Voy. 1" partie, chap. v
Gap, résolut d'aller les attaquer, espérant du même
p s'enrichir et se faire bien voir du gouverneur sir
ijamin d'Urban. A la tête de sept ou tluit cents hommes
nés de sagaies, de boucliers et de massues, suivi d'une
itaine de bêtes de somme et d'un troupeau destiné à la
urriture de ses gens, Mochech passa les Maloutis, les
v^akensbergen et fondit sur les Cafres. Il prit plusieurs
illiers de têtes de bétail, mais comme il s'en retour-
iit, il fut attaqué à son tour et perdit presque tout
m butin *.
Cet échec fut exceptionnel dans la vie de Mochech ; généralement il rentrait vainqueur de ses expéditions le pillage ' et peu à peu sa réputation de guerrier heureux se répandait au loin.
Les agressions des Zoulpus et des Matabélés avaient, nous l'avons déjà dit, jeté le trouble parmi les populations de l'Afrique australe et causé une désagrégation et une misère générales. La rareté des vivres avait engendré le cannibalisme ^ ; tous les exilés, individus isolés, familles, tribus mêmes cherchaient des protecteurs. Beaucoup se réfugièrent dans la colonie du Cap, mais d'autres vinrent chercher asile auprès de Mochech, qui « dans ces temps malheureux, se maintint, s'agrandit
1. Lettre du missionnaire Gasalis, ao mai i835. Journal des missions évangéliqueSt i836, p. 23-a4-
2. Lettre du missionnaire Rolland, 28 mars 1837. Journal des missions évangéliques, 1837, p. 3o2.
3. D'après Arbousset, les Bamakakanas, qui habitaient en i836 au Nord du Mont-aux- Sources, étaient encore anthropophages. Relation d'un voyage^ p. i55. — Un tableau, exposé dans la galerie d'anthropologie du Muséum d'histoire naturelle de Paris, et provenant de la collection Verreaux, représente une scène de cannibalisme : des Cafres saignent un hottentot qui a été ligotté au préalable et recueillent son sang dans une calebasse. Au fond du tableau» d'autres Cafres se livrent à une danse de guerre.
et plus fortuné qu'aucun autre chef du pays s'acquit une haute réputation de sagesse et de gloire », si bien « que les naturels le voyant comparativement riche s'attachèrent à lui ' », Grâce à sa protection ils trouvèrent une sécurité relative dans la vallée du Caledon et de ses afQuents.
Andrew Smith cite parmi ses tributaires une fraction de la tribu des Lihoyas '. La tribu des Bataungs conduite par son chef Molîtsane vint en 1837 se fixer sur la rive droite du Caledon. Dans la direction de l'Orange, les Basoutos protégeaient aussi les Bafoutis et leur chef Morosi '.
Mochech « ramassait » encore des vagabonds, dénués de moyens d'existence, nommés batlaukas. Il leur donnait une peau de bœuf ou une toison de mouton pour s& couvrir, les nourrissait, et les unissait à celles de ses concubines, dont il ne goûtait plus les charmes ; en retour il prétendait disposer d'eux et de leurs enfants à son gré '.
Mochech réussit donc en groupant ainsi des individus, dont à l'estimation du missionnaire Casalis le nombre total atteignait en i848 le nombre de 80000* à devenir un chef capable d'exercer une action décisive sur les événements politiques de l'Afrique du Sud,