I. George Thompson, Travels and adventures, I, p. i5i
a. Le 23 novembre 1705, le landdrost Starrenburg rencontra des Grigriquas, campés à l'extrémité septentrionale du Piquetberg. Leibbrandt, Précis ofthe Archives of the Cape, Journal 1699- 1783, p. 84.
3. Instructions du secrétaire du gouvernement du Gap à l'agent Melville, envoyé à Griquatown (ai mars i8aa), Papers relative to the inhabitants of South. Africa, I, p. an, aa4. — Thompson, Travels, I. p. i46, i5i.
mission à Griquatown » et, comme Wright, qui « a une influence très considérable sur ce chef. . . en parle très favorablement* )),le gouverneur sir Benjamin d'Urban conclut le ii décembre le traité suivant ^ :
Waterboer prend l'engagement de se conduire comme un allié du gouvernement britannique, de maintenir l'ordre sur son territoire et d'arrêter tout individu recherché par la justice du Cap, qui tenterait de s'y réfugier ;il recevra du gouvernement deux cents fusils, des munitions et un subside annuel de loo livres sterling (2 525 francs). Par le même acte, il était stipulé que la mission de Griquatown recevrait annuellement un subside de 5o livres sterling (i 262 fr. 5o).
Toute sa morgue n'empêcha pas le gouverneur sir George Napier de conclure le 5 octobre i843 un traité semblable avec Adam Kok, le capitaine des Griquas de Philippolis. Adam Kok était reconnu chef d'un vaste territoire situé entre l'Orange et la Modder, il recevait, lui aussi, un subside annuel de 100 livres sterling, cent fusils et des munitions ; un subside annuel de 5o livres sterling était alloué à la mission de Philippolis^.
Les Griquas n'ayant d'autre ennemi à redouter que les Boers, si ce traité du 5 octobre i843 n'avait en apparence d'autre objet que la protection des premiers, il visait en fait les seconds et constituait de la part de sir George Napier un nouvel acte d'hostilité à leur égard. Les conséquences qu'il contenait implicitement
I. Sir Benj. d*Urban, au secr. d'État des colonies, Spring Rice, 26 décembre 1834, Papers relative to the inhabitants of South. Africa, I, p. 11 5.
a. Articles of trcaty and agreamcnt between Ibe governor of the colony of the Cape of Good Ilope on one part and Andries Waterboer, chief ofthe Griquas on the other. Ibid.t p. Ii5-ii6.
3. Mac Call Theal, Hist. of S. Africa (i834-i854)» p. Sgo-Sgi.
ne tardèrent pas à se dégager : le gouvernement du Cap dut intervenir en faveur des Griquas, ses clients, contre les Boers et occuper militairement plusieurs points du territoire situé au Nord de l'Orange.
En i844, Hendrik Potgieter tenta d'établir des relations amicales avec Adam Kok ; mais de longue date les Griquas haïssaient les Boers ; déjà en 1824 Melville, l'agent anglais résidant à Griquatown, le remarquait : « Ils n'ont pas oublié, dit-il, l'oppression qu'ils ont subie de la part des fermiers de la colonie * . » Malveillant par tradition, se sentant fort du récent traité et sans doute aussi docile aux conseils du missionnaire W. Y. Thompson, qui habitait Philippolis, Adam Kok repoussa les avances de Potgieter et répondit qu'il ne désirait pas entrer en rapports officiels avec un homme qui prétendait gouverner « les sujets de la Reine ».
Le moindre incident devait provoquer un conflit entre ces Boers et ces Griquas, en état d'hostiUté latente, et qui, fréquentant avec leurs troupeaux les mêmes pâturages du plateau transorangien, ne manquaient pas d'occasion dé froissement.
L'incident, dont le détail allongerait inutilement ce récit, se produisit au début de i845. Des groupes de Boers, commandés par Jan Kock, Jan Mocke, Jacobus Duplooy, s'assemblèrent à Touwfontein, à 45 kilomètres environ de Philippolis ; les Griquas de leur côté se réunirent en armes ; quelques escarmouches se produisirent, ainsi que des coups de main sur le bétail.
Fidèle à la politique de protection des Griquas, qui était traditionnelle au Cap, se confirmant en outre à l'esprit du traité du 5 octobre i843, le gouverneur sir
I. Papers relative to the inhabitants of South. Africa,!, p. 21 3.
Peregrine Maitland, qui avait succédé à sir George Napier, résolut de secourir Adam Kok.
Le lieutenant-colonel Richardson arriva à Philippolis avec un détachement de troupes le 26 avril i845 et somma par une proclamation « les sujets émigrants britanniques, assemblés illégalement en armes, de se rendre sans conditions aux troupes de Sa Majesté ». Cette mise en demeure n'ayant produit aucun efifet, Richardson marcha contre les Boers et les surprit à Zwartkopjes le i®"" mai; les Boers se retirèrent immédiatement dans la direction de Winburg, si bien qu'il n'y eut même pas de combat (carte 5).
Les troupes anglaises, auxquelles le danger, couru par Adam Kok, avait donné l'occasion de pénétrer sur le plateau transorangien, y restèrent. Bien loin de leur donner l'ordre de repasser sur la rive gauche de l'Orange, sir Peregrine Maitland vint lui-même en juin i845 installer auprès d'Adam Kok un officier anglais, le major Henry Douglas Warden, en qualité de résident permanent.
Dans le courant de l'année i846, l'occupation anglaise progressa encore sur le plateau.
Malgré la présence du major Warden, à Philippolis, des Boers se rassemblèrent en juin i846 sous les ordres de Jan Kock à Winburg et menacèrent le capitaine griqua Adam Kok.
Alors Warden marcha sur Winburg, l'occupa et désarma un certain nombre de Boers. Puis il résolut d'établir sa résidence dans cette contrée et choisit entre Karlspruit et la Modder un site nommé Bloemfontein (la source de la fleur) : telle fut l'origine de la capitale du futur État libre d'Orange ^ (carte 5).
I . Mac Gall Theal, Hist. of S. Africa (i834-i854), p. 896 et suiv.
320 FONDATION DES RÉPUBLIQUES BOEftS
A la fin de i846, un officier anglais, commandant un corps de troupes anglaises, résidait donc entre l'Orange et le Vaal. Cependant c'était uniquement une situation de fait, et ce nouveau territoire ainsi annexé à l'Empire britannique ne figurait encore dans la nomenclature des colonies sous aucune désignation officielle. Mais en i848, sous l'action hardie et même aventureuse d'un nouveau gouverneur, sir Harry Smith, cette occupation du plateau transorangien va s'achever et se régulariser.