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'que descendront les minerais et les bois du Yun-nan, les thés du Poii-culh et de la Tallée du Wii-Kiang, le musc, la poudre d'or, les soies du Roueï-ïchéou et du Se-Tcliuen, tandis que les cotonnades, les ailicles de mercerie, d'horlogepie, de quincaillerie et d'autres marchandises européennes, apportées en échange, remonteront le fleuve. Pour être moins favorisés, la Cochinchioe et le Cambodge ne sont pas des pays sans avenir; leur commerce est déjà considérable et il croîtra certainement lorsque des relations d'afl'aires suivies se seront établies par la voie du Mékong avec les provinces Laotiennes.
Chaque mois le courrier de Chine apporte des nouvelles satisfaisantes de notre Empire asiatique : une véritable colonie européenne est installée dans la vallée du fleuve Rouge ', des maisons françaises importantes sont établies, étendent leurs affaires, des filatures de soie travaillent à Hanoï, on y monte une filature de coton, les mines de charbon de iHongay et de Kébao promettent un rendement con- 'sîdérable ', celles de Tourano, moins riches, sont Bussi en activité, la navigabilité du Song-Koï est
' L'ad mi 11 ist ration des colonies évalue dans les Notices jubliéea i l'occasion de l'Exposition de 1889 la populaliop «uropéenne du Tonkin à environ 1 150 individus sur lesquels 900 Français.
' Les mines de Hongay el de Kébao sont aujourd'hui en exploitaiion. Une lettre publiée par le Journal des Débals
démontrée', un chemin de fer en conslruction est
(C seplembre 1890) iloiine les renseigneRtents les plus salîafuisaiits sur la qualilé du charbon et les procédés d'exlraclion; elle évalue à un total minimum annuel de 6 320006 francs le renderat^nl que vont dès maintenant donner ces mines. — Outre les gisements houillers de Hon^ay et de Kétiao, il contieut de citer encore ccu;t de Dong-Trieu.
' Âii leuJemaJu Je ruccupatioD du Tonkin ou a cru le Song KoT — qui est coupé par plusieurs rapides — dune navigation trËsdiriicileet l'on&pensè que les exigences du commerce rendaient immédiatement nécessaire la construction d'un chemin de Tel le long du llcuve. Deux tentatives faîtes en 1889 ut ISSU ont montré l'exagération de cette opinion. En 1889, un navire à vapeur remontait le premier, dans de bonnes conditions, jusqu'à Laokay. Etait-ce un succès de hasard? On a fait la proute : le yiiri-nun, portant le gouverneur général, vi«nt de monter d'Hanoi à Laokay en soixante heures et de redescendre en seize heures (IS90}. Il sufQra de quelques. travaux exécutés en certains points du lit du Song-Koi pour améliorer les conditions de la navigation.
Les résultats de ce voyage sont considérables : ils montrent que le Song Koï est incontestablement une voie commerciale et la plus courte qui existe entre la mer et les provinces méridionales de la Chine. Les Anglais, qui cherchent à ouvrir au commerce une route pratique entre l'Inde et la Chine et rêvent de construire, & travers mille diflicultés, une ligne ferrée entre la Birmanie et le Yun-nan, paraissent définitivement devancés.
Il convient toutefois d'tyouler que nos rivaux songent, d'autre part, à atteindre les provinces méridionales par la Chine même en remontant le Si-Kiang et le Yang-Tse-Kinng, A cet elTut, ils ont signé avec la Chine au mois de juin de celte année une convention ouvrant à leur commerce le Yang-Tse jusqu'à Tchoung-King. Hais cette voie, que la France aurait d'ailleurs le droit d'employer, est considérablement plus lon- Rue que celle du Song-Koî.
pal Kiar
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en partie terminé', uo couraat d'échanges régulier s'ost établi entre le Tonkïti et la Cliine ', le port de Haïphong ne cesse de se développer, un consul est installé à Luang-Prabang, la principale des principautés laotiennes, des relations commerciales ne vtarderont pasà s'établir entre cette région et le Tonlin; déjà on y fonde des comptoirs; enfin, on espère pouvoir organiser sur le Mékong, dont les dangereux rapides ont été francbis, un service commercial ^eotre celle ville et Saigon, etc.. Les courriers qui Hbpportent ces nouvelles satisfaisantes ne cessent, h ^Ba vérité, de réclamer la réalisation d'un emprunt ^Mndo-cliinois qui est indispensable à la « prépara- Btion » de Ja colonie nouvelle (travaux publics, travaux d'assainissement, casernes) et dont le refus retarderait sensiblement le développement du pays, nais il est permis d'espérer que cet emprunt sera k procliaioement autorisé '.
» C'est une ligne qui joindra Phu-Lang-Tbuong à Lang-Son t mesurera eaviron 103 kilomètres,
' Trois murcliés, situés près de la Frontière el en lerriloirB îhinois, sonl ouverts au commerce : Long-tchéou dans le ÎLOuaDg-Si au delà de Lang-Soii, Mang-Tseu et Mang-bao .3 le Yun-naa.
' Pendant la correction des épreuves de ce volume un déipenti a été doaoé à celte espérance. Le gouvernement, qui EiTail présenté h la commission du budget de la Chambre des
tputé, un projet de loi aulortaaut le Trésor à faire au honkin un prêt remboursable de 00 millions, a vu ce système
aie i.'E\p.\>i>ioN HE la frakce,
Il n'est pas nécessaire que les émigranls se rendent nombreux en Indo-Chine comme en Algérie et en Tunisie; il suffit que quelques centaines de Français, banquiers, planteurs, commerçants, îagénicurs, mécaniciens, viennent s'y établir. Ils seroat « l'élément dirigeant » tandis que les natifs qui' peuvent cultiver la terre, descendre aux mineé^, travailler dans les fabriques ou manufactures, seront « l'élément dirigé ». Mais une cbose importe, si la France veut tirer un sérieux profit de sa nouvelle colonie, c'est que celle-ci soit un déboucbé pour son industrie, c'est qu'un actif mouvement d'échanges fl'établisse entre nos ports et ceux de l'Indo-Clùne. Il ne faut certes pas espérer que la totalité des exportations de notre possession asiatique se dirige vers notre pays et que celle-ci, par réciprocité, n'importe que des produits français, il y a, à une sem-
condainoê. D'accord avec la commission il s'est alors borné à demaadei' h. la Chambre de mettreàla charge de la mêlropole lea déHcils du Tonkin pendunl les derniers exercices el d'exonérer le budget du Protectorat de quelques dispenses; Ces propositions viennent d'Être accueillies au Palais-Bourbon, elil n'es! point douteux qu'elles ont pour effet d'améliorer la aitualion financiÈre de notre colonie extrême orientale. Hais il faut ajouter qu'elles ne consliluenl qu'une demi-mesure puisque le Tonkin aevoil refuser les avances avec lesquelles il comptait exécuter des travaux publics urgents, (roules, canaux, travaux pour améliorer les conditions de la navigation du Song-Koï, chemins de fer... etc.) (Séance de !a Cbambredu 27 novembre 1890.)
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LE COMMERGIÎ DE L'INDO-ClliNE. 217
blable situation commerciale, unelmpossibilitéabsolue. Les Annamites, entrainés depuis des siècles dans la civilisation, l'iadustfie et le commerce des populations de race jaune, ne sauraient demander à l'Europe, comme les peuplades primitives de l'Afrique, tontes les raarchandisesqu'ils consomment. C'est ainsi que, d'une part, ils acliétent en Chine leurs thés, leurs « médecines jij leurs poteries et leurs soies tandis que, de l'autre, ils Tendent dans le Céleste Empire, à Ja\a, aux Philippines leurs riz, leurs poissons salés, leurs graisses d'animaux, et aussi, pour une certaine part, le poivre, le coton, la soie. L'Indo-Chine, d'ailleurs, produit aujourd'hui encore ces denrées, peu demandées par les nations occidentales, en quantités beaucoup plus considérables que les marchandises dont la vente est assurée sur nos marchés, la soie, le coton, le café, le sucre, les épices, les métaux, les bois, etc '.,. Mais si notre
' La CochiDcIiiae esL une x rizière ». En 188S, elle a. extporté pour 49 millions de riz contre seulemenl 12 miUions B d'autres produits. Ce riz, demandé par toutes les populaltoiis K^'Eilrême-Orieiit, ne peut d'ailleurs venir en Europe que liiorsque les cours sont (rès bas.
L'Annaiii proprement dit et le Toiikin sont plus favorisés I que la Cochinchine, parce qu'ils ont et auront des « pro- L duils riches ». Mais les habitauU de ces proviuces qui, avant f notre arrivée, n'avaient qu'un faible commerce, oulliveut peu r encore le coton, le café, les épices ou le mûrier du ver à soie, si qu'en 18S8 il n'a été exporté d'Annam el du Tonpour 4 millions de soie et 2 200 000 francs de cannelle.
SJ8 L'EXPANSION DE LA. FKANCE.
colonie ne dirige jusiju'Jci sur TËurope qu'une fai- ' ble part de ses produits elle lui dftnmQde, pour ud chiffre déjfi considérable, un certain nombre d'objetsmanuracturés : des fers, des machines, des articles de quincaillerie, d'horlogerie, des lainages et surtout des fils et tissus de coton. EsL-ce l'industrie française qui approvisionne les Annamites de ces articles? La réponse n'est malheureusement point douteuse. Le mouvement total des exportations et des importations de l'Iudo-Cliine étant de 140 millions, la France ne prend dans ce commerce qu'une part de 18 millions alors que celle de l'étranger n'est pas moindre de 121 '. Il est vrai que dans ce
1 Commerce de l'Indo-Chine en 1883 d'après le Ra^ort sur les statistiques des Douanes : ExportalioDs de l'Indû-Chine :
Eu France 2 176 916 fr.
Aui colonies 6 040
A l'étranger 69 645196
■71; Importations en Indo-Chine:
Marchandises françaises. 16213249 fr.
Des colonies 37 747
Marchandises étrangères. 51 83.U12
Total général 139 902 4!
Co ctiilTre de 140 millions présente ime diminution d'en
millions sur l'année précédente. Cette diminution
principale cause dans l'opplicatioa du nouveau tarif doi
dont il sera parlé plus loin, et qui a eu pour effetS lendemain de sa mise en vigueur de restreindre pourtf s les importations.
LE COMMERCE DE L'HyDO-ClIlNE. 219
chiffre est compris, — et pour plus de moitié, — ie mouvement des échanges entre les Annamites, les Chinois, les indigènes de Java et des Philippines, — ce que l'on peut appeler le " commerce asiatique », — mais la part du « commerce européen » raitdireclement avec l'Europe et l'Amérique ou indirectement (par les entrepôts de Hong-Kong et de Singapour reste considérable, — et c'est ici que l'industrie française lient pas le rang qu'elle devrait occuper. Elle fournil les denrées consommées par les troupes, les fonclionuaires et les colons, tandis que les manufacturiers de Manchester, de Bombay et de Madras (ces villes indiennes ont des manufactures dirigées par des Anglais], plus habiles, plus entreprenants que les nôtres et vendant h meilleur marché, fournissent aux indigènes les cotonnades dont ils se vêtent, — cotonnades qui constituent dans tout l'extrême Orient le premier objet d'échanges. Un chiffre suffira pour que l'on juge de l'état des choses : en 1888 il a été introduit en Indo-Chine pour 1 1 200 000 fr. de fils et tissus de coton de provenance étrangère et
Jl faut noter encore, touchant le commerce général de la péninsule indo-chinoise, que la Cochinchiiie et le Cambodge (les deux liers environ des échanges du Cambodge se fout par le Mékong) ont de beaucoup le plus grand niouvenieiit d'échanges. Dans le chiffre global de 140 millions leur paît ^attein t plus de tOO millions aloi» qoe celle de l'Annam et du loiiisdeiO,
ulementpourl S000O0fr.de fabrication frauçaise. La silualioQ csl donc la même en Asie qiïe Afiique. Doit-t'lle se perpétuerîLes industriels français ne peuvent-ils pas fabriquer et vendre aux ■mèaies conditions que leurs rivaux? Est-il " écrit » ff\a'\\s as profileroat pas des nouveaux déi)Oiichés Ouverts au commerce par nos armes? La question est posée eu ce moment même : Depuis trois ans tarif protecteur a été promulgué en Indo- Chine', qui, assurant à nos produits un régime de faveur, couvie nos industriels à faire les sacrifices et les efforts nécessaires pour prendre une importante place sur les marchés de l'esLrême Orient. L'expérience est trop récente pour qu'il soit possible de se prononcer, toutcTois les premiers Faits observés permettentd'espérer un réveil de l'industrie française, L'Empire indo-chinois, l'avenir que l'ou peut en attendre, ne sauraient faire oublier que notre drapeau Qotle dans une autre contrée de l'Asie. Les cinq petits établissements que nous avons conservés dans rinde rappellent nos gloires passées. Leur commerce approclie 33 millions ^ Pondichéry fabrique des ' Voir plus loin, paga 239.
' Cominerce des Établisse oie nls de l'Iadu eu 18H9 : Ëzporlations des Ëlalilissemenls :
En France 14637238 fr.
bans les colonies françaises 653817
A l'étranger 1 70B 653
Rejiorl..., 25 9967M
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