Cari Otto, Sûdwest-Afrika; wohinsteuern wir? p
Le gouvernement n'a pas suivi jusqu'au bout les suggestions de la partie la plus exaltée de Fopinion publique, 11 ne serait pas seulement inhumain, il serait encore impolitique de vouloir annihiler entièrement les populations indigènes. Bien que l'on veuille faire du Sud-Ouest africain une colonie de peuplement, il s'écoulera encore de longues années avant qu'on puisse diriger vers ce territoire le flot, d'ailleurs sans cesse diminué, de l'émigration allemande. Pour l'instant, les éraigrants, effrayés par la longue révolte, évitent encore cette colonie. Les anciens colons, ruinés, menacent de la quitter, et l'un des soucis les plus pressants* de M. Dernburg, à son arrivée aux affaires, a été d'obtenir pour eux des subsides du Reichstag.
La présence d'une main-d'œuvre nombreuse est nécessaire au développement économique de la province. L'exploitation des mines de cuivre, des gisements d'or et de diamants qu'on a découverts çà et là, la surveillance des troupeaux ne pourront pas de longtemps être assurés par des blancs. Le défaut de travailleurs est plus sensible encore dans le Sud-Ouest allemand que dans la colonie du Cap. Ce n'est pas par humanité, dit Leutwein*, c'est par intérêt bien entendu qu'il faut ménager les indigènes. Les Anglais, ajoute-t-il, ont eu, tout comme les Allemands, des soulèvements à combattre. En 1896, la révolte des des Matabélés a causé, comme celle des Hereros, la