Report, p. li
3. Mac Call Theal, Hisl. o/S. Africa Ci83i-i85i). p. 874. Cç Morosi résidait en un lieu nommé « Klcîn Tafelberg », dont noua n'avons pas réussi i identifier l'emplacement eiBct.
i. Les batlaubas se plaignaient d'être obligés d'abandonner leurs enfants à Mochech, qui, disaîenl-ile, se servait d'eux comme d' v étalons D. Arbousset. Lettre du 3o septembre l836. Journal des mislions ivangéliqaei, 1837, p. 14-6.
5. Cité par sir Harrj Smith, Correspondence relative lotheKafir tribea [II). p. 60.
Ce travail de cristallisation a encore eu, p( remarquer en passant, un autre effet, et qui a j présent échappé, croyons-nous, même aux hîsl du pays qui en a bénéficié, c'est-à-dire de la Grand tagne. Quand, le 12 mars 1868, le gouverneur di sir Philip E. Wodehouse, à la suite d'événement l'exposé serait en dehors de notre sujet, procla domination britannique sur le Basutoland, il anr l'Empire non seulement les Basoutos eux-mêmes, encore toutes les tribus qui dépendaient d'eu Mochech n'avait pas, en quarante ans d'efforts, a< pli cette tâche elle eût incombé à la diplomatie Grande-Bretagne et peut-être à ses armes. Incons ment, le chef du Basutoland contribua donc auxiliaire involontaire, à la formation terrîtori^ l'Afrique australe britannique, à la formation de de « ces Bretagnes d'outre-mer », dont Édouan est Toi\
Mochech, ayant appris, en 1882, que des mis naires européens résidaient auprès de certains griquas et cafres, eut le désir d'en voir se fixer p lement auprès de lui. Instruit de ce vœu, John PI alors grand manager des entreprises spirituelle Gap, désigna les païens Basoutos au zèle de trois n bres de la Société des missions évangéliques de Paris les peuples non chrétiens, Thomas Arbousset, Eu Casalis et Constant Gossellin, qui venaient justei de débarquer en Afrique australe pour y chercher tune d'apôtres.
A leur arrivée en i833, ils reçurent de Mochecl accueil très encourageant. Autour de leur mis
I . On sait qu'Edouard VU est le premier souverain qui po] titre de « King of the british dominions bcyond the scas ».
ment les avantages de l'argent monnayé et se procura les ustensiles de ménage les plus variés.
Ses fds se vêtirent d'habits européens, La photographie de l'un d'eux, Tsekelo, est conservée dans la galerie d'anthropologie du Muséum d'histoire naturelle de Paris' : plus de pagne autour des reins, plus de peau de léopard sur l'épaule, plus de touffe de plumes dans les cheveux, mais un ii complet n, dont le veston a des revers en soie, une chemise blanche et une cravate noire; c'est le portrait d'un gentleman de couleur.
Les missionnaires français ont certainement eu aussi une influence sur la conduite pohtique de Mochech. Malheureusement, sous ce rapport, les lettres qu'ils ont envoyées au Journaldes missions évangélitjues, ainsi que leurs livres : Relation d'un voyage d'exploration au Nord-Est de la colonie du Cap de Bonne-Espérance, entrepris dans les mois de mars, avril et mai IS36 par MM. T. Arbousset et F. Daumas, écrite par Thomas Arbousset, et Les Bassoutos, ou vingt-trois années de séjour et d'observation au Sud de l'Afrique, par E. Casalis, sont d'une discrétion qu'on ne saurait trop regretter.
Mais le gouverneur du Cap, sir George Cathcart, qui était très intéressé à être pertinemment renseigné, ne doutait pas qu'ils exerçassent une action sur Mochech, ainsi qu'il résulte du passage suivant d'une lettre adressée par lui le i4 novembre iSôa au secrétaire d'État des colonies : « Les missionnaires français reconnurent bientôt que cette nouvelle puissance [les Basoutos] avait de la force, ainsi qu'une probabilité relative de durée, et que le chef était un homme supérieur : en conséquence ils se fixèrent au pied de la montagne dont Mochech avait fait sa citadelle.
« Grâce à cette même pénétration, qui lui avai bablement valu ses succès, il vit l'avantage des c( de ces hommes pieux et éclairés, qui manifest dépendaient de lui et qui avaient intérêt à le sout< à lui faire maintenir sa position. // semble donc leA consultés en toute occasion, dans ses rapports a' Grande-Bretagne, qui en ce temps-là commen»
étendre son influence et à intervenir au del l'Orange. M. Arbousset soutient bien que les in; lions de la « Société des missions évangéliques » c dent à leur communauté de se mêler de politiqu à vrai dire, c'est à peine si j'ai pu trouver trac mauvais vouloir de leur part, ou mieux d'interver d'ailleurs assez excusable par de pressants motifs d'il et de garantie personnelle, dûs à leur position dill
« Mais les circonstances en ont fait des conseiller fins, etje suis sûr qu'en plus d'une occasion, ilsont g sur leur aventurier heureux une influence et un pot contre lesquels la faible autorité du résident ar [dans VOrange River Sovereignty] était incapabl lutter*. »
Il est bien vraisemblable que les missions français ont contribué à maintenir la cohésion dei ments disparates, groupés autour de Mochcch. « réussi, dit Arbousset, à rassembler autour de lu milliers de naturels, que les malheurs des temps av dispersés ^ » Excès de modestie ! car, sans lui, Arli set, sans Casalis et leurs collègues, cette œuvre de ( semblement » aurait peut-être échoué.
Leur intervention officieuse dans les rapports
Correspondence oflieut. gênerai the hon. Sir George Cat relative to his military opérations in Kajfraria, p. i38. a. Relation d*an voyage, p. 6o4.
Mochech avec les fonctionnaires anglais n'est pas douteuse. La lettre dans laquelle il exprima, pour la première fois le désir d'entrer en relations amicales avec le gouvernement du Cap fut écrite par Casalis *, et sir George Cathcart ne doutait pas que la réponse « fort convenable » faite par Mochech à sa notification d'entrée en charge ait été « composée par les missionnaires fran-
çais » *,
On admettrait difficilement que ces hommes instruits et courageux se soient modestement résignés au rôle d'interprètes d'un chef nègre, et ne lui aient pas en partie inspiré les idées qu'ils étaient censés traduire.