‹ L'expansion coloniale au Congo françaisChapitre 66 sur 98 · NOM DES SOCIÉTÉS · texte numérisé non relu

NOM DES SOCIÉTÉS

fixé

actuel

par décret

des Sociétés

Sultanats du Haut-Oubangui. . . .

Compagnie française du Congo . .

La Kotto

Compagnie française du Haut-Congo

Compagnie des produits de la Lobay

Ouhamé et Nana

Congo occidental

Fernand-Vaz

Ibenga

Produits de la Sangha

N'Goko-Ouesso

Setté-Kama

M'Poko

Haute-Sangha

Afrique équatoriale

Kouango français (rive droite). . .

Kouango français (rive g-auche) . .

Commerciale Kadei-Sangha ....

Colonisation du Congo français . ,

Mobaye

Afrique française

Haute-N'Gounié

Alima .... ...

Société de la Léfmi

L'Alimaienne

Société de l'Ongomo

Compagnie de la Sangha

Sangha équatoriale

Oubangui-Ombella

Compagnie de l'Ekela-Sangha . . .

Société du Baniembé

Société N'Keme et de l'N'Kemi. . .

Agricole Kadei

Factoreries N'Djolé

Franco-congolaise

Mambere-Sangha

Société de l'Ogooué-N'Gounié. . . .

Littoral Bavili

Compagnie du Gabon

Société bretonne du Congo ....

Totaux

d'une manière générale, le capital a été calculé au début sur la base de un franc par hectare pour les concessionnaires d'un million d'hectares environ, mais, en présence des demandes toujours plus nombreuses des concessionnaires et devant la concurrence, la Commission des concessions a progressivement augmenté le capital. C'est ainsi que la Compagnie de la Haute-Sangha, l'Ekela-Kadéï-Sangha ont un capital et des redevances très restreints par comparaison avec la Compagnie française du Congo, la Lobaye,laKotto, etc. Le total du capital social des 40 sociétés concessionnaires devait être de 51.675.000 francs ; mais 19 sociétés ayant été constituées à un capital plus élevé que celui qui leur était imposé, le fonds social a été augmenté de 7.550.000 francs et porté à 59.225.000 francs (voir tableau n^ 2). Le capital social des 32 sociétés existant actuellement est de 54.750.000 francs ; le capitalréellement versé atteint 35.040.062 francs.

Une seule société n'a rien à verser pour la création des postes de douanes ; cinq sociétés seulement contribuent à la construction des lignes télégraphiques.

Cinq sociétés n'ont aucune obligation relative au service de la navigation. Le tableau n^ 3 ci-annexé indique le nom et le tonnage des bateaux mis en service par les sociétés, leur nombre est de quarante-six dont trente-quatre à vapeur. Les sociétés possèdent 3 propulseurs à vapeur plus un certain nombre de pirogues en acier et de pirogues indigènes utilisées pour le transport des marchandises et dés produits dans rintérieur des concessions (1).

(1) Nous rappelons que, conformément à l'art. 18 du cahier des charges, un certain nombre de sociétés, au lieu d'assurer leurs transports par leurs propres bateaux les confient à des compagnies de navigation.

Liste des bateaux en service

Congo occidental ....

Compagnie du Fernand-Vaz .

Compagnie du Haut-Congo. .

Alima et Baniembé . . .

N'Kemé et N'Kemi ....

N'Goko-Sangha

Ouhame et Nana ....

Sangha équatoriale. . , . Produits de la Lobay . . .

M'Poko

Compagnie française du Congo.

Kouango français

Messageries fluviales

Compagnie

Navigation et Transports

Congo-Oubangui

Totaux

Duvigneau de Lanneau

Auguste Vergnes ,

Propulseurs à vapeur .

i Alfred Lindeboom .

) Porteneuve . . . .

} Liotard

) Jacques de Brazza .

( Oubangui

/ Lorraine

S Alsace . . , , . .

1 Baniembé

( Chaland ponté . . .

I Henri Bobichon . . .

i Gaston Doumergue. .

Chaloupes à vapeur .

La Brazzaville . . .

Chaloupe à vapeur, .

Nelly

[ Charles Gratry . . .

Chalands

Bretonnet

Commandant Marchand

Binger

Kouango

Valérie

Eugène-Etienne . . .

Félix Faure ....

de Brazza

Jean Bart

Colonel Klobb . . .

Amiral Courbet . . .

Vedette

Chalands

Bangui.

Emile Cotelle. . . .

Marguerite Marie . .

L'obligation de mettre les terres concédées en exploitation progressive réside dans l'article 7 du cahier des charges ; le rapport d'ensemble pour l'année 1903 constate « qu'en possession de leurs titres de concession, les sociétés qui venaient de se former se hâtèrent d'expédier sur la colonie le personnel et les marchandises d'échange nécessaires à leur exploitation. « Le nombre des factoreries s'est augmenté d'année en année ; les sociétés ont construit de nombreux immeubles;

rexamen de leur bilan montre que pour Tannée 1904, déduction faite des amortissements antérieurs, ces immeubles entrent pour une somme totale de 2.155.000 francs dans l'actif des sociétés.

« Les sociétés commencent également à se préoccuper de replanter les lianes ou les arbres à latex destinées à remplacer ceux qu'une exploitation trop intensive a détruits. Indépendamment du caoutchouc, plusieurs sociétés ont créé des plantations de cacaoyers^ de caféiers ; toutes ont installé des jardins potagers autour de leurs établissements où sont cultivés les légumes d'Europe. Elles ont également planté du manioc et autres plantes vivrières nécessaires aux. besoins de leurs travailleurs indigènes. />

Le tonnage de la batellerie est connu seulement pour 5 des sociétés concessionnaires et se répartit comme suit :

Compagnie française du Haut -Congo. . 74 T.

M'Poko 17 T.

Compagnie du Kouango 40 ï.

Compagnie du Baniunbé 10 T.

Alima 10 ï.

soit un chifîre d'ensemble de 151 T.

pour les vapeurs et les remorqueurs et de 90 T. pour les chalands.

Deux sociétés ont été formées, d'autre part, pour accomplir des transports aux lieu et place des concessionnaires. La Compagnie des Messageries fluviales du Congo demeure substituée à 9 compagnies existantes et dispose de bâtiments jaugeant 205 tonneaux et d'un remorqueur. D'autre part, trois sociétés qui devaient mettre en marche deux grands et

CONDITIONS DE LA PRODUCTION ET Dl' COMMERCE (i49

quatre petits bâtiments se sont substitué la Compagnie de navigation et transports du Haut-Oubangui qui dispose de deux grands, et d'un seul petit vapeur.

En résumé, la batellerie ainsi constituée correspond à un tonnage nominal de 443 tonneaux pour les vapeurs et remorqueurs et de 90 tonnes pour les chalands, et à un tonnage utile global de 480 tonnes environ.

L^obligation de mettre les terres concédées en exploitation progressive réside dans l'article 7 du cahier des charges; le rapport d'ensemble pour l'année 1903 constate « qu'en possession de leurs titres de concession, les sociétés qui venaient de se former se hâtèrent d'expédier dans la colonie le personnel et les marchandises d'échange nécessaires à leur exploitation.

Le gouvernement s'est, du reste, préoccupé de veiller d'une façon plus stricte à l'exécution de la clause du cahier des charges, relative à la mise en valeur de la concession. Le cahier des charges avait bien prévu, en effet, que les bénéficiaires seraient tenus de planter et de maintenir au complet au moins 150 nouveaux pieds de plants à caoutchouc par tonne de caoutchouc récolté sur leur territoire ; la sanction de cette obligation consistait dans la retrait de la concession d'une surface de 40 hectares par mille pieds manquants. Mais des mesures précises n'avaient jamais tenté de rendre effective la charge ainsi imposée.

L'administration de l'Etat indépendant du Congo, avec une prévoyance et un esprit pratique dont elle s'est rarement départie, exigeait au contraire de façon impérieuse — aux termes d'un décret du 22 septembre 1904 — la mise en culture de 500 pieds de caoutchouc par tonne de caoutchouc frais

exporté. Les agents du service du contrôle forestier étaient chargés de veiller à l'exécution du décret et d'ordonner le cas échéant les mesures nécessaires pour assurer le bon entretien et le développement des cultures. Les commissaires de district eux-mêmes déterminèrent les régions où les plantations doivent être faites, et toute une comptabilité spéciale, tenue parallèlement au commissariat du district, est imposée aux sociétés et à leurs agents.

De même, le gouvernement de l'Etat indépendant, plus vigilant, a entouré l'exploitation de l'ivoire de mesures restrictives.

L'administration française a commencé à entrer dans cette voie. Un arrêté du l*^"" juillet 1904 interdit au Congo la vente et l'exportation des pointes d'ivoire d'un poids inférieur à 2 kilos. D'autre part, une circulaire ministérielle, datée du 18 janvier 1906, a rappelé aux sociétés concessionnaires d'une façon impérative les obligations qui leur sont imposées par le cahier des charges, relativement à l'entretien des plants de caoutchouc.

Telles étant les conditions dans lesquelles les sociétés concessionnaires assurent l'exploitation des territoires qui lui sont concédés, il nous faut examiner les profits qu'en peut tirer la colonie.

Résultats généraux du système concessionnaire

On ne saurait nier, depuis le peu de temps qu'elles sont à l'œuvre, que la physionomie de la colonie a bien changé. Brazaville présente une animation remarquable. Depuis 1900, « les terrains en bordure du Pool se couvrent de magasins et

de chantiers de construction » édifiés par les soins de concessionnaires (1). Les factoreries se multiplient dans tout l'arrière-pays ; les cultures et l'élevage naissent sur le littoral et donnent déjà quelques profits.

Développement commercial de la colonie. — Enfin Tinfluence des sociétés concessionnaires sur le développement corumercial de la colonie ne pourrait être mis en doute. Sans empiéter ici sur le chapitre, que nous comptons réserver au commerce, il nous semble nécessaire d'indiquer quelques chiffres qui sont caractéristiques (2).

« Si l'on se reporte aux statistiques antérieures de Tannée J900, on y verra que pour les années 1897-1898-1899, le chiffre du commerce global du Congo se montait respectivement à 8.850.000 francs, 10.539.000 francs et 13.315.000 fr. — - soit, pour la moyenne de ces trois années, environ il millions.

A partir de 1900^ le commerce atteint 19 millions^ 15 millions, 14 millions et 17 millions, soit une moyenne annuelle de plus de 16 millions. C'est-à-dire, qu'en fait, un progrès considérable a été réalisé.

Ce progrès ne s'est malheureusement pas manifesté dans toutes les parties du territoire du Congo.

C'est surtout dans le bassin conventionnel que le succès des sociétés concessionnaires s'est affirmé d'une façon décisive, alors que dans la partie qui constitue actuellement le Gabon, y compris tout le Setté-Cama et Mayumba, il faut constater un recul notable dans le chifîre des affaires. »

(1) H. Lorin, art. cité.

(2) Rapport d'ensemble, cité suj^rà, p. 11,

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Le tableau suivant permet de se rendre compte des résultats indiqués :

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