‹ L'expansion des Boers au XIXe siècleChapitre 179 sur 241 · Sanderson, Journal Geographical Society, 1860, p · texte numérisé non relu

Sanderson, Journal Geographical Society, 1860, p

ment en îlots carrés ou rectangulaires, séparés par des rues se coupant à angle droit au milieu desquels se dressait l'église. Leur plan, comme celui de beaucoup de villes américaines, ressemblait ii un damier*.

Les Boers établis près des rives du Vaal possédaient les éléments d'une organisation politique : un Raad ou Conseil de douze membres, un landdrost à Winburg et un autre à Potchefstroom qui, avec l'assistance des heemraaden*, rendait la justice et célébrait les mariages, des field cornets ^, un commandant général qui était Hendrik Potgieter. Toutefois, ce groupe, et c'est assez remarquable, ne semble pas s'être désigné par un nom politique collectif.

Ni Potchefstroom ni même Rustenburg ne marqua la limite septentrionale de l'expansion des Boers ; vers le Nord ils occupèrent encore deux régions, qui ont conservé les noms qu'ils leur ont donnés, de Lydenhurg et de Zoutpansberg . Ils atteignirent ainsi et dépassèrent même le tropique du Capricorne ; colonisation d'origine européenne projetée en plein milieu du continent africain, à une époque où les puissances, la France en Algérie exceptée, se bornaient à occuper quelques points disséminés sur la lisière.

En 1845, un groupe de Boers émigra dans la vallée

I . lu Original map of the Transvaal or South African Republic de F. Jeppe et A. Merensky annexée à la monographie de F. Jeppe. Die Transvaalsche RepuhVik ^ Petermann's geographische Mitteilungen, Ergànzungsheft, n° a4> contient trois cartons représentant les plans de ces villes.

a. « Le lendemain était un dimanche, un mariage allait se faire; le landdrost siégeait avec ses heemraaden. » Delegorgue» Voyage, II, p. 829.

3. « Celui-ci, le veld cornet» se hâta de venir nous demander à voir ma permission de libre circulation à travers le territoire des Boers. » Delegorgue, Voyage^ II, p. 3a8.

de la Blyde, affluent de droite de la rivière Olifant et y fonda le village d*Andries-Ohrig-Stad, mot composé d'Andries, premier prénom de Potgieter etd*Ohrig, nom d'un commerçant d'Amsterdam, dont nous avons déjà parlé, et qui avait essayé de créer aux Pays-Bas un mouvement en faveur des émigrants du Natal*.

Quoique l'occupation ait été le principal titre des Boers à la possession de ce territoire, il y eut de leur part un simulacre ^'achat. Le 25 juillet i846, huit Boers payèrent cent têtes de bétail à la tribu des Souazis, le pays situé entre les rivières Olifant et Eland, que cette tribu n'occupait d'ailleurs pas et n'avait aucun droit à vendre* (carte 5).

Mais on ne tarda pas à reconnaître que si cette vallée de la Blyde était fertile et très favorable notamment à la culture des arbres fruitiers, gens et bêtes y tombaient vite et souvent mortellement malades'*. L'explorateur Henry S. Gassiott en parle d'expérience, car il y subit, pendant une expédition cynégétique, un fort accès de fièvre*. Certains habitants d'Ohrigstad cherchèrent donc à une altitude plus élevée un climat plus salubre ; renforcés de nouveaux venus, ils fondèrent sur la rive gauche du Spekboom, affluent du Steelpoort, qui l'est lui-même de l'Olifant, et à TOuest d'une haute montagne, appelée

I. (( Andries » tomba vite en désuétude et le village conserva le nom d'Ohrigstad, orthographié souvent Origstad.

a. Mac Call Theal, History of South. Africa, Ihe Republics and native lerritories from i854 to 187a, p. 7a, note.

3. Un boer nommé Lombard, qui était revenu habiter près de la rivière Mooi, dit à Sanderson avoir perdu à Ohrigstad i aoo moutons, i4 chevaux, aoo bœufs. SAnàersoUy Journal of the Geographical Society. 1860, p. a43.

4. Henry S. Gassiott, Notes from ajournai kept during a huating tour in South Africa. Journal ofthe Geographical Society t i85a, p. iSg.

plu3 tard « Mauch Berg » en souvenir du célèbre explorateur, un village que, par allusion à leurs misères, ils nommèrent Lydenburg, « le bourg des souffrances ». Il se composait, en i85i, lors du passage de Gassiott, d'une vingtaine de maisons, d'un fort et d'une église \ En dehors d'Ohrigstad et de Lydenburg, il y avait en 1847 quelques familles isolées dans la vallée de la rivière Olifant*. Les Boers d'Ohrigstad prétendaient primer tous ceux qui habitaient au Nord de l'Orange, faire de leur ville la capitale du pays et réduire à un rôle secondaire Winburg et Potchefstroom ^. Ils s'étaient divisés en deux factions, dont l'une avait pour chef Hendrik Potgieter et l'autre, un nommé Hans. La première était plus nombreuse, mais la seconde possédait un canon, ce qui rétablissait l'équilibre des forces. Entre les deux partis, les rapports étaient fort tendus, ils s'abstenaient de frayer ensemble et, s'il faut en croire le témoignage d'un indigène, les membres de la même faction portaient tous des habits de la môme couleur pour se distinguer de leurs adversaires, cas très rare, unique peut-être, où des Boers aient eu l'idée de se vêtir d'un uniforme*.

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