‹ L'expansion des Boers au XIXe siècleChapitre 190 sur 241 · I. Voy. i^e partie, chap. v · texte numérisé non relu

I. Voy. i^e partie, chap. v

a. C'est en souvenir de cette victoire et pour honorer sîr Harry Smith, que deux localités de l'Afrique du Sud ont été nommées Aliwal.

3. Harry Smith et sa femme furent en arrivant au Cap' reçus en amis. Le juge Menzies traduisit bien lé sentiment général en portant, dans un banquet, le toast non pas officiellement à His Excellency and his Lady^ mais familièrement à Harry Smith and his wife. Sir Harry Smith, Autobiography, H, p. 227.

LES BOERS AU NORD DE L'ORANGE (183a.l852) 321

Ses idées sur la politique à suivre à l'égard des Cafres et des Griquas différaient complètement de celles qui avaient guidé ses trois prédécesseurs, sir George Napier, sir Peregrine Maitland et sir Henry Pottinger. Pour les faire prévaloir, il ne devait pas rencontrer les mêmes difficultés que jadis sir Benjamin d'Urban. Le parti des missionnaires était affaibli ; son chef, John Philip, âgé alors de près de soixante-treize ans, accablé de malheurs domestiques, avait perdu sa belle fougue d'antan. Les pillages répétés auxquels les Cafres se livraient impunément sur la frontière, une invasion, qui en 1 846 -47 avait désolé une fois de plus les districts orientaux, avaient détruit les illusions les plus tenaces sur leur bonté naturelle et sur leurs vertus *.

Sir Harry Smith jugeant dépourvu de sens le traité conclu en i843, entre sir George Napier et Adam Kok, projetait d'établir entre l'Orange ^ et le Vaal une nouvelle colonie britannique dans laquelle Boers, métis et indigènes seraient uniformément soumis aux fonctionnaires britanniques.

Pendant la campagne de i835, il avait toujours eu de bons rapports avec les Boers qu'il commandait, affectant, grâce à ses quelques notions de hollandais, de les

I. Le voyageur Charles J.-F. Bunbury, ami de sir George Napier, expose en ces termes le changement qui se fit dans ses idées : « J'arrivai au Cap, fortement prévenu en faveur des vues entretenues sur ce sujet, par ce qu'on appelle « le parti religieux » ou celui des missionnaires et ce fut seulement par degrés que mes préjugés disparurent devant la connaissance réelle des faits et la leçon des événements ultérieurs, n Journal, p. vii-viii.

a. Pendant le premier demi-siècle de la domination britannique la frontière septentrionale du Gap était restée telle que le gouverneur hollandais Joachim van Plettenberg l'avait fixée en 1778 ; par une proclamation en date du 17 décembre 1847, sir Harry Smith adopta le fleuve Orange comme limite.

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traiter en camarades, chantant quand il les voyait tristes, et finissant, tant il avait de gaieté naturelle, par dérider tout son monde *.

Il supposait donc que le souvenir de ses relations amicales avec les ci- devant colons, devenus en 1847 les « Boers émigrants », lui faciliterait Faccomplissement de ses projets.

En janvier i848, il fit, avec la hâte qui caractérisait tous ses actes, un voyage au Nord de la colonie. Sur ses instances le chef griqua Adam Kok abandonna le vaste territoire situé entre Orange et Modder, dont la possession lui avait été reconnue par le traité de i843 et dont il n'avait d'ailleurs jamais été que le chef nominal.

Sir Harry Smith se rendit aussi à Bloemfontein et à Winburg, où il retrouva d'anciens frères d'armes de la guerre de i835, qui lui exprimèrent leur entière confiance dans sa future administration. Le 27 janvier il reçut une adresse signée de ^9 Boers, qui lui demandaient expressément d'étendre la domination anglaise sur le pays ^ Cet accueil confirma ses idées préconçues sur l'état d'esprit des Boers, mais il fut victime d'une illusion : il crut que les Boers partageaient unanimement

I . « And the boers laugh at my gaiety beyond every thîng » . Sir Harry Smith à sa femme, a5 mars i835. Autobiography, 11^ p. 346.

a. Pour justifier son annexion de l'Orange River Sovereignty à l'Empire, il constatait le 3 février i848, qu'il avait reçu des pétitions couvertes de signatures : « I bave received several addresse» very numerous signed by the inhabitants betw^een the Orange, the Modder and Riet rivers as well as from those around Bloem Fontein and from the Galedon river as well as those from the lïëighbourhood and at Winburg. » Correspondence with the governor of the Cape of Good Hope relative to the state of the Kafîr tribes on the eastern f routier of the colony,ju.ly i848, p. 63 (Nous abrégerons ce titre sous la forme Correspond, relative to the Kafîr tribes [II]).

l'opinion de ceux avec lesquels il venait de causer quelques heures à Winburg et à Bloemfontein. En réalité, il n'avait eu de rapports qu'avec des membres des groupes OberholsteretSteyn, qui en i845 avaient, nous l'avons déjà dit *, favorablement accueilli la domination anglaise ; ceux qui voulaient rester indépendants s'étaient abstenus de paraître.

Du plateau de l'Orange, Smith descendit toujours en hâte vers le Natal, car il venait d'apprendre que les Boers de cette contrée, désespérés par l'attitude outrageante de l'ex-gouverneur du Cap, sir Henry Pottinger, et par son refus d'écouter leurs justes griefs, se sentant, d'autre part, étouffés et incapables de vivre au milieu des indigènes, avaient résolu d'émigrer de nouveau, soit au Nord des Drakensbergen, soit à l'Est de la BufiFalo river*.

Smith se flattait de les convaincre de rester au Natal. La misère des Boers, qu'il rencontra campés sur la haute Tugela, l'émut véritablement, car s'il avait l'esprit léger, il avait le cœur généreux. « A mon arrivée au pied des Drakensbergen, écrivait-il, le lo février i848, au Ministre des colonies, lord Grey, j'ai été presque stupéfait de voir l'ensemble de la population en train d'émigrer. Des pluies, et des pluies tropicales tombent en ce moment sur ce versant des montagnes ; les nombreuses rivières qui coupent le pays ne sont pas guéables et ces familles sont exposées à un état de misère que je n'avais jamais vu, sauf au Portugal, lors de l'invasion de Masséna, quand la population s'enfuyait en abandonnant tout ^. » « Je fus reçu, ajoute sir Harry Smith, comme dans ma propre famille. » Mais ici encore il se

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