LA POLITIQUE \ SUIVRE
uoe puissance insulaire libre de rester étrangère aux événements du continent.
l,'aîD\re de demain, l'œuvre du siècle prochain est toute tracée: la Hépul)li(|uc a donné à notre pays vingt ans d'une pais réparatrice et TéconJe, elle a refait son armée, elle a considérablement étendu son Empire colonial. Dépositaire du patrimoine national, elle doit le bien gérer. En Europe il lui faut éviter toutes les aventures, sans rien compromettre de notre dignité, — hors d'Europe il lui faut achever la colonisation de l'Algérie et de la Tunisie, hâter la mise en valeur de nos provinces indo-chinoises, de Madagascar et des territoires africains, sollicilerQos industriels à fabriquer pour ces pays les articles consommés parles indigène?, inciter nos capitalistes à engager une partie de leur avoir dans des entreprises proOtahles h nos élablissemenls d'outre-mcr, défendre noire protectorat catholique en Orieût, en extrême-Orient et plus encore l'autorité morale qu'il nous procure, conserver, étendre, noire situation commerciale et Hnancière dans nos « colonies libres», enfin veiller dans tout le monde sur les intérêts de noire commerce extérieur, lui chercher partout s débouchés '.
Idue devons, [lom-resler dans le cadre de cet ouvfago ï-'homer à énhv ce? ?euls njols « veiller tians toul le
308 l'expansion CE LA fKANr.E.
11 y a dans les quatre lignes que nous venons (l'i!'crirc ua programme entier, — programme doni nous nous sommes efforciis de dunner la jusiiQcation dans ce liïre même. C'est un programme de politique nationale, de politique extérieure, — coloniale et commerciale.
Ainsi, ils soni assuréincnl lourds el nombreux les devoirs qui incombent aux hommes cliargès de h direction dos destinées de notre pays, — de celle
I France, qui est la seconde nation coloniale et la ser J
moiiJe sur les intérêts de notie coninieree extérieur, lufl chercher parloul des débouchi's »■, — eL cependant com il y aurait â dire sur un sujel aussi imporlanl I
Nous avons montré le commerce de la France dan» s (■ colonies d'Elat » el dans ses i< colonies libres >i, mais ntu n'avons rien dît des relations d'afTaires, singulièt'enient étendues, que notre paj-s entretient avec les principale! lions commerçnntes du monde, l'Angleterre, l'AUemagnecJ t Belgique, la Suisse, les Ëtals-Unis, etc... Nos ventes dM
ICBS pays font la richesse de notre industrie, donnent^ travail à dos manu factures, du fret à nos navires. Coqu ces pri^cieux débouchés, les étendre, y assurer la com ^. tnation de nos produits malgré la concurrence
r> tel esl le but que nous devons poursuivre, et noua ne^
• rions l'atleindre qu'en signant avec les différent
des i< traités de commerce n.
Si le gouvernemeiil et les Chambres venaient, • sont sollicités de le faire par le parti protectionniste, i'î noncer à la « politique des Irailés de coiiinifici» " ils expose raient notre pays aux plus grands ^l('sil^ll■.:■■ r. rar l'industrie française ne liirdur-iii r>ns a èiiu reninlacéa I sur plusieurs marchés, pnr IV ansr.re
LA POLITIQUE A &UIVRE. 369
ïonde nation commerciale du monde, dont il faut idéfeudre le patrimoine et le rang contre la coacurrence universelle des peuples. Pour réussir, il faut avant toute clioso que ses g:ou\ernants — et derrière eux l'opinion publique — fassent preuve de beaucoup d'esprit de suite, d'une grande continuité de vues. La " politique coloniale » est une entreprise de longue haleine. Lorsqu'un pays nouveau est conquis, annexé, au prix, quelquefois, de longs et sérieux efforts, les résultats ne sont pas encore prochains. Suivant que ce pays est susceptible de devenir une « colonie de commerce » ou une >< colonie d'exploitation » ou une « colonie de peuplement », ■vingt-cinq, cinquante années, un siècle même sont nécessaires pour que les colons arrivent, nouent de sérieuses relations commerciales, entreprennent des plantations ou s'établissent sans esprit de retour. Il faut donc savoir attendre, savoir patienter! Et pour- : quoi le cacher? notre plus grand défaut, notre seul défaut peut-êti'o, en matière coloniale a été jus- - qu'ici ou le manque de patience ou le manque de ce précieux esprit de suite si nécessaire, — une certaine hésitation dans nos entreprises ou encore une absence de logique.
Sans revenir à nouveau sur les loui'dcs fautes
K siècles passés, pouvons-nous dire que la France i, enfin, éveillée à une conscience plus claire 1^ —
LEXPANSION DE U FiUM'E.
citrautrefois de ses destiaées, qu'elle comprend aujoiird'liui l'avaulage que lui donnerait une « poli- « tique L'oioni.nle " active? Non assurément! Uo semblable progrès n'est pas encore eatièreraenl réalisé. Nous avons fait attendre près de dix ans & la Tunisie la loi douanière indispensable h 800 développement, et elle n'est pas encore dotée d'un bon réseau de clieniins de fer et de routes. Nous avons en 1S82 oublie ies intérêts coDsidérnbles que nous poF^sédious en Egypte, laissant no! alliés, — en uiûine temps nos rivaux, — iulervenif, seuls dans ce pays. Plus récemment, nous avons pour conquérir le Toukin Tait de longs efforts, dépensé des sommes importantes et les Chambres refusent encore à ce magnifique pajs l'autorisatioQ de se procurer la première mise de fonds sans la-* quelle une colonie nouvelle ne saurait sortir des difficultés du début.
Est-il nécessaire que, pour connaître notre erreur et nous en corriger, nous chercbions des exemples 7 L'Angleterre soll're à nos yeu\. Aux siècles précé-. dents elle a voulu un Empire colonial et elle l'a conquis sur la PVance, la Hollande et l'Espagne. Depuis ISlîi, elle n'a pas cessé un seul jour de poursuivre dans la paix la u politique coloniale et maritime » qui dans la guerre avait fait sa grandeur. Les derniers actes du gouvernement brilan-
LA POLITIQUE A SUIVRE, 37i
r nique, pour ne rappeler que ceux-ci, sont dans ■. toutes les mémoires : intervention eu Egypte alors que 1,1 Frauce se dérobe, partage des « terres sans maîtres » de l'Océanie a\ec l'Alleinagoe, partnge des " terres sans maîtres » de l'Afrique avec l'Allemagne, la France, le Portugal et Tllalie.
Demandera- t-on pourquoi l'Angleterre ne cesse pas de réussir dans toutes ses entreprises? pourquoi la France échoue ou tarde à réussir? C'est, à n'en point douter, parce que l'Angleterre est depuis longtemps parvenue à la conscience de ses destinées, parce que ses hommes d'Etat ont l'esprit de suite, la persévérance indispensables à la réussite des entreprises coloniales, c'est surtout parce que les représentants britanniques, bien dilîérents en cela des représentants français, ont une vue commune sur les i< questions coloniales » h quelque parti qu'ils appartiennent, c'est que leur opinion sue \ai poUiiqtie intérieure ne vient jamais innucncer leur sentiment sur la politique extérieure, la politique nationale, — et aucun Anglais ne doute que la « politique coloniale » soit la « politique nationale » de son pays.
Ainsi nous avons des défauts à corriger, des erreurs h. réparer, — et l'exemple de nos rivaux est sous nos yeux!
Lorsque l'on songe à ces choses, et lorsqu'on
j somcnt,
m^iiie leiiips l'oa envisage la grandeur de la tdcli qui incombe à la Fraoce, la nécessilé de la réo» site si notre pays ne veut pas déchoir, on sent com bien petites et mestiuines sont la plupart des passion et lies liitles qui cliaqiie jour retiennent rattentioi (les esprits, les divisent dans les Chambres et danî le pays !
C'est i[uc la France n'est pas seulement un nation siluée dans l'Kurope occidentale entre l'At lantiquc, les Pyrénées, la Médilerrance, lesAlpeSj le Jura, ayant une superllcic de 530 000 kilomètrei carrés et une population de 40 millions d'habitanls Son expansion, son rayonnement considérable faî qu'elle s'étend dans le monde entier, qu'on la reûcontre en Afrique, en Asie, en Amérique, en Océw nie, grâce à ses » colonies d'l!itat » et fi ses » colonie libres 11, à son commerce, â ses capitaux, à ses na^ vires.
Aussi devons-nous prendre notre part de ce coa seil que l'historien anglais Mac Carthy adresse i ses cumpatriotcs : m Vous avez des yeus. Ouvrez les. Regardez un peu plus loin que votre arrondis sèment, votre club, voire coterie, votre village
TABLE DES MATIÈBES
L La fitiistiull gtographiqup de la Fiauce explique aoii histoire cuutiDentale et eoloiiiale.
Wl^ Frauce en Europe. — Sa doubli; expoDsiou sur le eimlinent et sur les mers,
t Premier Empire colomal. — Rivalité entre la France et l'Aiigtet<:rre pour les colonies. — Fautes de la politique continentale.
P Situation actuelle de ta France. — Elle a fondé un Kecond Empile colonial, Plau général des cluipitres aiiivHuts 1
- Politique continentale et politique coloniale de ,1515 à leSS.
;ûis 1" commence la lulfe avec la uioisoû d'Autriche et fonde nos premières ccilooies. — Les Capilulations et mmerce de Marseille.
I Règne de Henri IV,
■ Politique continentale de Richelieu, ~ Les traités de Weslphalie et des Pyrénées. — La Ligne du Rhin.
'politique coloniale de Richelieu. — Acquisitions en Amérique Afrique. — Comment se peuplent nos colonies. — Lee Compagnies privilégiées. — Le commerce de Marseille dans le Levant, — Développement parallèle dee colouicg anglaises.
[ Giitifi'e& d'ambition de Louis XIV en Europe.— Ministèrede
>t '"«-Il
TABLE DES MATlIiRES.
CkiUjert. — État des culonies trançuiseï cl nuglaiees lon- Qu'il prcDâ Ica affaires. — Sa politique coloniale. — Régime commercial de uoa pOKscBeiona, ~ Le» gronde» Compagnies de« ludcaoccidentalea et des Indes orientales. — ProapÉritâ de dob colonies. — Étendue de uoirc premier Empire colonial. — Importance du commerce de Marseille dans le Levant ; ea ri'glemcuLalion. — Inlluence politique de la France ea Orient.
Grandeurde ta France en Eurupe et sur les mers en 1688...
CaraolÈre propre du cetlc seconde période de notre histoiiv.
— Use nouvelle guerre de Ceat Ans entre la Kraocs et
l'Angleterre. — TraitÉ de Ryswiek. Guerre de aucceasiou d'Espagne et trailéd'Ulrecht. — Gnerro
de succession d'Autrichi; et traité d'Aix-la-Chapelle. Situation de dos colouio» des Antilles, delà Louisiane etdu
Canada.
Comparoiscin entre les colonies rrançolses et les colonies an-
glaiaea d'Amérique.
DupIcLx fonde un empire dans l'Inde. — Sa lutte avec la
CompaffDie anglaise.
Guerre de Sept Ans. — Traité de Pari*. — Ruine du premier
Empire colonial de la France. — Trloinpiie de l'ADglcleiTa
AdminiatratioD coloniale de Choiaeul. — L'expédition du Kourou. — Fin de la Compagnie des Indes orleiitiiles, — État du commerce de Marseille avec le Levant.
Guerre d'Amérique. — Truite de Versailles
Aclion de la France sur l'Europe. — Coiillnuation de la seconde guerre de Cent Ans entre la France et l'Angleterre pendant la Révolution et l'Empire.
La situation continentale de la France expose la Rtvolulion aux atlaqucs de l'Europe.
TABLE DES MATlÉliES. 1
Sreml&re coalition. — Traité de Bile, — Traité de Paris. — t Traité do Campo-Formio. — La France atteint la riyc gauche du Rhin. — Eipédition d'Egypte, fcconde coalition- — Paix de LunÉviUe. — Traité d'Amiens. Srande situation de la France en Europe. — Politique que ^-Bonaparte veut saivre aux colonies.
Prroisiéme coalitiou.— Traité de Prealourg. — ContédiTation f du Rhin.
iaatrii'me coalition. — Blocus conlinenlal. — Traite de |, Tilsitt. — Hégémonie de l'Empire français, "e d'Espagne.
InquiÈme coalition. — Traité de Vienne. — La lutte outre ' la France et l'Angleterre ne cette point.
Vpédition de Russie. — Revers. — Premier traitfi Je l^aris. !fraterloo. — Second traité de Paris.
A France perd les fronticrea acquises par la Hévalution. — . Nouvelle carie de l'Europe dressée au Congrès de Vienne. - Constitution de la « Confédération germanique » sur notre frontière de l'Est.
La France sort vaincue de la seconde guerre de Cent Ans, l'Angleterre victorieuse. — Situation comparative des colonies des deu^ pays
ndèveincnt de lub'ranceeuEurope. — Koadation d'un second Empire colonial. — Lu France et l'Angleterre depuis ISlS.
Indépendance de la Grèce. — Constitution du royaume do Belgique.
La question 'l'Orient en ISîn.
CouquÉte de l'Algérie. — Acquisîtiona en Afrique et en Ocêanie. — État ie nos colonies et leur régime économique en I8iî. — Relations de Marseille avec l'Orient.
Régne do Napoléon IIL
Guerre de Crimée. — Guerre d'Italie. — Guerre île Syrie. — Guerre du Mexique.
Succès de la Prusse en Allemagne. — Guerre de Prusse. — Traité de Frautfort. — Couatitution de l'Empire d'Alleiuagne sur notre frontière de l'est. — De 1048 à 1871. t Répub!ii|Uc.
T.MILB UES MATIÉKES.
'1a fiotilique ili! - recucillumeDli'. — Le Cougrèa de BerliB-
LVxpaiiBiciii coloniale sous le «econd Empire.
L'Al^frie. — Us eipéililioDs de Chine. — Conquête de la CochiuchiaiT. — La fiance et l'Angletpn-e eu extrême OrienL — Le Sénégal. — Ëtat de Dos colooies en 1869.
L'tDuvre colouiale de la République-
Expfditioit de TunUte. — Kxpiditioii tlii Toukiu. — Pondatiou de l'Empire iado-cbiDais. — Progrie de la Franc* «n Afrique : Rêut^gal, Gabon, Congo, Mnditgaacnr. nouvel Empire colouîal frauçAis ...,
Notre empire colonial.
L'Empire colonial de la Ki'oaee. — Son étyndue.
Il y a trois sorti-s d' colonio».
L'Algérie et la Tunisie. — Leur éUt do développement. —
Leur commcree. — Leur avenir.
L'Aniquc esl pour i'Kurope un " Nouveau Monde <•. — Colo-
uiCB des nul'ons europiennes ea Arrique, — Le donittioe
de la France. — Situation de l'Angleterre.
Le Sénégal, le Soudan et le Sahara français. — Les Itiviferm
du Sud. ~ Lee ÉtablisgcnieiilB du golfe de Bciiiu. — I
Gabon ; le Congo français. — Madagascar. — Obock. L'Angleterre, la ItuBsic, lu France et le Portugal en Asie. L'Indo-Chine française. — Progrèsdu Tonkin et dorAnnaJU-
— Le vûisiuage de la Cbiae. — Commeree de l'Inda-Chine.
— Les ËlablieBemculs du l'Iude.
Les colonies des puissances européennes eu Amérique. — La Martinique et la Guadeloupe. — Les colonies de pUn-, lation de l'océan Indien. — La Guyane. — Saint-Pierre et ' Miquelon.
Los intérêts des puissances européennes dans l'océan Piiçt» < flque.
La Nouvelle-CalÈdonie. — Les arohïiiela océanienE. . ■*
Mouvement général du commerce de notre Empire cotonidL., i
— Son régime économique. — Le privilège de la liberté « commerciale, I
Le Hégime douanier de l'AlgÉrie et de la Tunisie. — Essu j d'un tarir protccteurdc l'industrie frauçaiscen Indo-Chine'^
— Abandon du système du « Pacte colonialn. — La liberté Bommercialc. — Lo se natiie-cou suite de ISCû. — La pro-