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liO I/EXI'ANSIOM de I.A FllANCE.
férence el l'apathie des négociants marseillais devant les efforts tcutôs par leurs livaiix; ils les accusent de « vivre dans la méconnaissance des besoins des consominaletirs de l'Orient ».
Il ne subsistait rien, eu 1830, de l'ancienne réglementation commerciale de Louis XIV et de Louis XVI, à laquelle les négociants marseillais avaient été soumis pendant près d'un siècle et demi : l'estampillage des étoffes exportées, prescrit une dernière fois par deuï décrets de 1807 et 1810, n'était plus pratiqué ', la nécessité d'une aulorisation pour s'établir dans les Échelles avait été supprimée en 1833, les navires étrangers pouvaient débarquer librement à Marseille, en concurrence avec les
nôtres, les produits du Levant -. Seules les Capi- J
1 11 j)e piiralt pas que les ùiaels de 1807 el do ISIO aient été appliqués. L'esLam pi liage ilea éloifes était un contrôle gêii&nt pour les fabricants de draps dn midi qui réda' maieiil la liberté de leur industrie ainsi que le droit de lisser i el d'envoyer daos le Levant loutes les qualités.
s TouleTuis une loi du 18 avril ISIO ayant, dans le but de protéger la marine marchande nationale, frappé d'une u surtaxe de pavillon" les marchandises importées par oavires étrangers, certains produits du Levant, — mais non tous,— débarqués à Marseille par des navii'es étrangers, durent acquitter cette surtaxe jusqu'en 1RI39.
Les " surtaxes de pavillon » ont été aholics à celle époque dans tous les ports de France el pour les produils de toute origine. Rétablies en 1872, elles ont été défuiitivement supprimées dès l'année suivante.
LE SECOND EMPIRE. Ui
ItulatioDs restaient en vigueur, mainteuant nos iiatioaaux sous l'aulcirilé de leurs coasuls, et nous ' assurant le protectorat de tous les catholiques, Elles I avaient même été expressément confirmées par une I Convention commerciale signée en 1838, entre la I France et la Turquie '. Cette convention souniet- ! tait les produits français h un droit d'entrée de 3 p. lOO ad valorem {perçu d'ailleurs depuis les Capitulations de 1673), ainsi (\uà une taxe supplémentaire de 2 p. 100 établie en rc m placement » des droits de commerce intérieur », L'Angleterre et les au très nationsjouissaient d'un semblable traitement.
Le gouvernement provisoire né des journées de février 1848 avait proclamé la République, mais la République ne dura que trois années (elle fait l'eipé-
• L'arlide 1" de la Conveiilion du 23 novembre 183B
u forniûiiL appendice aux CapiLulalions yaranlies à la Frauce
E par la Porte ottomane » est ainsi conçu : uTous les droits,
iviièges et înamuniLés qui ont èlè coaSérés aui sujets ou
.limenls français par les Capitulations et les Iraiti's exis*
{ lanls sont confirmés aujourd'hui et pour toujours à t'excep-
F tion de ceux qui vont élre expressément modiflfs par la
f présente convention ; et il est, en outre, expressémeaL en-
1. tendu que lous les droits, privilÈges et iinmuiiilés que la
I -S. P. accorde aujourd'hui ou pourrait accorder à l'avenir aux
fLâtimenls et aux sujets de toute auti'e puissance étrangère
it également accordés aux sujets et aun Mtiments tran-
I cals qui en anronl, do droit, l'exercice et la jouissance. >•
dition de Rome en 1849). Des le mois de décembre 1851 '< l'empire esl fait h ; cl Tannée suivante, il est consacré par la volonté populaire.
Napoléon III fuit en dix-huit ans do règne (1832-1870) six guerres dont deux sont enlreprises de concert avec l'Angleterre. (Sous ce règne alliance constante avec l'Angleterre, sur le terrain poliliiiue et sur le terrain économique).
La première, la guerre de Crimée, est un nouvel acte de la question d'Orient; c'est pour la France une H guerre d'équilibre européen et méditerranéen j>. La Russie poursuivant ses projets contre ta Turquie (<i l'homme malade ") veut, en 18S2, arracher au Sultan un traité qui assurerait au czar, chef de l'Église grecque, le protectorat de tous les sujets oltonians appartenant à la religion orthodoxe. Mais le Sultan se refuse à signer un acte qui soustrairait à son autorité 12 millions d'individus el, les armées russes ayant franchi le Pruih, la France et l'Angleterre, — anciennes ennemies qu'un intérêt commun allie, — envoient une flotte dans la mer Noire, assiègent Séhastopo! {18î)4-18o6, victoire de l'Aima, prise de Séhastopol), Le traité de Paris rétahlit la paix (183))) : la mer Noire neutralisée demeure interdite aux navires de guerre étrangers ainsi que le Bosphore et les Dardanelles, seules la Russie el la Turquie peuvent y entretenir
LA CLiERRE D'ITALIE. Ii3
^n certain uombre dii hâtitiicnts légers; !a libre navigation du Danube est assurée à toutes les nations ; le protectorat russe sur la Moldavie et la Vainchic est aboli ; ces provinces sont rendues à la suzeraineté du Sultan; une rectification de frontières éloigne la Russie de la rive gauche du Pruth inférieur et des bouches du Danube ; enfin les prétentions du czar à la protection des sujets orthodoxes du Sultan sont écartées '.
La guerre d'Italie suivit de près la guerre de Crimée. Depuis ISIIÎ les populations de l'Italie souffraient du morcellement politique de la Péninsule, le Piémont rêvait de faire l'unité du pays, Venise et Milan se soulevaient contre la domination étrangère. Napoléon jugea, en présence d'un pareil état
' Le traité de Paris a subi depuis sa conclusion deux modiflcalions, oulre celles, relatées plus loin, qui résullent du IraiLé de Berlin :
Ëa (SS9 les puissances signataires ont autorisa la réunion delà Moldavie et de la Valacbie en un seul État sous le Qom de » Principauté de Roumanie :>. ~ En 1S81 la principauté a été érigée en royaume.
En (871, la Russie profitant de h l'absence » de la France et de l'impuissance de la Grande-Bretagne à agir seule, a obtenu de la Sublime Porte l'abrogation d'un des principau<c articles du traita de Puris : à la suite de la Conférence de Londres une convention spéciale signée dans cette ville entre ambassadeurs de Russie et de Turquie a déclaré abrogée la clause relative au nombre et k la force des bâtiments de guerre que pouvaient entretenir dans la mer Noire les deux parties contractantes.
144 L'EKl'ANSION UK LA KIIANGE.
de choses, qu'il était de rintépèt de la Franco, ai Lien que dans les traditions de sa politique, d'aider rilalic à cliasscr les garnisons aulrieliiennes et à conquérir son unitiL Une armée Trançaise passa donc les Alpes pour secourir le Piémont attaqué par l'Autriche (victoires de Montebello, de Magenta, de Solférino, 1839). Mais la paix de Villefranca imposée par l'Empereur à l'Autriche, qui donnait la Lombardie au Piémont et formait une Confédération des Etats de la Péninsule, n'arrêta pas la révolution italienne : les duchés de Parme et de Modène, la Romagne, le royaume des Deux-Siciles se réunirent au Piémont — Tltalie était faite. (C'est une nouvelle manifestalion de la politique des nationalités; — la Yénétie sera acquise par l'Italie on 1806, puis Home en 1870.) En môme temps, la France recevait pour pris de son concours la Savoie et le comté de Nice, provinces qui l'amenaient aux pieds des Alpes et lui, assuraient sa frontière « naturelle » du nord-est que la Révolution avait conquise, mais que le premier empire avait perdue. (Traite de Turin, 1860.)
La guerre de Crimée et la guerre d'Italie étaient glorieuses pour notre pajs. Dans la première, alliés à l'Angleterre, si longtemps notre ennemie irréconciliable, nous avions à la fois vaincu une des puissances qui avaient imposé à la France les traités de 1814-181.^ et prolégé l'intégrité de l'Em^
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LA l'OLlTïflLlE DE L'EMPinE.
pire ottoman ; dans la seconde, nous avions atleial un triple résultai : l'Aulriche, — aiilrc puissance signalaire des traités de 1814-1815, — était chass(5e de l'Italie, éloignée de nos frontières; une nation nouvelle, de race latine coinme nous-mêmes, s'élaïl constituée avec notre aide dans la Péninsule; enfin, les limites dans lesquelles la coalition victorieuse avait voulu enserrer la France étaient brisées, notre pays avait repris soo rang en Europe, le traité de 1814 et l'Acte de Vienne étaient en partie alirogés.
La guerre d'Itiilic était à peine terminée que l'Empereur entreprenait dcus nouvelles espédîtionsl en Syrie et en Cliine. La première, peu importante, faite d'accord avec les Turcs, était une conséquence de notre protectorat calliolique en Orient (protection des Maronites, 1860); la seconde, faite de concert avec l'Angleterre, était entreprise pour des intérêts religieux et commerciaux; on doit la considérer comme une expédition coloniale '.
En 1860, l'Empire avait Fait ainsi, en Crimée, en Italie, en Syrie, en Chine quatre guerres, qui, bien qu'à des degrés différents, pouvaient être considérées comme des « guerres politiques », des ( guerres utiles », L'expédition du Mexique (1862-
1 Voir page tG3.
14C L'IiXPANblUM DE LA [■'lUNCli.
181)7) est bien loin de présenter ces caractères; elle c'a pour uolre pavs aucun intérêt; elle est aussi funeste à Napolôon III que la guerre d'Espagne l'avait été à JNapoliion 1", mais elle est moins défendable encore.
Tandis que l'expédition du Mexique finissait tristement par delà les mers, la victoire remportée par la Prusse sur l'Aulriche à Sadowa (1866, M. de Bismarck est ministre du roi Guillaume) était pour la France une véritable défaite sur le continent'. L'empereur Françoia-Joscpb vaincu s'était vu obligé de ratifier par le traité de Prague la dissolution de la 11 Goiifédération germanique » telle qu'elle existait depuis l'Acte île Vieûoc et de donner son assentiment à une organisation nouvelle de l'Allemagne à laquelle l'Autriche restait étrangère. Cette organisation nouvelle était une « Confédération », — une union intime, commerciale, politique et militaire, — des Etals » de l'Allemagne du Nord » (au nord du Mein) sous la haute autorité du roi de Prusse, il Président héréditaire et Chef de guerre fédéral ». Les États de l'Allemagne du Sud restaient indépen-
' Deux ans avant Sadown, la Prusse et l'Aulriche avaient enlevé au Danemark les Li'ois duchés de Uolsltin, de Lauenbourg et de Sleawif.'. Mais celle espédilion commune n'avait point apaisé la rivalité qui depuis iSIlr existait entre ces deux Etats. Elle avait au contraire hdté une guerre que l'on vojail inévilable.