L'ATTRACTION DU NATAL
grands cours d'eau, tels que rUmzimkulu et rUmcomas.
L'Umzimkulu et rUmcomas se forment sur le versant Sud-Est des Drakensbergen, parcourent environ 200 kilomètres pendant lesquels ils reçoivent l'un et l'autre quatre affluents principaux (carte 7).
La Tugela naît au Mont-aux-Sources*, l'une des plus hautes cimes des Drakensbergen, et sur son cours, dont le développement n'est pas inférieur à 4oo kilomètres, elle reçoit dix grands affluents dont plusieurs portent, maintenant encore, le nom que les Boers leur donnèrent : Klip, rivière du rocher, Buffalo, rivière du buffle, Blaauwkrans, rivière de la couronne bleue, Mooiy belle rivière (carte 7)^.
En raison de l'orographie très tourmentée du pays, ces rivières ne sont pas navigables, ce qui était bien indiffèrent aux Boers, qui sont toujours restés entièrement étrangers à l'art de la navigation.
Leur multiplicité présentait un inconvénient : elle entravait la circulation des chariots, surtout quand pendant la saison des pluies, de septembre à avril, elles roulent une énorme quantité d'eau'. Mais pour éviter de les traverser, les Boers, ces « pionniers du
1 . Le mont aux Sources fut découvert et dénomme par les missionnaires prolestants français Arbousset et Daumas en i836. Ainsi s'explique ce terme français isolé dans une toponymie indigène, hollandaise et anglaise.
2. Il y eut d'abord une certaine hésitation au sujet du nom de la Tugela. Isaacs la nomme dans son livre Ootoocjale et sur sa carte Ooloogali (ce qui est peut-être une faute personnelle au graveur). Gardiner la nomme Tugala et J. C. Chase, Omlongala. Un nonj européen, Fisher's river, fut même employé conjointement avec le nom indigène par Isaacs et J. C. Chase, mais ne prévalut pas.
3. En février i8a6, Isaacs et Fynn, voulant aller de la baie de Natal à la résidence de Chaka, trouvent les rivières si hautes, qu'ils renoncent à leur voyage: « En fait, les exemples d'indigènes essayant de les franchir sont rares, m Isaacs, I, p. 87.
pays » avaient établi leurs pistes principales le long des crêtes des collines, dont ils suivaient les accidents et les courbes ^
Mais en revanche, quel avantage pour les Boers, ces éleveurs de bétail, qu'un pareil développement hydrographique ! Partout de l'eau pour Jes bêtes ; des abreuvoirs naturels plus nombreux encore qu'au Cap ; nulle crainte de voir les troupeaux languir ou même périr de soif.
Les Boers n'étaient pas non plus en peine de fourrage. Au Natal, la végétation est caractérisée par une alternance de savanes, de buissons et de bois*. Les pentes des collines ou des massifs isolés, sont, dans la face exposée aux vents humides, couvertes de forêts ^^ Mais dans les vallées s'étendent des prairies au milieu desquelles un arbre de haute taille, un buisson de mimosas ou d'euphorbes se détache ici et là : gras pâturages que les premiers explorateurs, Isaacs, Gardiner, Delegorgue célébrèrent à l'envi.
Une bande de végétation tropicale plus ou moins large se développe le long du rivage. Là, certaines espèces, qui au Cap restent rabougries, s'élancent et prennent la forme arborescente ; les palmiers et les bananiers ne sont pas des plantes de luxe*. Depuis que le Natal