‹ L'expansion des Boers au XIXe siècleChapitre 30 sur 241 · Hansard's Parliamentary debates, t. VII, p · texte numérisé non relu

Hansard's Parliamentary debates, t. VII, p

L'AGITATION NEGROPHILE 7S

Le 1 5 juillet 1828, Fowell Buxton réussit à faire voter une motion par laquelle le gouvernement était invité à envoyer au Cap des instructions « pour assurer à tous, les indigènes de l'Afrique australe la même liberté et la même protection qu'aux autres peuples libres de la co^ lonie, Anglais ou Hollandais^ ».

Un grand nombre d'Anglais sont convaincus que les. nègres sont naturellement des êtres bons, justes, vertueux, et qu'il ne tient qu'aux blancs, en les traitant conformément à la justice, de ramener Tâge d'or dansles colonies.

Mais cette même opinion publique, si favorablement disposée à l'égard des nègres du Cap, est en revanchetrès prévenue contre les Boers.

Le 25 juillet 1822, un membre de la Chambre des- Communes, nommé Money, déclare redouter toute mesure « qui mettrait un plus grand nombre de ses semblables à la merci du fouet impitoyable des Boers hollandais, que les esclaves du Cap craignent tant, qu'ils aiment mieux mourir que de les servir » . Et il raconte l'aventure d'une esclave de Capetown qui, menacée par sa maîtresse de voir ses enfants vendus aux Boers, s'en fut les noyer pour les soustraire à cette infortune^.

Malgré leur invraisemblance, de pareilles affirmationsné soulèvent pas de contradiction. On tient les Boerspour très cruels. Philip les représente, dans un passage de son livre, comme dénués de toute sensibilité, et lescompare aux planteurs des Antilles : c'est tout dire. « Ces propriétaires de nos îles à sucre ne sont pas plus, alarmés par les projets d'abolition de l'esclavage, que les habitants du Cap, quand on tente de tirer les Hot-

I. Hansards Parliamentary debaies, t. XIX, p. 1693-94. 3. Hansard's Parliamentary dcbatesy t. Vil, p. 1799. -

tentots de leur dégradation présente et de les placer dans une situation telle qu'ils puissent acquérir des biens et devenir indépendants *. »

En Grande-Bretagne, où il existait en i836 près de cinquante sociétés religieuses « dont l'unique but était de travailler à l'avancement du règne du Christ et au bonheur de l'humanité * » , les nègres du Cap avaient des avocats écoutés. Mais personne n'y plaidait la cause des Boers. Développées dans les livres, dans les journaux et devant les Chambres du Parlement, partagées par plusieurs des secrétaires d'État qui se succédèrent de 1828 à 1 835 au Colonial Office et notamment par sir George Murray, lord Stanley et surtout lord Glenelg^, ces opinions réussirent à provoquer des actes publics qui portaient en eux de lointaines conséquences.

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