‹ L'exode des classes dirigeantes à la cession du Canada [microforme]Chapitre 3 sur 10 · DE RER QU ER · texte numérisé non relu

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À LA CESSION DU CANADA 11 Juchereau-Duchesnay, De Rocheblave, Hertel de Rouville, Boucher de Boucherville, De LaNoue, Etc. etc.

Margane de LaValtr,

En un appendice de son ouvrage déjà mentionné, M. l’abbé Daniel donne les noms de ceux des officiers —Capitaines, lieutenants, enseignes —dans les compagnies du détachement de la marine, autrement appelées “les troupes du Canada.” Ces officiers, licenciés sans aucun doute, ne passèrent point de l’autre côté. J en cite d’autres qui, après avoir ‘econduit leurs soldats en France, sont revenus tout aussitôt. Il y en a plus d’une centaine, tous Canadiens de naissance.

Parkman, dans son brillant ouvrage intitulé : Montcalm and Wolfe, vol. II, page 383, après avoir, comme les autres, mentionné le départ de ce qui restait de l’armée française et des principaux fonctionnaires de la colonie dans des vaisseaux fournis par les vainqueurs, s’exprime ainsi :

“ They were voluntarily followed by the principal members ofthe Canadian noblesse, and by many of the merchants who had no mind to swear allegiance to King George. T'he peasants and poorer colonists remained at home to begin a new life under a new flag” Puis, il décrit la perte de l’“ Auguste” à l'appui de son affirmation, ainsi que deux autres écrivains l'avaient déjà fait avant lui.

Voyons donc tout de suite quelle grande importance put avoir ce désastreux événement au point de vue du sujet qui nous occupe ; examinons ce qu’il prouve.

À bord du malheureux vaisseau se trouvaient réunis seize nobles, chiffre exact, cadets de familles pour la plupart, à l’exception de M. de Lacorne Saint-Luc qui fut sauve et demeura au milieu de nous ; et plusieurs négociants. Il n’est pas un nom parmi ces infortunés, que l’on ne retrouve au Canada, si ce n’est celui des deux Raimbault-Groschêne ; et encore, avaient-‘ls des représentants au pays.

Comme preuve, c’est donc un fait sans la moindre portée, sans aucune importance que Parkman invoque : c’est même futile. En effet, que dit ce chiffre tout à fait insignifiant en face du nombre considérable de nobles, de gentilshommes, de bourgeois, de négociants, d’hommes de loi, etc., etc., demeures au Canada, ainsi que nous allons le voir tout à l’heure ?

Tous s'accordent sur un point : les troupes régulières, ainsi que les principaux fonctionnaires de la colonie, furent embarquées sur les vaisseaux du roi d'Angleterre et conduits en France. Mais à cela se borne à peu près cette émigration toute naturelle, obligatoire même en l’état des choses. Car le conquérant n’eût pu raisonnablement permettre à l’armée, aux officiers supérieurs, civils et militaires, de demeurer dans un pays où toutes les administrations allaient être remplacées par les nouveaux venus. N'est-ce pas ce qui se produit toujours en pareilles circonstances, et ce fait renouvelé en Alsace-Lorraine est-il si éloigné de nous que personne n’en ait souvenance ?

Très peu de familles canadiennes les suivirent. Il est vrai que l’on trouve parmi elles des noms bien connus ; mais [a plupart ne représentaient que des

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