‹ L'expansion des Boers au XIXe siècleChapitre 147 sur 241 · Nous ignorons d'où Pretorius tenait ces trois pièces · texte numérisé non relu

Nous ignorons d'où Pretorius tenait ces trois pièces

gungundhlovu ; seulement comme il voulait franchir la Tugela, alors en pleine crue *, dans la partie supérieure de son cours, il prit, non pas la direction du Nord-Est, mais celle du Nord et fît ensuite décrire à sa troupe une grande courbe dans la partie du Natal appelée actuellement « Klip river division ». Le lo décembre, la Buffalo river fut traversée au gué, appelé depuis Landman's drift, du nom du lieutenant de Pretoriûs. Le ii décembre, les patrouilles Boers prirent le contact des Zoulous. Le i5 au soir, le camp fut établi sur la rive droite d'une rivière affluent du Buffalo ; un ravin à sec le protégeant d'un autre côté, deux faces seulement du « laager » étaient vulnérables. Les Zoulous attaquèrent le lendemain matin, i6 décembre. Le combat eut trois phases : les Zoulous essayèrent d'abord de forcer le camp. Mais les décharges des fusils à gros calibre et des canons en abattirent un très grand nombre et les empêchèrent d'aborder. Quoique les Boers eussent chacun deux ou trois fusils, les batteries en devinrent bientôt brûlantes ^. Quand Pretoriûs vit les Zoulous ébranlés, il fît sortir une troupe de cavaliers, qui les attaqua par derrière, les prit entre deux feux et réussit à les diviser en petits groupes. La troisième phase du combat consista dans la poursuite et le massacre des Zoulous éparpillés. Un certain nombre d'entre eux qui s'étaient cachés dans les roseaux de la rivière, y furent découverts ; ils plongèrent pour se dissimuler, mais chaque fois que le besoin d'air faisait émerger une tête,

I . Il est possible que Pretoriûs ait franchi la Tugela à ce même gué de Golenso, où le i5 décembre 1899 le général BuUer subit un mémorable échec.

3. Récit de l'un des anciens combattants, J. H. Visser, à Voigt,

II, p. 98.

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de voir apparaître à Thorizon les hordes profondes de Din- ^an. La bataille du Dimanche leur assura, sinon la possession incontestée du Natal, du moins ime certaine sécurité.

Toutefois, si pendant l'année iSSg Dingan n'attaqua plus de front les Boers comme en février et en août i838, il continua à les surveiller pour les surprendre hors de garde. Il feignit d'être fermement décidé à conclure une paix durable, et, comme gage de ses bonnes intentions, renvoya 3 16 chevaux capturés en diflerentes rencontres par ses troupes. Les Boers mirent à la paix les conditions suivantes : restitution de tout ce qui leur vivait été pris, indemnité de plusieurs milliers de têtes <le bétail pour compenser les dommages éprouvés, confirmation de la concession territoriale faite à Retief, engagement pour les Zoulous de s'abstenir de fréquenter au -Sud de la Tugela. Mais ces négociations n'étaient pour Dingan qu'un moyen d'endormir la vigilance de ses •ennemis \ La « question zouloue », s'il est permis <remployer cette forme récente de langage, continuait donc à se poser pour les Boers. Elle reçut une solution à laquelle assurément aucun d'eux ne pouvait s'attendre.

Dans la seconde quinzaine de septembre 1889, les Boers apprirent que Panda, frère de Dingan, avait fran-

I. Daussy place le début des négocialions entre fes Boers et Dingan dans la première quinzaine de janvier 1889, et fixe à 3oooo te chiffre de têtes de bétail réclamées par eux. Notice sur l'émigration des fermiers hollandais. Bull. Soc. géogr.y t. XIII, 18 '40, p. 9^. — dloete, p. 96-97. — Delegorgue ne fait que dos allusions à ces négociations, I, p. 168 et 193. — Mac Call Theal donne beaucoup de <iétails : Pretorius estimait la compensation due aux Boers à 19 3oo tètes de bétail, mais acceptait en partie le paienient en ivoire. Dingan avait déjà livré alors, outre les 3i6 chevaux mentionnés cidessus, I 3oo têtes de bétail et 4oo moutons. Hist. of S. Afrlca <i834-54), p. 156-58.

chi la Tugela, suivi d'un grand nombre de familles zouloues et de troupeaux.

En i835, Dingan avait fait assassiner son frère GoujouanaS mais il avait laissé la vie à Panda qui, vivant grassement au milieu de ses femmes et de gais compagnons, lui paraissait dénué de toute ambition*.

Cependant, en 1889, ^^ commença à prendre de l'ombrage de Panda, vers lequel peut-être beaucoup de Zoulous, las de ses cruautés, tournaient leurs regards; il lui donna l'ordre de quitter sa résidence, située sur le bord de l'Amatikulu, et de venir habiter près de rUmvolosi, dans son voisinage (carte 7).

Panda, défiant, au lieu d'obéir, franchit la Tugela, pour entrer en rapport avec les Boers. Il fut suivi danssa désertion par plusieurs chefs, notamment par Nonglass, qui commandait la marche au Nord de la Tugela^,. et par Sotobi, un favori de Chaka, qui avait accompagné le colon anglais King au Cap en 1828.

Ce n'était pas la première scission qui se produisait chez les Zoulous ; des circonstances semblables avaient provoqué la formation de la peuplade des Matabélés, qui conserva son indépendance jusqu'à nos jours et celle des Qouabis, dont la fortune fut éphémère.

Panda n'avait pas encore exercé le pouvoir ; il paraissait jusqu'alors s'être préoccupé uniquement de ses plaisirs*,

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