‹ L'expansion des Boers au XIXe siècleChapitre 207 sur 241 · CorrespondencCj p. i4i · texte numérisé non relu

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une ligne partant de la mission de Béthulie et se prolongeant le long de la rive droite du Caledon, à une distance de 35 à 4o kilomètres ; il recevait un subside annuel de 76 livres sterling (i 876 francs) payable en argent ou bien en armes et en munitions.

Cette alliance fut confirmée par sir Harry Smith, au cours du voyage qu'il accomplit sur le plateau transorangien au début de i848. Le 27 janvier il eut une entrevue avec Mochech à Winburg. Sans même lui laisser le temps de se reconnaître, il le pressa de convenir que <( la paix, l'harmonie et la tranquillité ne sauraient être maintenues », si la reine n'étendait son autorité sur tout le pays jusqu'au Vaal et il lui fit incontinent apposer une croix en guise de signature au bas d'un traité par lequel l'établissement de cette autorité était pleinement approuvé \

Fut-ce sur Mochech l'effet des cadeaux de sir Harry Smith et des flatteries, sous lesquelles il l'avait accablé à Winburg ^, ou bien se conforma-t-il aux conseils de prudence des missionnaires français qui partageaient les préventions de leurs confrères anglais contre les Bôers, il est constant que six mois plus tard, il repoussa les ouvertures d'alliance d'Andries Pretorius, et qu'il resta lors des événements de juillet et d'août i848 un « allié fidèle » du gouvernement britannique '.

Toutefois le bon accord qui régnait depuis quinze ans

I. Correspondence relative to the Kafir tribes [II], p. 62-63.

a. Sir Harry Smith alla jusqu'à dire à Mochech, qu'il ne savait pas s'il devait davantage admirer en lui ses sentiments comme homme ou sa magnanimité comme chef (!). Correspondence relative to the Kafir tribes [II], p. 63.

3. « That chief refused to join theBoersin their rébellion... and his conduct on that occasion was duly acknowledged as that of a faithful ally. » Gathcart, Correspondence, Tp. i39-i4o.

entre Mochech et le gouvernement du Cap commença à s'altérer, quand les Basoutos eurent de fréquents rapports avec les fonctionnaires installés par sir Harry Smith dans VOrange river sovereignty après la victoire de Boomplaats.

D'abord Mochech fut fort indisposé par une rectification de limites territoriales entre sa domination et la Sovereignty que le major Warden, rentré à Bloemfontein comme résident, lui imposa le i®'' octobre 1849. Puis pendant l'année i85o et le premier semestre de i85i, les causes de mésintelligence s'accumulèrent. Sur les rives du Caledon, les vols de bétail entre tribus étaient constants ; l'hostilité régnait notamment entre les Barolongs indépendants, et les Bataungs qui faisaient partie dç la confédération basouto. Warden prit fait et cause pour les premiers.

En juin i85i il compose une petite armée des 160 soldats anglais, qui formaient sa garde personnelle, de 120 boers et de i5oo indigènes. Le 3o juin, le major Donovan, qui en était le chef, attaque Viervoet, un des villages de Bataungs et s'en empare sans difficultés. Mais pendant que les auxiliaires indigènes pourchassent les bœufs de l'ennemi, ou se gorgent de bière de millet, trois corps de guerriers basoutos arrivent à l'improviste, tombent sur les troupes dispersées du major Donovan, qui est obligé de se retirer, non sans avoir laissé plus de 1 5o hommes sur le terrain * .

Viervoet fut un combat de nègres contre nègres, auquel un nombre infime de soldats anglais participa. La cause première du conflit, les droits douteux d'une tribu sur quelques milliers de bœufs, était misérable. Et cependant cette très petite affaire doit être considérée

I. Mac Gall Theal, HisL of S. Africa (i834-i854), p. 472-473.

comme l'un des anneaux de la chaîne de faits, qui -aboutirent à Tindépendance des républiques boers.

Le major Warden resta sur cet échec. Il tenta sans succès de lever un commando parmi les Boers, et -d'autre part, à la même époque, les Cafres de la frontière orientale du Cap étaient trop menaçants pour que sir Harry Smith pût distraire en sa faveur un seul homme des troupes concentrées dans la British Kaflfraria. Le résultat de cette politique, écrivait quinze mois plus tard, le i4 novembre t852, sir George Cathcart, <( a été humiliant et a malheureusement laissé dans la ■contrée une opinion peu flatteuse sur la force réelle de Ja nation britannique ^ ».

Ceux des Boers de V Orange river sovereignty qui étaient hostiles à la domination anglaise profitèrent de la détresse de Warden. Le 25 août i85i, ils invitèrent Pretorius, qui depuis sa défaite de Boomplaats résidait -dans le Magaliesberg à l'endroit où le Limpopo sort -des montagnes ^, à se charger des fonctions d'administrateur général du pays.

Mochech, de son côté, voyant que les Boers paraissaient prendre l'avantage et jugeant habile de s'en rapprocher, conclut le 3 septembre i85i, à l'insu de Warden, un traité particulier avec quelques-uns d'entre <i\xx. Une alliance boer-basouto se formait contre les Anglais.

Le 9 septembre, Pretorius informa Warden que des -colons de l'Orange, Mochech et d'autres chefs indigènes lui demandaient de venir restaurer la paix, pour éviter ^u pays des misères pareilles à celles que la guerre

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