I. — La descente des Boers au Natal
Ce fut en octobre 1887, ^}^^ ^® dessein de s'établir au Natal paraît s'être précisé dans l'esprit de Pieter Retief. Connaissant la puissance de Dingan, il voulut avant de faire entreprendre à toute sa bande le passage difficile des Drakensbergen, s'assurer des dispositions du chef des Zoulous et partit à cheval avec un petit nombre de compagnons de Thaba Ountchou pour Umgungundhlovu. Mais au préalable, il se dirigea vers Port-Natal, où il arriva le 19 octobre, après un voyage très pénible*.
Il fut reçu avec beaucoup d'empressement par les colons anglais. Plus tard, quand des troupes anglaises auront débarqué au Natal, ceux-ci deviendront les ennemis des Boers et contribueront à leur défaite, mais en 1887, ce fut avec des paroles de bienvenue qu'ils les accueillirent. Ils « saluent avec un plaisir sincère leur arrivée » ; ils reconnaissent implicitement l'indépendance des Boers puisqu'ils donhent à Pieter Retief le titre de « gouverneur des fermiers émigrants » ; ils expriment le désir de recevoir l'ensemble des Boers « comme
I. Lettre de Pieter Retief aux colons anglais du Natal, du a3 octobre 1887. Delegorgue, Voyage dans l'Afrique australe ^ II, p. 108.
amis et peut-être par suite des circonstances comme
voisins* ».
Dans une lettre datée du 23 octobre, Pietér Retief remercia chaleureusement les Anglais de leur « réception flatteuse » déclarant que les sentiments exprimés par eux étaient les siens et ne doutant pas, ajouta-t-il, a que le Tout-Puissant, dans sa disposition des événements ne fasse en sorte que nous venions à nous unir pour notre' bonheur mutuel* ». Le 27 octobre, Retief partit pour la résidence de Dingan, conduit par John Cane et Thomas Holstead, deux anciens colons du Natal, compagnons de la première heure de Fynn et de Farewell, qui s'étaient à maintes reprises rendus chez les Zoulous et en avaient appris la langue ^.
Pieter Retief avait pris soin de s'annoncer à Dingan, dès son arrivée à Port-Natal. Le 19 octobre 1887, il lui avait écrit une lettre dans laquelle il lui exprimait son désir d'avoir une entrevue avec lui pour détruire les préventions qu'on aurait pu insinuer dans son esprit contre les Boers ; il accusait Mosélékatsi de leur avoir
1 . Voici le texte de Itadresse des colons anglais à Pieter Retief, traduit par Delegorgue, II, p. 107 : « Nous soussignés, habitants de Port-Natal (original settlers) saluons avec un plaisir sincère Tarrivée de la députation de la part des fermiers émigrants sous Pieter Retief, Èsquire, leur gouverneur. Nous la prions de vouloir bien présenter nos bons souhaits à ses constituants, et de les assurer généralement de notre désir de les recevoir comme amis et peutêtre par suite des circonstances comme voisins et surtout de notre vœu qu'une mutuelle et bonne intelligence existe toujours entre nous. » Suivent i4 signatures. Cette adresse n'est pas datée, mais elle a certainement été écrite entre le 19 et le aS octobre 1887.