Issacs, Travels, II, p. i
des huttes d'habitation au Sud-Ouest, dans la direction du Cap, John Cane, par exemple, près de TUmcomas, Fynn et Ogle sur la rive gauche de l'Umzimvubu*.
Ces colons européens furent des « seigneurs » au sens féodal du mot : ils possédaient, non seuletnent des terres, mais aussi des hommes. Chacun d'eux groupa autour de soi une clientèle de plusieurs centaines de nègres. Isaacs appelle les siens my people, « mes gens » ^.
Ces noirs avaient deux origines : les uns étaient des indigènes du Natal, les autres des Zoulous fugitifs. Si impitoyable qu'ait été l'extermination des habitants du Natal par les guerriers zoulous avant 1824, elle ne fut pas complète. Il y en eut qui se tapirent dans les broussailles, en attendant le moment où les envahisseurs, las de tuer, se retireraient, et qui survécurent aux massacres. Ils eurent d'abord grand peur aussi des Européens, mais peu à peu ils se rassurèrent, sortirent de leurs cachettes et vinrent à eux. La petite tribu du chef Mataban, dans le voisinage immédiat de la baie de Natal, « s'est tournée vers nous pour être protégée et a sollicité notre appui en cas de surprise », dit Isaacs'*. En avril i83i, un certain Dansaler accompagné de dix- neuf hommes et de trente-trois femmes vint se placer spontanément sous le patronage des Européens*. A plusieurs reprises, Isaacs constate ainsi l'arrivée de groupes d'indigènes : « Chaque jour nos gens s'accroissent, notre colonie devient en quelque sorte énorme... Les indigènes en