‹ L'expansion coloniale au Congo françaisChapitre 56 sur 98 · QUATRIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

QUATRIÈME PARTIE

Par les indications que nous avons données à grands traits sur la flore, la faune et les produits minéraux du Congo, on a pu juger des richesses variées de notre colonie. Il en ressort, croyons-nous, que celles qui peuvent être immédiatement utilisées sont amplement suffisantes pour réinunérer largement les gros exploitants^ les premiers défricheurs de ce terrain presque vierge ; mais, étant donné que certaines de ces richesses ne sont pas renouvelables et que quelquesunes sont mêmes susceptibles de s'épuiser totalement, c'est vers l'exploitation plus intensive, plus méthodique des ressources naturelles dont la source est à peu près intarissable qu'il faudra bientôt tourner ses efforts ; nous entendons parler de la culture, de Télevage et de l'exploitation des richesses du sol qui sont les éléments principaux de la prospérité future de notre Congo. Cette tâche civilisatrice incombe particulièrement aux moyens et aux petits exploitants ; — ils en recueilleront le profit.

« Fût-ce dans un pays pauvre, il y a un minimum d'entreprises rémunératrices à exécuter. On peut dire qu'il n'existe pas de stérilité absolue pour un pays neuf qui commence à être pénétré par des Européens apportant, avec leur civilisation, leurs méthodes perfectionnées d'exploitation.

Mais quel vaste champ s'offre à leur activité dans une colonie aussi riche que le Congo français ! Ce qui importe à la réussite de la colonisation, c'est que cette activité s'emploie

bien. Pour triompher des difficultés naturelles et tirer d^une colonie tous les produits renouvelables qu'elle peut fournir, il ne suffit pas de grouper, besogne déjà bien ardue, les bonnes volontés et les capitaux — il faut surtout qu'un certain ordre rationnel préside aux diverses entreprises et qu'il soît tenu compte de l'opportunité des travaux à exécuter ; c'est la condition indispensable pour atteindre de brillants résultats et pour éviter de lamentables échecs !

Tout le monde comprend que certaines entreprises ne peuvent être commencées qu'après d'autres qui servent à les préparer. Tout d'abord, des missions et explorations, officielles ou privées, nationales ou étrangères, auront étudié la structure du pays et ses moyens économiques : la nature du sol, le climat, les productions naturelles, la population, ses mœurs, la main-d'œuvre qu'elle peut fournir, les voies de transport par terre ou par eau, etc. Ces études devront être assez complètes pour permettre de reconnaître les ressources offertes à telle ou telle entreprise, ici ou là, dans telle ou telle région. Sur ces données, on fondera les industries simples pouvant utiliser les produits immédiatement disponibles ou n'exigeant qu'une façon sommaire ; on n'abordera que plus tard, avec des connaissances plus étendues, plus précises, les exploitations agricoles, minières, de plus longue portée, qui viendront peu à peu développer progressivement les richesses du pays » (1).

En fait de colonisation, l'Etat a une tâche minima dont il ne peut se départir sans manquer aux intérêts généraux dont il a la garde : celle de la haute direction par vues d'ensemble,

(IJ Guvillier-Fleury, op. cit., pp. 50 et 51.

et la confection des règlements en ce qui a trait notamment au régime des terres et de la main-d'œuvre. A lui revient aussi la responsabilité de la mise en train que lui seul peut effectuer vite et bien.

Nous nous proposons, au cours de cette quatrième partie, d'examiner ce qui a été fait dans ce sens au Congo français, en y étudiant tour à tour les conditions de la production et du commerce, Foutillage de la vie économique, et les résultats atteints au triple point de vue agricole,, industriel et commercial.

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