtés de cette conduite qui leur semblait tyrannique, et sur l'inspiration du mome:1t, ils abandonnèrent le pays, sauf à regretter, plus tard, cette détermination intempestive ; ainsi que plusieurs l’exprimèrent ouvertement dans leurs lettres adressées au Canada.
Le vrai moyen d'établir que les occupants d’une habitation l’ont quittée temporairement ou pour toujours, c’est de s'assurer si, en effet, les lieux ont été vidés, selon les termes du palais.
Evidemment, ainsi que l’a remarqué M. l'abbé Daniel, il y a contradiction sur la matière entre les différents historiens canadiens. Mais il ne se peut agir, encore une fois, de les concilier en leur faisant faire des concessions réciproques; car la question n'est point une question de sentiment, d'appréciation de quelques faits plus ou moins sérieux. C’est devenu une question de jugement, de preuve indéniable ne laissant plus douter de quel côté se trouve le vrai. Et la vérité, ici, ressort des raisons convaincantes, des faits précis et irréfragables.
Quittons le domaine des suppositions, ne laissons plus libre cours à notre imagination; ne répétons plus, sans examen, les dires de nos devanciers. C’est
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en produisant des faits qui s'imposent que l’on arrivera à faite la lumière sur une question trop longtemps débattue et qu’il faut enfin, dans l'intérêt de notre histoire, résoudre définitivement, répétons-le.
La preuve la plus solide, c’est de faire connaître, si nous le pouvons, les noms des fainilles demeurées au Canada lors de la cession, et qui n’ont point cessé de faire partie de sa population alors peu nombreuse.
Longuement, patiemment, nous avons consulié nos archives, les registres paroïssiaux, les études de notaires ; nous avons fouillé dans les actes authentiques, dans les pièces de famille mises gracieusement à notre disposition ; nous sommes en mesure aujourd’hui, pensons-nous, d’affirmer d’une façon mathématique au public canadien qu’une infime minorité seulement des classes élevées et instruites, à la cession du Canada, s’en est éloignée sans esprit de retour. Nous croyons pouvoir établir aussi que ceux de nos écrivains qui ont parlé de l’exode de la noblesse du Canada, se sont tout simplement trompés, n'ayant jamais pris la peine d’examiner sérieusement la question.
Tout doute doit disparaître en face du nombre considérable de familles dirigeantes qui préférèrent opter pour le Canada, en faire leur patrie et celle de leurs descendants.
Voici les noms principaux que nous avons recueillis, tous mirutieusement contrôlés par des pièces authentiques ou par des documents privés d’une grande crédibilité :