‹ L'expansion de la FranceChapitre 27 sur 67 · NOTRE EXPANSION COLONIALE · texte numérisé non relu

NOTRE EXPANSION COLONIALE

vaincues les premières difficultés d'établissement.

Pendant que notre armée rnisttit la conquête de l'Algérie, nos flottes parcouraient les mers avec le juste souci d'assurer à noire pays des stations maritimes sur divers points du globe et de protéger partout les intérêts et le commerce français. L'histoire de notre marine est à cette époque particulièrement glorieuse : l'estuaire du Gabon est occupé en 1839 ; les îles de Nossi-Bé cl de Mayotte, voisines de Madagascar, sur laquelle la France maintenait ses anciens droits, sont acquises en i840 et 1841; les territoires de Grand-Bassam et Assinie, fréquentes par notre commerce, placés sous notre protectorat en 1842, 1843 et 1844; enfin, notre pavillon est arboré sur deux archipels océaniens, aux Marquises et à Taïti en 1842. (A ce dernier établissement se rattache le peu glorieux souveuir de I' « indemnité Pritchard n payée par le gouvernement de Louis-Philippe à ce missionnaire anglais.)

D'autre part, nos anciennes possessions qui nous avaient été rendues en 1815, ruinées par une g'uerre de plus de vingt années, retrouvent la prospérité dans la paix. Le commerce total de la Martinique, de la Guadeloupe, de Bourbon, de la Guyane, du Sénégal, de Sainl-Pierre-Miquelon et des établissements de l'Inde s'élève en 1842â 171338 000 francs sur lesquels 132 143000 francs représentent le molA\fe^s\•w^^.

des affaires entre la métropole et ses colonies '. A celte époque le système écoQomii|ue désigné sous le nom do n pacte colonial » est toujours en vigueur. La Révolution, elle-même, ne l'a ni abrogé ni mo-

I Année 1842 :

Martinique : population 118 01)0 individus dont 420D0 libres,

i' 7fi 000 esclaves ; — commerce total 41 881 000 francs sur les-

[ quels: expoplatioiisde lu colonie en France 18 769 000 francs;

importations de la France dans la colonie 15317 000 francs.

Guiideloupe: population 130000 individus, dont 37 ^00 libres, I OâoOO esckives; — commerce lotal 43 036 000 francs sur lasquels: exportations de la colonie eu France 21 434 000 francs; imporlotions de la France dans k colonie lii 197 000 francs.

Bourbon : populalion lOS OOO individus dont 3G 000 libres, 6îi900esclaves,a200divers;— commerce tolaljl 313 000 francs sur lesquels : exportations de la colonie en France 24 872 000 francs ; importations de la France dans la colonie 16 530 000 francs.

Guyane : populalion 20 300 individus dont 5 80O libres, 14 500 esclaves ; — commerce total 7398000 francs sur lesquels : exportai ions de la colonie en France 3 440 000 francs; importations de la France dans la colonie 2789000 francs.

Sénégal : population vivant dans et autour des postes; 18 800 individus, dont 8 aOO libres, 10 3U0 esclaves ; — commerce lolal 11800 000 francs sur lesquels : exportations de la colonie en France 3 029 000 francs ; importations de la France dans la colonie 3 614 000 francs.

Saiut-Pierre-Miquelon : population sédentaire 1 GOO individus; — commerce lolal 6 4W OOO francs sur lesquels : exporlalions de la colonie en France 1 738 000 francs ; importations de la France dans la colonie I H06 OOO francs.

Établissements de l'Inde : population 178 000 individus ; — commerce total 9 443 000 francs sur lesquels : exportations a colonie en France 3 321)000 francs; importations de la ice d'ans la colonie 535000 francs.

LE HÈiHyiE ECONOMlOt'lî.

rdifié. Quelques exceptions, plus ou moios larges, plus ou moins nombreuses, suivant tes colonies, [ sont seules apportées à la réglé générale d'après la- , quelle le commerce et la navigation de nos établisiements d'outre-mer sont réservés h la métropole. f Les sucres, les cafés, le coton et les autres produc- ■ lions de nos colonies, s'ils ne jouissent plus comme autrefois à l'importation d'un monopole presque absolu, sonlsoumis dans nos ports à des droits sensiblement moindres que ceux établis sur les denrées similaires de l'étranger. La législation des sucres, — ' législation fiscale, car le sucre est une » matière , éminemment imposable », — est souvent modifiée, 1 mais tous les tarifs adoptés témoignent d'une même préoccupation : les sucresdes Antilleset de Bourbon doivent être taxés moins lourdement que les sucres étrangers, et, en même temps, ils no doivent pas I subir descbargesplusélevéesque lessucres de bettep rave indigène, afin de pouvoirse vendre en concurrence avec eux ; quelques lois même accordent aux sucres coloniaux un traitement plus favorable qu'aux sucres indigènes. Cette protection accordée en France aux importations coloniales a toujours, d'ailleurs, sa contre-partie dans nos possessions d'outremer: les productions du sol et de l'industrie du royaume jouissent pour la plupart, dans nos établissements, du privilège exclusif de la consom«\'4.\.\«çi-.

un petit nombre de marchandises étrangères peut, à ]a vérité, âtre introduit tJaus nos colonies, maison ces marchandises ne sauraieot être fournies par la France, ou elles sont grevées à leur entrée de droits tels que les produits nationaux similaires n'ont h craindre ancune concurrence sérieuse.

Le commerce de Marseille avec les Echelles que l'on a vu dans la seconde partie dusvni" siècle menacé par la concurrence de plusieurs nations étrangères puis se relevant à la veille de la Révolution, avait été fort éprouvé pendant les guerres de l'Empire. Le rétablissement de la paix ne devait pas lui rendre son ancienne suprématie.

L'ordre des choses est profondément modifié à l'orient de l'Europe : le nouvel état du continent et particulièrement les progrès de la Russie et de l'Angleterre nous ont fait perdre dans le Levant notre situalionprivilégiée, tant politique que commerciale. Le droit de préséance de nos ambassadeurs aboli, en fait, pendant la période révolutionnaire l'est, en ' droit, depuis 1814. Chaque puissance a son représentant à Constantinople qui défend ses intérêts ; la Russie prétend protéger les « orthodoxes » comme nous protégeons les " latins " ; notre pavillon ne couvre plus les navires des autres nations; les droits de douane sont devenus à peu près les mêmes pour tout Je coiumerce étranger. Désormais ia France aura de

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