DKS FONCTIONNAIRES, AGENTS ET SOUS-AGENTS
Chef de service
Agents du cadre métropolitain
Agent du service des douanes gérant un bureau secondaire
Commis locaux indigène:
auxiliaires. ....
Surveillants métropolitains
Chef surveillant indigène
Sur\eillanls indigènes .
Fonctions de surveillants in digènes ....
Manœuvres permanents
Facteurs des postes .
Piroguiers ....
(Courriers piétons .
Agents de divers services chargés des bureaux de postes auxiliaires et de postes de distribution .
Total .
(1) Pour la réglementation du service, Cf. Journal officiel du Moyen-Congo (l--^ année, nMI), p. 100.
Le personnel prévu pour 1906 se décompose comme suit :
a) Gabon :
1 rédacteur, chef de service ;
6 commis du cadre métropolitain ;
3 agents du cadre métropolitain ;
Cadre indigène :
6 commis ;
1 garde-magasin ;
2 facteurs ;
27 surveillants ; 52 manœuvres ;
1 piéton ;
1 piroguier. 100 unités
b) Moijen-Congo :
1 inspecteur, chef de service ;
12 commis du cadre métropolitain ;
7 surveillants ;
Cadre indigène :
10 commis ;
2 facteurs ; 29 auxiliaires ; 44 manœuvres ;
5 piétons ;
2 télégraphistes militaires ;
2 agents. 114 unités
cj Oubangià-Chari :
2 commis du cadre métropolitain ;
4 commis indigènes. 6 unités
soit au total : 220 unités (1)
(1) Voir au paragraphe : Divers droits et revenus du budget, au sujet des
D. "— Imprimeries officielles
La colonie du Congo possède^d eux imprimeries officielles, l'une à Libreville, l'autre à Brazzaville. Elles rendent de grands services à l'administration, en facilitant la propagation des publications officielles, brochures et imprimés destinés à la population indigène. Elles exécutent, en outre, pour les particuliers des commandes qui donnent lieu à des perceptions au profit du budget local.
Personnel des imprimeries. — Le personnel de l'imprimerie de Libreville comporte : 1 chef d'imprimerie^ 2 compositeurs, 1 typographe et quelques apprentis relieurs et typographes. Le service de l'imprimerie de Brazzaville est assuré par : 1 chef d'imprimerie, 3 compositeurs, 1 manœuvre.
Les publications. — Les principales publications sortant des presses des imprimeries officielles, sont :
Le Journal officiel de la colonie du Gabon paraissant le l^"" et le 15 de chaque mois à Libreville ;
Le Journal officiel des possessions du Congo français et dépendances et du Moyen-Congo^ paraissant le samedi de chaque semaine à Brazzaville.
Ces deux journaux ont remplacé depuis le 15 juillet 1904 VdiMciQrL Journal officiel du Congo français, qui paraissait le samedi de chaque semaine à Libreville depuis 1887.
taxes postales et télégraphiques, et au chapitre : Outillage économique de la colonie, relativement à l'établissement des communications postales et télégraphiques.
Le Bulletin officiel, recueil des actes administratifs intéressant la colonie ;
Le tarif des contributions et taxes locales, etc.
E. — Police et prisons
Le personnel de la police et des prisons comprend au Gabon : un commissaire de police dont les fonctions sont remplies par un chef de station ; un gardien chef; dix-huit agents de police. Le budget prévoit cà la prison de Libreville une moyenne de 120 prisonniers indigènes.
A Brazzaville, le service comporte : un commissaire de police ; un commis des affaires indigènes, adjoint au commissaire de police ; un sergent de la garde régionale hors cadres ; quinze agents de police ; un planton interprète. Le budget prévoit une moyenne de 183 prisonniers indigènes.
Dans rOubangui-Chari, un commis des affaires indigènes, faisant fonction de coinmissaire, et assisté de douze agents (dont 6 à Bangui, et 6 dans les postes), assure le service de la police.
La moyenne des prisonniers indigènes est de 25 à Bangui et de 75 dans les postes.
Enfin, dans la région du Tchad, sept agents de- police représentent le personnel de la police et des prisons.
F. — Services divers
[Service dag inculture. Conservation de la propriété foncière)
Parmi les autres services de la colonie, nous citerons ;
a) Le service de r enregistrement, confié désormais à des receveurs de carrière, dont l'un dirige le service au Gabon, l'autre dans le Moyen-Congo ; un commis des afï'aires indigènes assure le service dans la région de rOubangui-Chari- Tchad (1).
b) La conservation de la propriété foncière, services topographique et des mines, placé, comme nous l'avons indiqué sous la direction d'un receveur de l'enregistrement, secondé par des géomètres.
c) Le commissariat près les sociétés concessionnaires , dont il sera question ultérieurement et qui est confié à un administrateur de première classe, commissaire spécial près les sociétés concessionnaires, assisté d'un administrateur adjoint des colonies, d'un adjoint des affaires indigènes.
d) Le service de l'agriculture, à la tête duquel est placé un agent de culture de première classe, chef du service. Il est prévu en outre : un agent de culture de première classe, et un personnel auxiliaire réparti :
Entre le Gabon :
2 contremaîtres ; 32 manœuvres ; 10 apprentis ;
(1) Voir au paragraphe : Services financiers.
Et le Moyen-Congo :
1 contremaître ; 8 manœuvres
Le service de Fagriculturc reçoit de précieuses indications des Comités consuUatifs du commerce et de l'agricullure, établis à Libreville et à Brazzaville, et dont les secrétaires reçoivent une allocation annuelle de 240 francs.
Trois stations agricoles fonctionnent régulièrement. L'une, le jardin d'essai de Libreville, date du début de l'organisation de la colonie ; l'autre a été créée en 1900 à Brazzaville ; enfin une troisième a été installée provisoirement à FortSibut par la mission Chevalier pour introduire dans le haut pays des plantes vivrières et fruitières. Ces trois stations agissent indépendamment les unes des autres (l).
G. — Instruction publique
11 convient, pour terminer ce rapide aperçu, de donner quelques indications sur les tentatives qui ont été faites au Congo pour développer l'instruction publique : car, on ne peut pas dire, à proprement parler, qu'il existe dans notre colonie un service de l'instruction publique.
C'est en l'année 1863 qu'on constate pour la première fois au Congo l'existence d'établissements d'instruction primaire. A cette date, à en croire Une notice publiée dans la Revue
(t) Voir à ce sujet chapitre XVI. Les Résultats cconomiques {Agriculture).
maritime et coloniale (\), deux écoles y avaient été fondées par les missionnaires, à Libreville vraisemblablement et étaient fréquentées par près de 140 enfants : 40 de ces élèves des deux sexes étaient internes et entretenus aux frais du budget local, tandis que 60 garçons et 40 jeunes filles externes recevaient gratuitement une éducation religieuse élémentaire, professionnelle on agricole.
Ce qu'est devenue dans la suite cette tentative, quels résultats elle a donné, il serait bien difficile de le dire, les documents faisant totalement défaut (2). N'y a-t il pas eu, à un moment donné, disparition presque totale de l'enseignement au Congo français? On serait presque tenté de le croire en constatant dans l'exposé des motifs du budget local de Fexercice 1888, par exemple, l'absence complète d'un chapitre relatif à l'instruction publique. 11 n'est de même aucunement question d'enseignement dans la notice coloniale publiée sur le Gabon en 1889.
Par contre, en l'année 1891, il est question de développer l'instruction publique dans la colonie, et dès le mois de décembre de cette même année^, M. Cerisier, directeur de l'intérieur, demande que l'administration « mette à profit l'action qui lui est dévolue au sujet de la surveillance des écoles^ notamment en ce qui concerne l'enseignement de la langue française » (3). Ce vœu a été sans doute entendu ; car il existe actuellement une véritable organisation de l'enseignement primaire dans notre colonie.
(1) Septembre 1863, t. IX, p. 55.
(2) Froidevaux, L'œuvre scolaire de la France aux colonies, Paris, 1900, in-8», p. 128.
(3) Exposé des motifs du budget local de l'exercice 1892, p. 20. Cf. Cerisier, Impressions coloniales, p. 327.
Cependant, l'enseignement officiel n'existe pas au Congo. Le soin d'enseigner le français aux noirs de la colonie est confié aux missions chrétiennes — catholiques et protestantes — qui entretenaient en 1898 cinquante-deux écoles, et y apprenaient à leurs élèves, outre l'usage de notre langue, la lecture, l'écriture et les premiers éléments de calcul ; les enfants y apprenaient à travailler aux cultures maraîchères et aux plantations entretenues par les diverses missions.
En 1898, ces écoles étaient fréquentées par 2.654 enfants, 37 de ces écoles fréquentées par 2.223 relevaient des vicaires apostoliques du Gabon (20 écoles^ 1118 élèves), du Congo français (7 écoles, 465 élèves), de l'Oubangui (10 écoles, 640 élèves), tandis que 15 autres, dont la population scolaire, était de 326 enfants, étaient entretenues parla Société des missions évangéliques de Pains et 5, suivies par 104 élèves^ étaient subventionnées ^^divl Eglise presbytérienne américaine (1).
Aux principales de ces écoles sont annexés des ateliers et cours professionnels destinés à former des ouvriers d'état ; les enfants mâles qui fréquentent ces établissements en profitent. Dans toutes les écoles de filles, d'autre part, la couture^ le repassage et le blanchissage sont enseignés aux élèves.
En 1902, les écoles comprenaient des garçons et des filles de 5 à 15 ans au nombre de 2.950 à 3.000 en moyenne.
D'après les indications renfermées dans un document récent (2), les missions catholiques comptent 2..917 élèves. La même statistique attribue aux missions protestantes un total de 1.145 élèves.
(1) Rapport général pour 1898 sur la situation du Congo, pp. 18-20.
(2) Rapport d'ensemble pour 1903, déjà cité, p. 71.
L'ensemble de ces chiffres fait donc ressortir une augmentation à peu près normale, a Cette constatation permet d'affirmer que si les indigènes se sont, au début de notre occupation, montrés réfractaires à toute idée d'enseignement, ils commencent à comprendre la nécessité de l'instruction dans leurs rapports journaliers avec les représentants de l'administration et sont plus enclins à en assurer le bénéfice à leurs enfants.
Cette heureuse tendance tient sans doute à la part de plus en plus large accordée par les missions à l'enseignement technique. La ferme-école de Sainte-Marie, à Libreville, forme de très bons artisans qui trouvent facilement un débouché tant dans les services publics que dans les entreprises particulières de colonisation ».
Mais les résultats acquis ne sauraient dispenser l'administration de nouveaux efforts.
Pour une population aussi considérable que celle du Gongo, qu^est-ce que ce chiffre de 4.000 élèves environ ? Une vigoureuse initiative sera d'autant plus nécessaire, un jour, que « les progrès faits par les jeunes indigènes sont encore fort lents. Les élèves montrent peu d'application et de bonne volonté, et leurs parents, appréciant les avantages de ne pas avoir à les nourrir non plus qu'à les surveiller pendant leur enfance, les confient volontiers aux écoles primaires, mais s'empressent de les retirer à leurs maîtres dès qu'ils peuvent commencer à participer aux travaux » (i).
N'est-il pas, dans un autre ordre d'idées, à souhaiter que les études se dépouillent de plus en plus de leur caractère
(l) Rapport cité, 1898, p. 18, § 45.
théorique pour viser essentiellement à renseignement du français et à des notions indispensables à la vie pratique (écriture, comptabilité, etc.) ? Tel est, du reste, le sens des desiderata formulés par l'administration locale : et c'est en tenant compte des progrès accomplis et des résultats obtenus à cet égard que sont réparties, d'après les conclusions d'une commission d'inspection, les deux subventions de douze mille francs, prévues aux budgets du Gabon et du Moyen-Congo. Au reste, l'esprit général de l'enseignement au Congo français ne saurait manquer de changer de caractère et de se mettre en conformité avec les principes de laïcisation, que la Métropole a mis à honneur de propager. Des instructions précises ont été adressées à cet égard à l'administration locale ; au budget de 1906, ont été prévus à cet effet un crédit de 12.000 francs pour l'établissement de l'enseignement laïque à Libreville, un crédit de 3.000 francs en vue de créer des fermes-écoles dans les régions^ cercles et postes sous la direction des administrateurs, et le paragraphe du matériel a été majoré d'une somme de 3.600 francs pour un premier achat de fournitures scolaires et de mobilier destinés aux écoles laïques. Dans le Moyen- Congo, deux agents chargés de cours d'adultes à Brazzaville reçoivent une indemnité de 1.200 fr. Ce sont là de premiers et timides etforts : sans méconnaître le zèle louable des missionnaires catholiques et protestants qui ont eu souvent le tort de donner une trop large part dans l'enseignement à l'instruction religieuse au détriment de connaissances pratiques, les tentatives actuelles de l'administration permettront sans doute aux jeunes indigènes de contribuer^ de façon plus efficace, dans la mesure de leurs moyens^ à l'œuvre de la mise en valeur de la colonie.
Tout en insistant auprès des sociétés concessionnaires pour qu'elles créent chacune dans son ressort des écoles élémentaires dont l'influence leur sera d'ailleurs en premier lieu profitable, et où les indigènes apprendraient à connaître et à manier nos outils et s'habitueraient à la pratique sommaire des arts manuels les plus utiles, le Ministre a récemment insisté auprès du commissaire général du gouvernement au Congo français pour que le développement des écoles professionnelles suive celui de notre pénétration administrative.
« L'instruction, dans ces écoles, sera surtout professionnelle et technique. Toutefois l'enseignement du français y tiendra aussi une place importante.
La multiplicité et l'insuffisance des dialectes indigènes nous obligent en effet, dans l'intérêt même du progrès économique et social, à répandre autant que possible notre langue. Elle est de plus l'instrument indispensable de révolution ultérieure de ce peuple.
Les mesures que vous aurez à prendre dans cet ordre d'idées dépendent évidemment et des ressources que vous pourrez y affecter, et des conditions locales.
Vous aurez enfin à apprécier s'il ne serait pas possible de préparer la formation d'une élite plus cultivée, auxiliaire éminemment précieux de notre influence, par la création d'une école d'un degré plus élevé, et où les fils des principaux chefs recevraient une éducation propre à les préparer aux fonctions qu^ils auront à exercer. En dehors d'un enseignement plus approfondi du français, cette institution leur donnerait des connaissances utiles, d'ordre industriel et commercial, et des notions sur la géographie et l'organisation politique de leur pays ».
H. Cultes
Vicainat^ apostoliques. — L^exercice des cultes est libre au Congo. Le budget local de la colonie du Gabon attribue chaque année une allocation au desservant de la paroisse de Libreville .
Au point de vue catholique, la colonie est divisée en vico.riat apostolique du Gabon, vicariat apostolique du Congo, et vicariat apostolique de l'Oubangui, qui sont placés sous la haute autorité de trois évêques (1).
L'action des missionnaires a été énergique, et il est juste de reconnaître combien leur influence a aidé à la diffusion de l'enseignement, dans les régions où ils ont exercé leurs ministères.
Les catholiques sont notamment représentés par la Congre^ gation des pères du Saint-Espint, la Congrégation du Saint- Cœur de Marie, les sœurs de Saint- Joseph de Cluny et de r Immaculée-Conception.
Le culte protestant comprend des missions de la Société des missions évangéliques de Paris et de F Eglise presbytérienne américaine.
Les principaux centres d'évangélisation sont au Gabon : Libreville, Saint-Michel, N'djolé ; au Moyen-Congo : Loango, Landana^ ; dans le Haut-Oubangui : Franceville, Notre-Dame de Lékété, Sainte-Radegonde de Sambikio, Saint-Louis de Liranga, Saint-Paul des Rapides, Sainte-Famille des Banziris. Les principales résidences des missionnaires sont établies
(1) Voir au sujet de la création de ce vicariat : Dépêche coloniale illustrée du ^15 novembre ^905.
à Saint-Paul Donguila, Lambarèné, Lastoursville, Franceville, Sainte-Anne de Fernan-Vaz, Saint-Martin des Apinguis, etc. ; à Boudianga, Bouënza, Mayumba, au Moyen- Congo; Irébou, Bonga, Lingori dans le vicariat de l'Oubangui. Il a été question ces dernières années de scinder le vicariat de rOubangui, et de ce dédoublement prendrait naissance le « vicariat de Tchad)). Mais, cette mesure rencontre opposition de la part de la cour pontificale ; elle est, en effet, en contradiction avec la répartition des vicariats africains qui a été établie à Rome, et qui limite l'action des missionnaires français à une ligne « partant de Yola et venant aboutir au point où le 4* coupe rOuellé ». La zone située au delà de cette démarcation relève des missionnaires italiens, et, ainsi, par une étrange anomalie dans tout notre territoire du Tchad, peut s'exercer la seule action des missions italiennes, au détriment de nos propres missionnaires.
'^Application de la loi sur les congrégations, — Il est bon de rappeler qu'il ne saurait être question d'appliquer la récente loi sur les congrégations religieuses à toute la zone comprise dans le Bassin conventionnel. L'article 6 de l'Acte général de Berlin, dont il a été question au cours d'un précédent chapitre^ prescrit, en effet, que « toutes les puissances protégeront et favoriseront, sans distinction de nationalité, ni de culte, toutes les institutions et entreprises religieuses, scientifiques ou charitables créées ou organisées à ces fins ou tendant à instruire les indigènes et à leur faire comprendre et apprécier les avantages de la civilisation ». « La liberté de conscience et la tolérance religieuse, y est-il stipulé, sont expressément garanties aux indigènes comme aux nationaux et aux étrangers. Le libre et public exercice de tous les cultes,
le droit d'ériger des édifices religieux et d'organiser des missions appartenant à tous les cultes ne seront soumis à aucune restriction ni entrave ».
L'organisation de notre colonie, pour ne pas être définitive, n'en est pas moins très complète à tous les points de vue; elle entraine, nous l'avons vu, des dépenses assez considérables ; mais ce serait un résultat bien peu encourageant, si notre colonie nous valait seulement les frais de police et de souveraineté. Il est à espérer que, si l'Etat indépendant devient un jour une « colonie belge », le Congo français deviendra, avec ses dépendances, une véritable « colonie française » dans toute l'acception du terme et que nous trouverons la compensation de nos sacrifices dans la constante progression du développement économique de notre colonie.