MADAGASCAR
^Vsoient, depuis de longues années, établies sur les côtes de Madagascar et jusque dans la capitale, on ne connaît pas à l'heure actuelle le pays entier et toutes ses ressources. Madagascar, terre presque inculte, pauvrement peuplée par des races à demi sauvages, montagneuse dans certaines de ses parties, les régions malsaines ou arides. Mais le sol y est dans d'autres régions d'une extrême fertilité; la canne, le café, donnent et surtout donneront, en plantations régulières, un large rendement ; la , vanille, le riz, les bœufs, le coton, la gomme copal, l'écaillé, le caoutchouc, les peaux, font dès maintenant l'objet d'un commerce important; des mines d'or sont déjà exploitées, les forêts pourront l'être, En 1882, avant les opérations maritimes entreprises
& l'élude eL l'exéculion de travaux ayanl pour but d'améliorer la navi^alioii du Niari-Qjiliiou el de créer éventuelle- . ment une voie de commuaication entre le Quilliou e( Braz* zavilte, poste français silué sur le Slanley-Pool. A la suite de ce décret, eL le complétant, est inEerrenue une Couyeatiou entre la Colonie et la u Compagnie comnieroiale el iadus- Irielle du Congo français » (21 janvier 1890). Cette compagnie se fondait dans le but d'étudier, puis d'entreprendre, dans certaines conditions, les travaux nécessaires pour établii- une Toie de communication entre la côle et le Congo. — Elle n'a malbeureuscment rien fait jusqu'à ce jour.
L'État du Congo cherclie, de son câté; à ouvrir sur son territoire une roule commerciale entre Léopoldville — sur le Slanley-Pool en face de Brazzaville, — et la mer, le Las Congo n'étant pas, comme on le sait, navigable. Un chemin de fer est en construction dans ce but.
pour amener la soutiiissioQ des Howus, le commerce lotal de l'île s'élevait ,'t plus de 23 200 000 francs. Ce chiffre ne parait pas être dcpiissé aujourd'hui, une crise économique, conséquence de la guerre, ayant longtemps pesé sur l'île ', Cependant le nombre des Français qui viennent s'établir à l'abri de notre drapeau augmente ; les uns créent des entreprises, les autres entrent dans les différentes administrations howas; la reconnaissance de noire protectorat par l'Angleterre aura un effet moral heureux. On peut espérer beaucoup de l'avenir, mais il est toutefois certain qu'il faudra plusieurs dizaines d'années et d'importants capitaux pour que l'île soit pénétrée dnns toutes ses parties el mise en exploita' tien : Madagascar qui n'est aujourd'hui qu'une colonie de commerce deviendra alors une colonie mixte de commerce et de plantation '.
Il y a peu à dire encore des Comores, acquises dans ces dernières années, et du territoire d'Obock. La terre des Comores est fertile et déjà l'on y cul-
l n'existe aucune statiatîque complète qui puisse être
citée. Les priucipales relations de l'Ile sont avec la Réunion,
Maurice, Nossi-Bé, le Cap el Moïambique. — Le dernier do-
lent publié sur Madagascar est au Journal ofUciel des 6 et
avembre 18tl9.
La pelile ile de Sainte-Marie de Madagascar sur la cdte est de la II Grande Terre u a une bien faible imporlance comlerciale : on 1888 son commerce a été de ■i28074 fr.
LE COMMERCE DE L'aFBIQUE. 207
.tive la canne à sucre. Obock est un point slralégiqiieyoisin de Périmet d'Aden, mais non fortifié'. Peut-èlrc devieûdra-t-îl dans quelques années' la tête de ligne des caravanes qui feront le commerce du Choa et du Harar^
Ainsi, la cooclusioa est la même pour toutes nos colonies de la câte occidentale et de l'océan Indien. Ce sont des comptoirs dont le commerce est plus ou moins actif, qui tous doivent attendre beaucoup de l'avenir. Il en est ainsi, d'ailleurs, pour les comptoirs anglais, portugais, espagnols ou allemands {plus encore pour ces derniers). C'est d'une longue succession d'années et d'efforts que les étublissemeuts fondés en Afrique par li'.s nations européennes doivent attendre leur développement et leur richesse. L'Afrique est un pays neuf, connu d'hier: il y a cinquante ou soixante ans, quelques hardis négociants, parmi lesquels des Marseillais, y possédaient seuls un petit nombre de factoreries; ils s'éloignaieutpeu de la cale ou de l'embouchure des
t 11 faut ajouter quR la France pourrait faire valoir des droits sur le petit territoire de CheikSaid situé en terre d'Arabie et damiiiant, par sa situation, le détroit de Bab el Maadeb el l'ilot de Perim. ^ Ce point, s"il était fortifié, pourrait peut-être devenir une si tualionslraléfiique plus forte qu'Obock. Il est jusqu'ici impossible d'évaluer le faible commerce des Comores el d'Obock.
* Les lies de la Réunion, de Mayotte et de Nossi-6ê, colonies de plantations, sont étudiées pîus loin avec les Antilles.
rivières, ne coimaissaient pas l'iplérieur du pays.
Aujourd'hui encore les Iraiiauts n'avaocent que peu II peu dans les régions nouvelles; les capitalistes ne s'engagent qu'avec timidité parce que le commerce africain comporte de gros risques. 11 serait donc imprudent de penser que les bassins du Niger et du Congo, que Madagascar, donneront avant un demi-siècle les résultats que l'on entrevoit et seront avant cette époque de « larges débouchés n ouverts aux négociants européens.
Cependant le commerce de lArrique est déjà considérable et méi'ilc l'attention de nos fabricants. Les populations primitives du « noircontineot » n'ayant, les unes et les autres, aucune industrie, demandent à l'Europe tous les produits dont elles ont besoin, dont on leur donne le besoin. Elles achètent surtout des étoiïes de coton, des armes, de la poudre, des liqueurs, du sel, des articles de quincaillerie •, Les industriels friinçais moins bien outillés que les industriels étrangers, ne vendant pas à aussi bon
' Les éloffes, les armes, la poudre, les liqueurs sont de derniÈre qualilé, — « good for negers, bonne pour les nègres » suivant l'eipression dont on se sert à Liverpool et b Hambourg, — les indigènes rechercbaiil avant tout l'extrême l>Dii marclié. Il y a des colonnades LIanches ou teintes h 10, 18 centimes le mètre, des fusils de 20 francs, des caisses t genièvre» de douze ilacons d'une contenance de septlidu pris de 3 francs.
ïiarché, u'onl point dans ce commerce la place Vqu'ils devraient y occuper, — place correspondante a r l'étendue de nos territoires. Les cotonnades, vendues en quantités considcraltles, viennent surtout I de Mancliesler, les alcools de Hambourg, les fusils de Hambourg et de Liège; les fabricants de Rouen, de Roubaix, de Roanne, des Vosges, n'osent lutter [.avec leurs rivaux de Mancbester. La conséquence [ de cette infériorité indnsirielle est que non seulefment les maisons étrangères établies dans nos colo- I nies vendent des produits étrangers, mais encore [ que les maisons françaises sont dans l'obligation, lutter avec leurs concurrents, de faire une I part à l'article étranger et d'importer dans plusieurs i colonies, avec certains de nos articles, des Ecotonnadcs anglaises, des alcools allemands, des Biirmes belges. C'est là assurément une situation fâcheuse dont il convient de se préoccuper '.
L'Angleterre, depuis qu'elle a ravi l'Inde à sa ri- 'yale sur les mers, est la première parmi les nations
[européennes établies en Asie. L'Inde est une iml.mense colonie d'exploitation, un empire, peuplé de L250 millions d'habitants, faisant un commerce de
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plus de 3 milliards el demi '. Gibraltar.
Chypre, Périm, Ailea, la rcLieol à la métropole; elle a pour aoneses la Birmanie et les Étalilifsemeols des détroits ; c'est la pos^essioa de flnde qoi a conduit la Grande-Bretagne à occuper Siogapotire, 4 conquérir Hong-Kong et qui lui a permis de prendre en Chine une situation commerciale toute privilégiée.
Mais la Grande-Bretagne a une rivale en Asie- Ce n'est point la France dont le domaine colonial n'est devenu considérable que dans ces dernières années, et qui ne menace pas la souveraineté britannique dans les Indes. Ces! la Russie qui possède aujourd'hui en Asie à l'est des monts Oorals et de la mer Caspienne, au sud du Caucase, des lerriloires beaucoup plus vastes que l'Europe*. Son autorité s'étend sur la Sibérie tout entière, elle a ealevé des provinces à la Chine, son influence pénètre en Corée, la possession de Vladivostok lui permet d'entretenir une (lotte dans les mers de Chine; elle a, d'aulre part, conquis ou placé sous sa protec-
' 3785 67^000 francs en 1887-88, les métaux précieuï non compris.
' Avec la Sibfrie, les steppes des Kirghiz, le Turkestan et le Caucase, les Russes possèdent en Asie à peu près 17 millions de kilomëlres canes ; l'Europe n'en comprend que tO millions. Il esl vrai que ceL immense empire asiatique ne renferme guère plus de 17iiiiliions d'habitants.
L'INDO-CIIINE FRANÇAISE. 211
Bion les immenses lerriloires des Rirgliiz et des Torcomans, SOS postes frontière soatcampés en avant de Merv, son nom respecté en Perse; enfin, suruo Iroisième côté, la possessioo de la Transcaucasie la met aux sources de l'Euphrale et du Tigre, une des routes des Indes. Puissance formidable qui est à la fois une menace pour le Céleste-Empire et l'iadouslan ! Déjà l'opinion publique européenne s'est plusieurs fois préoccupée de la possibilité d'un conflit, d'une guerre même entre la Russie et la Grande-Bretagne que l'approche des soldats du czar inquiète pour la domination de l'Inde'.
Depuis cinq ans à peine la France est devenue, par l'établissement de son protectorat sur l'Aonain et le Toiikin, une grande puissance asiatique à côté de l'Angleterre et de la Russie, Elle fonde en ce moment en Indo-Cliine un empire dont le développement et la prospérité au siècle procliain aideront peut-être à oublier la perte des conquêtes de Dupleix. Apriis ses possessions africaines la France n'a dans son Empire d'outre-mer aucune province plus étendue, plus fertile, plus riclie en promesses que la péninsule indo-chinoise.
< En 18S!!, an moment des dirtlcultés soulevées par la délimitaliou de la frontiÈre afghane, les Russes occupèrent l'ile de Quelpaert et les Anglais Porl Hamillon dans la mer de Corée. — Depuis, ces deuï posilions ont élé évacuées.
812 LEXPANSION DE L\ FBANCIi.
Avant l'ucquisitiou de la Gochinchioe puis de ' l'Annam entier, notre pays n'était pas sans avoir en Asie quelques points sur lesquels pouvait flotter son drapeau. II avait conservé sur les rivages de l'Inde cinq comptoirs, souvenirs d'une époque heureuse, de même que le Portugal, nation qui nous a glorieusement précédés dans la carrière coloniale, est resté possesseur de quelques kilomètres carrés sur la terre de l'indoustan {ilc Diu, Daman, Goa) et de la petite île de Macao sur les côtes de Chine. C'est ainsi que quatre nations européennes, l'Angleterre, la Russie, la France et le Portugal, sont établies en Asie.
L'indo-Uhine oii l'on récolte le riz, l'arachide, la canne, l'indigo, le coton, le poivre, le thé, le (ahac, où le mûrier nourrit les vers à soie, où des mines de charbon sont en production, des minerais de fer et de cuivre reconnus, de belles forêts explorées, est comme l'Inde une colonie d'exploitation. Le Toukin et l'Annam ont été jugés les provinces les plus riches de cet empire, ou plutôt susceplihles de devenir riches après quelques années de paix et de mise en valeur. En outre, la vallée du Song-Koï qe vaut pas seulement par ses propres productions, Ile est un pays de transît, une route commerciale