‹ L'expansion allemande hors d'Europe:Chapitre 32 sur 48 · Argent liquide pour autres articles nécessaires · texte numérisé non relu

Argent liquide pour autres articles nécessaires

Total lOOOOmarksi

1. Th. Leutwein, Elf Jahre Gouverneur in Deutsch-Sadwestafrica, p. 409.

Dans celte somme, le prix de la ferme n'est pas inclus. Il s'ensuit donc que si le Sud-Ouest africain doit être une colonie de peuplement, on ne peut compter pour le peupler que sur des familles de paysans assez aisés; ou bien il faudra que le gouvernement allemand prenne à sa charge la plus grande partie de ces frais de voyage et de premier établissement, et qu'il inscrive annuellement au budget une grosse somme pour la colonisation du Schutzgebiet, Une première somme de 300 000 marks a déjà été votée en 1903. Le commissaire de l'émigration réclame actuellement 1 300 000 marks. Que fera M. Dernburg?

Il n'a demandé jusqu'à présent que des secours pour les fermiers ruinés par la guerre. Mais il voudra sans doute favoriser par des subventions un exode de fermiers blancs vers la colonie, pour laquelle il fait une très active propagande. Le 12 décembre 1906, il fit, par un procédé d'heureuse réclame, comparaître, à titre d'expert, devant la commission du budget, un fermier sud-africain, dont l'exposé fut reproduit par tous les journaux et imprimé plus tard en appendice dans une brochure où M. Dernburg lui-même avait réuni deux de ses discours sur la question coloniale. Un colon qui pourrait débuter avec 68 000 marks, dit ce fermier, aurait à enregistrer les deux premières années un déficit variant entre 4000 et 5000 marks; mais, à partir de la troisième année, les gains assurés commenceraient; peu élevés d'abord, ils dépasseraient, au bout de huit années d'exploitation, la

somme de 60000 marks, la plus grande partie de cette somme étant d'ailleurs représentée par le bétail. Citant son propre exemple, ce fermier ajoutait qu'il avait débuté avec 35 000 marks et que sa fortune s'élevait, au bout de cinq années, à 144000 marks.

Mais ces calculs, à supposer qu'ils ne pèchent pas par un excès d'optimisme, n'intéressent que les émigrants aisés, c'est-à-dire le plus petit nombre. Beaucoup de pauvres diables, au contraire, venus dans Tespoir de refaire une vie brisée, verkrachte Existenzen^ comme les appelle un ancien commandant en chef des troupes de la colonie, le général de Trolha*, n'avaient pas de fonds suffisants à leur disposition pour créer une ferme. Ils se faisaient courtiers, intermédiaires; ils achetaient dans les entrepôts de Windhuk des ballots de marchandises destinées aux indigènes, les chargeaient sur une lourde voiture du Cap traînée par des bœufs et s'en allaient de village en village, ou plutôt de campement en campement, échangeant contre des bœufs ou des plumes d'autruche leurs articles d'habillement, leur alcool et leur bimbeloterie. Ils amassaient lentement un petit capital, mais c'était une vie de privations et de risques constants.

Toutefois, comme le commerce avec les indigènes n'exigeait pas un labeur régulier , les paresseux s'accommodaient volontiers de cette vie fruste. Les colons comptaient même plus sur ce commerce que

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