‹ L'expansion des Boers au XIXe siècleChapitre 181 sur 241 · Mac Gall Theal, History of S. Africa (i834-i854), p. 4i · texte numérisé non relu

Mac Gall Theal, History of S. Africa (i834-i854), p. 4i

4. Déposition de Mabaleni, de la tribu des Amantcbélés, habitant dans le voisinage d'Ohrigstad devant Thcophilus Shepstone, diplomatie agent au Natal, le 3i décembre 1847. Correspondence of Natal [II], p. 39. Ce Mabaleni était cocher d'un Boer, membre de la faction de Potgieter ; il déteste d'ailleurs ce dernier.

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Vers 1845, un autre groupe de Boers, conduit par Hendrik Potgieter, occupa leZoutpansberg*, région circonscrite par le Limpopo, les Waterbergen et l'Olifant, et ainsi nommée par allusion aux vastes cavités remplies de sel que les premiers explorateurs y découvrirent*. Les vallées y ont déjà les caractères géographiques de l'Afrique tropicale ; la canné à sucre et le caféier y prospèrent ; mais la fièvre causa tant de victimes parmi les premiers colons, que le « Raad », le Conseil du Zoutpansberg, interdit, par décret, d'aller à la chasse du i5 juin au 1 5 octobre, car on ne voyait plus jamais revenir les imprudents qui s'y risquaient'*. La partie la plus septentrionale de la contrée était alors en outre infestée par la mouche tsé-tsé. Mais les plateaux, indemnes de ces deux fléaux, offrirent de beaux pâturages aux éleveurs boers (carte 5).

En s'établissant dans le Lydenburg et le Zoutpansberg, les Boers avaient l'espoir d'établir des relations commerciales à Lourenço Marquez et à Inhambane, avec les traitants portugais et hollandais. Un aventurier hollandais nommé Smellekamp, avec qui Hendrik Potgieter eut une entrevue à Lourenço Marquez en i844) les engagea à se rapprocher de la côte portugaise. Du Lydenburg et du Zoutpansberg, ils se risquèrent donc dans les plaines basses littorales, malgré la fièvre funeste aux hommes, et la mouche tsé-tsé funeste aux attelages*.

I. Mac Call Theal, Hist. of South Africa (i834-i854)» p. 4i4.

a. Littéralement : « la montagne des bassins à sel. »

3. Das Swazi-Land in Siidost-Afrika und Merensky's Reise. Peicrmann's geographische Mitteilungeiiy 1860, p. 406-7.

4- Exemple des effets de la fièvre et de la mouche tsé-tsé : en i858, six chariots étant partis du Zoutpansberg pour Inhambane, deux seulement des Boers qui y avaient pris place, arrivèrent au terme du voyage. Petermann's geographische Mitteilungen, 1860, p. 407.

Quand l'explorateur Baines passa à Ohrigstad, on lui décrivit avec précision la route de la baie de Delagoa, On traverse, lui dit-on, les Drakensbergen dont on met un jour à descendre le versant oriental, on franchit les rivières Manice, Omquinie et Trama ti, puis on entre dans une contrée largement ouverte, parsemée de maigres buissons et où les animaux sauvages abondent ; on traverse ensuite le Mattol, rivière marécageuse, près de son embouchure dans la baie de Delagoa, et on dételle enfin sur la plage devant le fort et les vingt misérables huttes qui composent le village de Lourenço Marquez ^ {carte 5). Ces détails émanaient certainement de gens ayant l'habitude du voyage.

Leurs rapports avec la côte portugaise permirent aux Boers de rectifier les notions erronées, alors admises sur le Limpopo, contribution à la géographie qui ne nous paraît pas avoir jusqu'à présent été assez remarquée par les historiens de cette science. Les géographes croyaient que ce fleuve se jetait dans l'océan Indien, à la baie même de Delagoa, mais les Boers affirmèrent à Livingstone, alors au début de sa carrière de missionnaire et d'explorateur, l'avoir vu entrer dans la mer un peu au Nord de cette baie. Livingstone fit part de cette découverte à ses correspondants d'Europe, James Mac Queen et William Cotton Oswell, et le premier en donna communication à la Société royale de Géographie de Londres en i85o. « Les Dutch farmers ou Boers qui se sont répandus dans celte partie de l'Afrique, loin au Nord, ont informé M. Livingstone que l'Ôori [ou Limpopo] devient une très grande rivière, et qu'elle ne va pas à la baie de Delagoa, mais qu'elle se jette dans

I. Thomas Baines, The Limpopo, ils origin, course and tributaries. Journal of the R. Geographical Society, i8b!if p. ago.

l'Océan un peu au Nord de cette baie, sous un nom et par une embouchure, qui lui sont particuliers \ »

A cette époque, c'est-à-dire vers la quarantième et la cinquantième année du xix® siècle, les animaux sauvages, les éléphants en particulier, foisonnaient entre l'Orange et le Limpopo : contrée d'élection pour les amateurs de chasse au gros gibier, pour les Harris, les Delegorgue, les Oswell qui, à cœur joie, y accomplissaient ce qu'en style noble, on appelle des « exploits cynégétiques ». Les Boers firent de même par goût et par intérêt* et, quand ils avaient rassemblé une certaine quantité de peaux ou de pointes, ils allaient les vendre à la côte portugaise.

Réciproquement des traitants portugais montaient de temps à autre à Lydenburg. En 1847, le Boer Johannes Frederick Tredoux rencontra sur la route d'Ohrigstad

I. James Mac Queen, Notes on the présent state of the Geography of some parts of Africa. Journal of the Geograph. Society, i85o, p. a 39. Mac Queen s'appuie sur deux lettres de Livingstone, datées du 7 septembre i844 et du a a mars 18^7. La lettre de Livingstone à Oswell, restée inédite jusqu'à une époque toute récente» est datée « Kuruman, 1847 ». « The boors déclare it [the Limpopo] goes into the sea only a little way North of Delagoa Bây. » William Cotton Oswell, the story of his life, I, p. i48.

a. Le récit de la scène suivante prouve combien, en i846, il y avait d'éléphants dans le pays, et l'intérêt que les Boers prenaient à les chasser. William G . Oswell avait passé sur les bords du Marico huit ou dix jours à abattre des éléphants dont il avait empilé les défenses sur son chariot. Un jour, il rencontra sept ou huit Boers, et tout en causant l'un d'eux aperçut l'ivoire : a D'où cela vient-il? qui l'a tué ? — Moi, répondis-je, et pendant ces derniers jours. — Seul? — Oui, seul. — Mensonge I il n'est pas possible qu'un petit bonhomme comme vous ait récolté un pareil lot de défenses. » Et quand le témoignage du conducteur les eut convaincus, ris proposèrent à Oswell de se joindre à eux, et de lui abandonner la moitié du produit de leur chasse commune. William Cotton Oswelly 1, p. i36.

un nommé Albazini, qui s'y rendait avec quelques esclaves et deux chariots chargés dé plomb, de poudre et de marchandises diverses. Les Boers achetaient parfois des esclaves à ces traitants * .

Nous ne sommes qu'imparfaitement renseignés sur les rapports des Boers avec les tribus indigènes pendant la période qui s'étend de i838 à i852 ; néanmoins les quelques textes dont nous disposons prouvent bien qu'ils eurent ensemble des conflits et que les Boers abusaient de leurs victoires. Wahlberg vit en i843 au Nord du Vaal un camp, un « laager » , commandé par Hendrik Potgieter, et qui avait été formé par crainte de représailles d'indigènes, à qui on avait enlevé des enfants et du bétaiP (carte 5).

En 1 846 et en 1847, plusieurs expéditions paraissent avoir été dirigées par Potgieter contre les indigènes du Lydenburg et du Zoutpansberg. Mac Call Theal en relate une contre les Bapedis, qui habitaient les monts Lulu, à l'Est de l'Olifant' (carte 5).

Un certain Mabaleni, indigène Amantébélé ou Matébêlé*, fit le 3i décembre 1847 à un fonctionnaire du Natal le récit de deux attaques dirigées l'une contre les « Langas », l'autre contre les « Umlitzys », peuplade armée non de sagaies, mais de haches ^. Il se répandit

I. Déposition de J. F. Tredoux, Correspondence of Natal [II], p. 42.

a. Wahlberg, Verhandlungen der Gesell. fur Erdkunde zu Berlin, 1844, p. i36.

3. Mac Call Theal, Hist. of South Africa (i834-i854), p. 4i4.

4. Une tribu « Matébélé » figure au Sud-Ouest d'Ohrigstad sur VOriginal map of the Transvaal de Jeppe et Merensky. Peterm, geographische Mitteilungen. Ergànzungsheft, n^ a4. Ne pas confondre ces Matébélés avec les Matabélés.

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