‹ L'expansion de la FranceChapitre 26 sur 67 · REGNE DE J.OUIS-PIIIMPPE · texte numérisé non relu

REGNE DE J.OUIS-PIIIMPPE

Louis-Philippe (1830-1848), que la Révolution de 830 appelle sur le frêne, n'ose toutefois, au lenJe- I de son avènement, ni annexer la Belgique ni vient de se séparer de la Hollande (révolution le Bruxelles, août 1830) ui même accepter pour son econd fils la couronne du nouveau royaume. Certes, a réunion de la Belgique, son retour à la France, icrait 11 naturelle », avantageuse à notre pays, mais l'Angleterre consentiraîl-elle à laisser l'enaboucliurc de l'Escaut et le port d'Anvers retomber dans nos hiains? la Prusse accepterait-elle le drapeau tricolore dans le voisinage des provinces rhénanes? et la France est-elle suffisamment prête pour braver une coalition? Louis-Philippe, ne pouvant assurer la frontière nord de son royaume par la possession de a Belgique, s'occupa de la couvrir au moins par ine ligne stratégique de défense et compléta la ( barrière de fer » de Vauban. C'était une mesure nécessaire bien que la Belgique eût été déclarée beutre (1839). (La constitution du royaume de Belgique — conférences et traité de Londres, 1830,

glaises. L'ambassadeur de la Grande-BreLagiic étant venu lui donner lecture d'une dernière noie, plus vive, où le débarquemeut des troupes Trançaisesi-taiL signalé comme pou- Vanl Qinenei' uu cas de guerre el lui demandant ce qu'il ,llevait répondre h. son gouvernement, v Répondez, lui dit le ■président du conseil, que vous m'avez présenté cette note, et que je ne l'ai pas lue. •> — L'AnylcIerre n'insista pliisi

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siège d'Anvers, 18112, — est une première alteîoïe portée h l'Acte do Vienne; c'est en même temps une nouvelle manifestation de la " politique des nationalités ' »),

Le second événement extérieur du règne est la signature du traité de Londres conclu, en dehors de la France, par l'Angleterre, la Russie, l'Aulriclie et la Prusse au sujet des événements d'Orient (1840).

La i< question d'Orient » née, depuis longtemps, depuis le jour où en 1453 Mahomet II s'empara de Coastantinople, allait êlre désormais au nombre dos préoccupations constantes de l'Europe. Les Turcs, qui possédaientConslnntinople et Alexandrie, l'Asie Mineure et la vallce de l'Euphrale, tcaant ainsi les rives orientales de la Méditerranée et les routes de l'Inde, avaient dû abandonner peu à peu une partie des provinces conquises en Europe. C'est ainsi qu'ils avaient été refoulés par l'Autriche, que la Russie était arrivée sur la rive gauche du Prutli, qu'elle étendait son protectorat sur la Moldavie et la Valachie, el que, tout récemment, ils avaient été chassés de la Grèce. En même temps que les sultans subissaient cette diminution de territoire en pays chrétiens, leur autorité était atteinte sur la terre

' Au momeiU où la Bulgique cDiiqnérnit son indépendance, lu Pologne moins heureuse devenait une province russe. (Prise de Varsovie, 183),)

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LA QUESTION D'OItlENT.

Vfmïsulmane : en 1811 le \ice-roi d'Egypte, MèhcmeU ^Ali, s'clait rendu à demi indépiindant, ea 1S33 il kâvnit coiitruinl son suzerain à lui abandonner l'adninislratioa de la Syrie.

Telle était la triste situation de l'Empire ottoman Rorsqu'en 1839 le SiiUan Mahmoud voulut euleveta Syrie à Méln5niet-Ali.

Trois puissances européennes, la Russie, l'Angletierre et la France, suivaient alors avec une attention Kjinrticuirére les aiïaires d'Orient, La Russie établie f4ux bouches du Danube et sur une partie des côtes ide la mer Noire, protectrice des sujets orthodoxes ^âu Sultan depuis qu'elle avait imposé aux Turcs le lité de Kîiïnardji , désirait s'étendre dans la Wninsule des Balkans et envoyer ses flottes dans le ^assin de la Médiierranée. L'empereur Alexandre lit, d'ailleurs, déclaré après Tilsitt qu'il considé- ■ait la Turquie comme une « succession » qui <* ne bouvatl manquer d'échoir à son pays », que » la ^ograplile lui donnait Gonstantioophe, qu'il fallait wu'il eût la clef de la porte de sa maison». — L'Angleterre possédait Gibraltar, Malle et l'empire des ludes ^oat les deux routes les plus directes passent par Llexandrie et la vallée de l'Euphrate; son commerce be cessait de se développer dans (ont l'Orient. La Brlacipale préoccupation du gouvernement britannique devait donc ôtre d'écarter les Russes, — comme

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toute autre puissance d'ailleurs, — des rives da Bos- ! pliorc pour qu'ils ne vinssent pas sur la Méditerranée et n'eussent point la possibilité d'intercepter la i'outo de l'Inde, — Quant à la France, sa situation géogi'a[)hi([ue et son commerce ne lui permettaient pas de se désintéresser des questions méditerranéennes, de l'augmentation d'influence qu'une puissance quelconque voudrait acquérir dans le grand lac européen. Elle avait en outre acquis en Orient. depuis plus de trois siècles, par une diplomatie liabile, une situation politique considérable; le ]U'otectorat religieux qu'elle exerçait relevait notre importance aux veux des musulmans, augmentait notre crédita Constantinople '.

La France et l'Angleterre se trouvaient ainsi avoir un égal intérêt au maintien de « l'équilibre méditerranéen », un égal désir de protéger " l'intégrité de l'Empire ottoman », car la possession des Darda-

' L'Aulriche n'était paa à celte époque en situalion d'înfervyniravec autorité dans la » question d'Orient»; — ella nVlail point au nombre des puissances intéressées :

te traité de Helgrade en 1739 l'avait refoulée aur la rivn gauche du Danube et de ia Save, — et, plus lard, les guerreB qu'elle avait dû soutenir contre la néfotulion et l'Empire l'avaient empâchêe d'intervenir en Orient. La Russie, loul au contraire, avant la Révolution d'abord, puis après le liailé de Tilsilt, avait repris heureusement l'ovajitage conlre les Turosi C'est ainsi qu'en 17iO, cette puissance se trouvait avoir sur e une avance d'ondée du cfllé de l'Orienl.

LE ÏIUITÉ DE LOiVÙUEl^. 133

rnelles aurait permis aux Russes de tenir en échec -, dans la Méditerranée les flottes anglaise et fran- - çaise, de faire senlir leur iofluence jusqu'en Egypte : et dans l'Inde.

Les Turcs ayant été vaincus en Syrie par les Egyptiens, les cabinets européens jugèrent qu'il était nécessaire d'intervenir entre le suzerain et son vassal, afin d'arrêter les progrès de Méhémet-Ali. Mais toutes les puissances n'avaient point les mêmes vues : la France manifeslait des sympathies pour le \ice-roiqui poursuivait la régénération et la civilisalion de l'Egypte, appelant auprès de lui des orticiers et des ingénieurs français ; elle voulait lui voir conserver l'adininistralion de la Syrie; la Russie offrait des secoursau Sultan, dans le Lut secretd'entrer, si elle le pouvait, à Constantinople. La diplomatie anglaise crut habile, d'abord d'isoler la France et de l'humilier dans son alliée (traité de Londres entre I l'Angleterre, la Russie, l'Autriche et la Prusse ; Méhémct-Ali obligé d'abandonner la Syrie, 1840), puis ensuite d'obligerlaRussic à renoncer à SCS espérances en lui interdisant la libre navigation du Bosphore (traité des déti'Oits auquel la France prend part , 1841). Le traité de Londres était pour nous un échec, mais cû fut en même temps une faute pour l'An- I glelerre. Elle devait d'ailleurs le reconnaître bientôt en faisant à nos cotés l'expédition de 18.'i4.

ri4 L'EXPA\SION [)E LA H-IIAN'CE,

La conqnèlc de l'Algcrie, commencàc à la veille delaRiWolulion clejuillel, se poursuit sous les yrux de l'Angleterre durant le règne de Louis-Philippe ': Constantinc est pris en 1837, Abd-el-Kader, notre ennemi le plus redoutable, est définitivement vaincu en 1847 après douze années d'une lulte acharnée. Les colons arrivent h la suite de nos soldats; ils sont 130000 en 1851 (dont 66 000 Français, 44000 Espagnols), et, la même année, le mouvement commercial entre notre pays et la colonie nouvelle s'élève déjà à près de 83 millions'. C'est ainsi que la France, puissance coloniale, fonde sur les rivages de l'Afrique septentrionale, dans le bassin de la Méditerranée, à moins de deux jours de Marseille, une grande colonie de peuplement', dont le commerce et la richesse prendront un rapide essor lorsque seront

' L'Angleterre qui avait essayé en vain par des démarches diplomoliques d'eînpétlier le débarquement dos Iroupes fraoçaiaes sur la terre d'ATrique saisit l'occasion des difficultés que rencoiilrait en Europe Louts-Pbilippe, au lendemain de son avèoemcnl, pour essayer d'obtenir de lui la promesse Je ne pas conserver Alger. Celte demande fut présentée au roi au mois d'août 1830 par lord Stuarl de Rothsay, ambassadeur delà Grande-Brelagne à Paris, mais Louis-Pbi lippe eut Id saf(esse de ne prendre aucun engagemenl.

' Kïporlations delà colonie en France, 16aal 000 francs. — Importations de la France dans la colonie, 66 328 000 fmncs.

' Voir plus loin, au cbapilre VI, ce qui est dit des din"érentes Suites de colonies cl des caraclères propres de l'Algérie.

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