LETTRE-PREFACE
Mon cher ami,
Après M. Gentil, je n'oserais parler du Congo français, mais il m'est permis sans doute de dire de vous et de votre ouvrage tout le bien que j'en pense. Très laborieux, d'une activité presque inlassable, vous savez, avec un rare bonheur, rester fidèle à la méthode de travail que des études antérieures vous ont fait acquérir. Voire publication sur le Congo en est une preuve éclatante. Vous n'y avez rien livré au hasard, ni les faits que vous citez, ni les chiffres que vous produisez, ni les témoignages que vous invoquez.
C'est assurément la première fois qu'on applique au Congo français une documentation aussi rigoureuse. A maintes reprises, il est vrai, on avait consacré des pages brillantes à nos possessions du centre africain, soit pour en retracer l'histoire souvent glorieuse encore que toute récente, soit pour en apprécier les ressources présentes ou futures et les divers systèmes d'administratiou. Ce qui toutefois n'avait pas encore été tenté, c'fest, non plus un récit épisodique, une monographie plus ou moins étendue, mais une étude complète sur l'état de notre colonie, et, pour ainsi dire, une