DU NATAL
Si la conséquence dernière de ces rapports du Natal avec le Cap fut son occupation définitive par la Grande- Bretagne, la première fut d'y attirer les Boers émigrants.
Ils firent sans doute leur profit des renseignements rapportés par les aventuriers anglais, mais quelques-uns •d'entre eux possédaient aussi une expérience personnelle du pays. Andrew Smith raconte qu'un Boer, qui l'accompagna pendant son voyage, s'écria plusieurs fois avec enthousiasme : « Dieu 1 quel beau pays 1 je n'en ai jamais vu de pareil dans ma vie, et si le gouvernement anglais fonde ici une drostdy (circonscription territoriale), je ne résiderai plus jamais dans la colonie S). Ceux de ses compatriotes qui firent le même voyage en i834 revinrent également pleins d'admiration^.
Ce furent ces notions sur les conditions physiques et ■économiques du Natal qui engagèrent quelques groupes de Boers à venir s'y fixer au lieu de s'arrêter au Nord des Drakensbergen.
Le climat du Natal est plus chaud que celui des districts orientaux du Cap, où ils avaient vécu jusqu'alors.
I. Papers relative to the native inhabitants of South. Africa, II,
a. Gardiner, Narrative, p. 89. Voy. ci-dessus, p. 207.
La moyenne annuelle des températures qui, par exemple, ne dépasse pas i6^,3 (centigrades), à Graaff Reinet, et i6°,9 à Cradock, s'élève à i8°,8 à Pietermaritzburg et à 20°, 6 à Durban*.
Il ne gèle jamais sur la côte, et on n'y fait de feu que pour la cuisine ; dans l'intérieur il gèle rarement ; à Pietermaritzburg la plus basse température constatée pendant une période de dix ans a été de — 1*^,7, et quoique pendant les soirées d'hiver un feu de bois y soit agréable, les personnes dans un état de santé normal s'en passent très aisément ^.
La côte jouit d'un autre avantage naturel ; la pluie y tombe plus abondamment qu'en aucun point de la colonie du Cap. La moyenne annuelle des précipitations s'élève à Durban à 1 m.o3^. L'intérieur du pays est moins arrosé (Pietermaritzburg o m. 74) *, mais encore très suffisamment, pour qu'on n'ait pas à y redouter ces périodes de sécheresse, dont le bétail des Boers a parfois à souffrir dans le district de Graaff Reinet.
Grâce à ces précipitations locales, grâce aux Drakensbergen qui se dressent dans le Nord-Ouest comme un immense écran, arrêtent et condensent les nuages provenant de l'océan Indien, le Natal est sillonné de rivières très nombreuses. Quiconque venant du Cap suit la côte vers le Nord-Est, est à maintes reprises obligé de descendre puis de remonter les versants des vallées. De rUmtamvuna à la Tugela, on ne compte pas moins de vingt-cinq embouchures de fleuves et parmi elles celles de
I . Karl Dove, Dos Klima des aussertropischen Siidafrika, 1 voL in-80. Gôttingen, 1888, p. 82, 94.