‹ L'expansion des Boers au XIXe siècleChapitre 3 sur 241 · Mac Gall Theal, ouvr. cité, II, p · texte numérisé non relu

Mac Gall Theal, ouvr. cité, II, p

2. H C. V. Leibbrandt, Précis of the archives of ihe Cape oj Good Hope, Van Riebeeck's Journal, Le Gap, 1897, III, p. i3-i4.

forme anglaise la Great Fish river, vivaient des tribus nègres, qu'on appelait collectivement les Cafres, Or, ces Cafres venaient massacrer les colons, piller leur bétail, détruire leurs habitations, s'établissaient même à ■demeure dans le Zuurveld en deçà de la Fish river, et «cependant les victimes de ces sauvages ne recevaient aucun secours. Le landdrost* Maynier, représentant oflBciel de la Compagnie des Indes dans le district, devint l'objet de l'animosité générale. Instruit, beau parleur, argumentateur subtil, il se jouait de la médiocrité intellectuelle de ses administrés. L'esprit imbu des paradoxes de J.-J. Rousseau sur les vertus de l'homme naturel, il se refusait, en dépit des faits, à voir les Cafres tels qu'ils étaient réellement, c'est-à-dire fourbes, pillards et cruels. Il avait en lygS conclu avec eux une paix très désavantageuse aux colons qui, ayant perdu plusieurs des leurs et beaucoup de bétail, n'avaient point reçu de dédommagement. Ceux-ci avaient envoyé une députation au Cap, pour demander le remplacement de Maynier. Mais le Commissaire général Sluysken ayant repoussé leur requête, quarante colons s'étaient réunis, le 4 février 1796, dans le village de GraafiF Reinet sous la conduite d'Adriaan van Jaarsveld et de Jan Carel Triegard et avaient obligé le landdrost à quitter le district. Des commissaires enquêteurs, envoyés du Cap, étaient entrés en rapport, le 3o avril, avec les chefs du mouvement, qui s'étaient efforcés de leur faire visiter le Zuurveld pour qu'il se rendissent compte des ravages causés par les Cafres. Mais les commissaires s'y étant refusés, les colons les avaient chassés à leur tour le i4 juin et avaient rompu toute relation avec le gouvernement.

I. Sur les attributions du landdrost, voir ci- dessous, p. 54>

Le ïS juin, une révolution analogue avait eu lieu à Swellendam, bien que les colons de ce district n'eussent pas contre le gouvernement des griefs aussi justifiés que ceux du Graaff Reinet ; d'ailleurs elle n'y avait pas rencontré une approbation générale. Vaguement instruits des événements qui depuis six ans se succédaient en Europe, les colons insurgés se nommèrent les a patriotes » et arborèrent une cocarde tricolore. Cette révolution s'était opérée sans violence ; le sang n'avait pas coulé ; elle avait consisté en une séparation de fait entre les colons de l'Est et le gouvernement du Cap; mais elle affaiblit la défense. Quand le Commissaire Sluysken donna aux colons l'ordre de se rassembler pour repousser les Anglais, il ne fut pas unanimement obéi. Ceux des districts du Cap et de Stellenbosch se réunirent en armes, mais ceux du Swellendam ne se rendirent pas tous à son appel et ceux du Graaff Reinet s'abstinrent de paraître. Néanmoins à la fin de juillet, les colons formaient un corps de ii4o cavaliers et de 36o fantassins. Le colonel Gordon commandait en chef les troupes réglées et les milices.

Le premier acte d'hostilité des Anglais eut lieu le i4 juillet 1795. Le général Craig débarqua 700 hommes de troupes à Simonstown*, dont le Conseil de la colonie avait le 29 juin décidé l'abandon. Cet acte marque la première prise de possession du sol de l'Afrique australe par la Grande-Bretagne. Pour gagner la ville du Cap, les Anglais devaient forcément suivre le chemin qui longe le bord de la mer et traverser le défilé de Muizenberg *, où, dès le 1 3 juin, c'est-à-dire le surlendemain de l'arrivée de l'escadre ennemie, le colonel Gor-

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