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L'ATTRACTION DU NATAL

est devenu une colonie européenne, les cultures tropicales s'y sont beaucoup développées, mais déjà quand Gardiner y arriva en i835, l'indigotier et le caféier y poussaient naturellement*.

Assurés de trouver au Natal de la nourriture en abondance pour leurs bestiaux, les Boers ne l'étaient pas moins de s'y pouvoir livrer à leur exercice favori : la chasse. Depuis que Chaka y avait anéanti les hommes, les animaux sauvages y pullulaient : éléphants, buffles, antilopes de variétés diverses, et, comme il arrive souvent, l'abondance des herbivores avait pour conséquence celle des carnassiers: lions, léopards (qu'à tort les Boers appelaient « tigres »), hyènes et jacals^

Enfin la baie de Natal est un excellent port, le plus sûr de cette côte inhospitalière, qui s'étend du Cap à la baie de Lourenço Marquez. C'est un bassin d'environ 6 kilomètres de long encombré de bas-fonds et d'îles, mais sillonné de plusieurs chenaux profonds, protégé au Sud-Ouest par un escarpement boisé, qu'on nomme maintenant comme jadis le Blaffy et au Nord-Est par une dune de sable. En i838, la barre de sable qui court entre ces deux jetées naturelles en interdisait, il est vrai, l'accès aux bâtiments calant plus de 2 m. 5o, mais ceux qui pouvaient y pénétrer mouillaient en toute sécurité *. Il donnait aux Boers l'espoir de relations faciles avec les nations européennes, en dehors de la surveillance britannique.

Le Natal est l'une de ces contrées du globe qui ont pour elles le charme. Douceur du climat, pureté de l'air, heureuse disposition des formes végétales, tout s'y

I. Alexander, Narrative, II, p. 3o4a. Gardiner, p. 147. — Isaacs, I, p. 81, 11 5-6. 3. King, cité par Thompson, Travelsy II, p. 4 18. — Alexander, Narrative, II, p. 3o4.

trouve réuni. Isaacs qui y voyageait, non pour son plaisir, mais toujours avec un objet précis et intéressé, est souvent saisi par la beauté du paysage. Il jouit de « la riche végétation qui se développe sur tout Tensemble du pays », « des collines verdoyantes », « des ruisseaux clairs et limpides ». Il conclut : « impossible d'imaginer séjour* plus charmant » , et il s'abandonne à l'allégresse de vivre*.

L'admiration de Gardiner ne fut pas moindre. Il « a été surpris en arrivant au Natal, dit Alexander qui l'entretint à son retour au Cap en décembre i835, par la beauté et la fertilité du pays, la salubrité du climat, l'abondance de l'eau et de l'herbe, par les troupeaux d'éléphants et de buffles sauvages qui procurent au chasseur assez d'ivoire et de peaux pour l'enrichir^ ». En cette contrée, les conditions dévie physique se présentaient donc pour les Boers bien plus faciles que dans toutes celles où ils se sont établis.

Nous possédons la géographie du Natal avec beaucoup plus de précision qu'eux. Munis du thermomètre, du baromètre, du pluviomètre, instruments dont ces hommes sans culture ignoraient, non seulement l'usage, mais l'existence même, nous y mesurons à une unité près, température, pression de l'air, hauteur des pluies, mais ils étaient suffisamment informés pour présumer que le Natal était un bon pays. Ils y descendirent donc. Toutefois ils ne se doutaient pas des luttes qu'ils allaient avoir à y soutenir contre les Zoulous, puis contre les Anglais, et que dans une contrée, où la nature paraissait si engageante, ils ne pourraient jamais, par la faute des hommes, vivre à l'aise.

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