‹ L'expansion des Boers au XIXe siècleChapitre 36 sur 241 · I. Lichtenstein, Rcisen, I, p. 3o · texte numérisé non relu

I. Lichtenstein, Rcisen, I, p. 3o

L'INVASION GAFRE 81

c'est toujours aux horreurs commises par les Cafres, qu'on en revient : « Avant l'invasion, écrit-il dans son Journal y ce district de GraafT Reine t était, nonobstant son éloignement du Cap, l'un des plus riches de la colonie ; l'abondance , des bœufs, des moutons, des chevaux élevés ici était étonnante; mais nulle part, les colons n'ont autant souffert. »

Nouvelle invasion en 1811, au cours de laquelle en une seule affaire le contingent boer commandé par Jacobus Botha eut douze hommes hors de combat : huit morts et quatre blessés. Et de même que Lichtenstein en i8o4-i8o5, Latrobe en 18 16 relève les traces des méfaits des sauvages et décrit en termes presque identiques la misère des Boers : « Les habitants craignant de nouvelles incursions de ces peuplades toujours en mouvement n'ont pas osé rebâtir leurs maisons et se contentent de vivre dans des huttes, qui ne sont guère meilleures que celles des Hottentots *. »

La paix rétablie en mars 181 2, on espéra opposer une digue au flot de la barbarie, en construisant le poste fortifié de Grahamstown *'*. Vain espoir, une autre guerre éclate sept ans plus tard en 1 8 1 9 .

Le chef cafre Geika, protégé par le gouverneur lord Charles Somerset, avait été en 1 8 1 7 attaqué et battu par une confédération d'autres chefs de tribus, qu'en manière de représailles un corps de troupes anglaises vint piller ; mais après qu'elles se furent retirées, ceux-ci à leur tour envahirent la colonie.

Daiis aucune de leurs nombreuses incursions, les Cafres ne déployèrent autant d'audace et de courage : ils

I. Latrobe, Journal of a visit in South Africa in 181 5 and 181 6, p. i54-5.

a. Grahamstown, ainsi nommée en l'honneur du colonel Graham» qui commanda les forces anglaises pendant la campagne.

osèrent le 22 avril 18 19 donner l'assaut à Grahamstown.

Le capitaine Harding, un vétéran des campagnes d'Egypte et d'Espagne, affirmait plus tard au voyageur George Thompson n'avoir jamais assisté à un combat aussi animé ; l'ennemi aurait, s'il eut été moins misérablement armé, certainement triomphédes 260 hommes, qui composaient toute la garnison de la petite place. C'est que les Cafres avaient été exaltés par les prédictions d'un sorcier nommé Makanna, qui se glorifiait du pouvoir de rendre les balles inofTensives ^

Cependant cette fois, comme précédemment, les Cafres finirent par être repoussés ; la campagne se termina même avantageusement pour la colonie, le chef Geika, en faveur de qui elle avait été entreprise ayant été tenu de céder le territoire situé entre la Fish river e^ la Keiskama, lequel en conséquence resta officiellement désigné sous le nom de ceded territory ^ (carte 4)-

L'insécurité empêchait donc les habitants des districts orientaux de la colonie de jouir en paix des avantages naturels de la contrée : climat agréable, sol fertile et propice à l'élevage. En vingt ans les Cafres s'étaient abattus trois fois sur eux ; fléau aussi redoutable que les tremblements de terre, les cyclones ou les vols de sauterelles en d'autres régions du globe.

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