Alexander, Narrative, II, p. i
3. « The Boers of the old commandos talk of the glories of former times, when the Kafirs had only assagais. But now that ihey
field commandant Dreyer, qui un jour vint dire au colonel que ses hommes c< étaient fatigués de ne rien faire * », et plus d'un fut blessé ou tué pendant la campagne ^.
Dans l'espoir de mettre les districts orientaux de la colonie à l'abri d'un désastre pareil à celui qu'ils avaient subi en décembre i834, sir Benjamin d'Urban prit les résolutions suivantes. Le territoire situé entre la Keiskama et la Keî, long de 200 kilomètres, large de lie, fut annexé à la colonie et reçut le nom de Province ofthe Qaee,n Adélaïde, en l'honneur de la femme de Guillaume IV. Cette nouvelle frontière était très supérieure à l'ancienne : autant la Keiskama, de même que naguère la Fish river, couverte de jungle sur ses rives, se prêtait aux embuscades, autant la Rei aux rives escarpées et dénudées était difficile à franchir et aisée à surveiller.
Cette excellente frontière naturelle une fois tracée, le plus sûr moyen de protéger efficacement la colonie, aurait consisté à refouler sans pitié tous les Cafres au delà de la Kei : on le tenta. Dès l'annexion de la nouvelle
hâve a few guns, whîch they use very badly, Mynheer funks. There are however some very fine fellows amongst them. » Sir Harry Smith. Lettre du 4 avril i835. Autohiography, 11, p. 3^7.
I. Harry Smith affecte de transcrire littéralement la prononciation de Dreyer : « Goronel must loup (look ?] into Kafirland. — How can I, Dreyer ? I must wail for the governor. — Well, where is the governor? He must come; my mans is tired for nix mak. — Can't help it, Dreyer. » Lettre du 25 mars i835. Autobiography, II, p- 344-
3. Pertes des Boers pendant la campagne de i835 : Combats du la au i5 février sur les bords de la Fish river, 7 morts, plusieurs blessés. Combat de Trompetters drift sur la Fish river, le 9 mars, 5 morts, 8 blessés. En Cafrerie, du 2 au 10 avril, 4 blessés ; en mai, 9 tués, mais parmi ces derniers plusieurs étaient peut-être des cotons anglais.
province, c'est-à-dire à partir du lo mai i835, le colonel Harry Smith remplit « ce devoir harassant » en la faisant parcourir en tous sens par de petites colonnes ^
Mais en septembre, lors de la conclusion de la paix, sir Benjamin d'Urban reculant probablement devant les difficultés matérielles de la tâche, se résigna à laisser des Cafres dans le pays, en assignant à chaque tribu un territoire dont il lui interdit de franchir les limites.
Toutefois pour enlever aux chefs la possibilité de préparer une attaque pareille à celle qu'ils avaient si bien combinée en décembre i834, il les plaça sous la surveillance de fonctionnaires anglais, officiers pour la plupart, et fit construire huit forts, dont le plus important, résidence du gouverneur militaire de la province, fut nommé King William s Town, en l'honneur du roi Guillaume IV' (carte 4).
Pour dédommager les colons des pertes énormes qu'ils venaient de subir, il se proposa d'allotir entre eux une partie du Ceded Territory situé entre la Fish et la Keiskama.
Les dispositions prises par sir Benjamin d'Urban ■étaient prudentes: en soumettant à une étroite surveillance ces nègres voleurs, incendiaires et meurtriers, il avait chance d'être informé de leurs futures conspirations et de les pouvoir déjouer. Aussi cette politique reçut-elle, dans la colonie, l'approbation de tous ceux qui n'appartenaient pas au parti missionnaire. Quand, k la fin d'octobre i835, sir Benjamin quitta Grahamstown pour rentrer à Capetow^n, « il emporta avec lui, dit Alexander, la haute estime et l'affection sincère de l'ensemble des habitants, qui lui étaient reconnais-
I. « A more harassing duiy for myself and iroops cannot be imagined. » Sir Harry Smith, Autobiography, II, p. 60-61. a. Sir Harry Smith, Aatobiography, chap. xxxvii et xxxviii.
L'INVASION CAFRE 9a
sants des ordres qu'il avait donnés en qualité de général en chef et de gouverneur, ainsi que de ses grands efforts pour soulager leur détresse, et pour assurer à l'avenir la sécurité de tant de victimes. Il s'y était employé par tous les moyens et souvent même y avait contribué de sa propre bourse*. »
Quand depuis six mois déjà le secrétaire d'État des colonies avait blâmé catégoriquement cette politique, le. Législative Council du Cap, composé cependant en majorité de fonctionnaires eut, le 24 août i836, le courage de l'approuver à l'unanimité. Bien plus, sir George Napier nommé gouverneur en 1837, avec mandat de respecter l'indépendance des chefs cafres, finit par rendre hommage à la valeur du système inventé par son prédécesseur. « Ma propre expérience, dit-il, et ce que j'ai vu de mes yeux m'ont démontré que sir Benjamin d'Urban avait parfaitement raison et que la construction d'une ligne de forts occupés par des troupes était le seul moyen d'établir la domination britannique dans la Cafrerie. »