Alexander, ibid., I, p. 4i
3. « Le souvenir de la panique dont les gens d'ici ont été saisis persistera pendant des années. » Sir Harry Smith à sa femme, a6- 27 février i835. Autohiography^ II, p. 338.
4. « Ayant parcouru 600 milles en six jours à travers les montagnes, par des chemins détestables, monté sur des chevaux de Boers, nourris d'herbe et jamais de grains, j'aurais été capable, en arrivant à Grahamstown de prendre part à une bataille rangée. Chaque jour, je faisais i4 milles à l'heure et je n'eus pas la moindre écorchure à la peau. » Sir Harry Smith, Autobiography , II, p. 16.
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anglais des environs de Port-EUzabeth, Boers enfin, Smith forma une petite armée, prête à entrer en campagne, sur Tordre du gouverneur.
Sir Benjamin d'Urban arriva à Grahamstown le 20 janvier i835, constatant, comme il l'écrivait au secrétaire d'Etat des colonies, que le pays était dévasté, que des maisons, il ne restait plus que les ruines et que « des horreurs inexprimables » avaient transformé en un désert une province fertile. Il organisa les secours en faveur des colons réfugiés dans les villes (la seule Grahamstown en abritait 2 000) et qui avaient perdu tout leur avoir. Un appel adressé à la charité publique dans la colonie et au dehors produisit en quelques mois une somme de 3 787 livres sterling (9^ Sôg. francs).
La fin de janvier*, tout février et tout mars i835, furent employés par sir Benjamin d'Urban et par Harry Smith à refouler vers l'Est les Cafres envahisseurs : tâche malaisée, car ceux-ci, très agiles et bien instruits des accidents du pays, regagnaient le lendemain le terrain perdu la veille. Ils se dissimulaient notamment avec grande habileté dans les fourrés des bords de la Fish river. Le 3i mars i835, sir Benjamin d'Urban franchit la Keiskama, frontière orientale de la colonie depuis 1819, et porta la guerre chez l'ennemi, puis continuant à avancer vers l'Est, il atteignit la Kei le i5 avril. Le colonel Smith alla plus loin encore ; en mai, il poussa une pointe audacieuse en pleine Cafrerie, franchit la
I. Nous n'avons pas à raconter ici, parle menu, les événements militaires de i835, mais seulement à montrer leurs rapports avec rémigration des Boers. On trouvera un récit détaillé de la campagne dans Alexander, Narrative... of a campaign in Kaffîrland in i835. Londres, 1887, t. II, et dans sir Harry Smith, Autobiography, Londres, 1902, t. II. Les lettres de Smith à sa femme, publiées en appendice, sont notamment très vivantes et même amusantes.
L'INVASION GAFRE 89
rivière Bashee et aperçut même la rivière L m ta ta. Le major Dundas avait déjà en 1828 fait une reconnaissance rapide de cette contrée \ mais jamais colonrie anglaise ne s'était encore avancée dans l'Est aussi loin de Capetown (carte 4).
La guerre continua jusqu'au mois de septembre i835. Ce pays accidenté, hérissé de collines, couvert ici de forêts épaisses, et 'là de clairières gazonnées, mais parsemées de bouquets de mimosas épineux, traversé en outre de nombreux petits fleuves côtiers se prêtait bien aux surprises des nègres et très mal à la tactique des troupes européennes. En outre les chefs nègres étaient encouragés dans leur résistance par les marques de sympathie qu'ils recevaient des membres de la Lo/idon Missionary Society. Cependant en septembre, voyant leurs villages brûlés et prévoyant la disette, car ils n'avaient rien pu semer, ils finirent par se lasser et consentirent à faire la paix.
A cette longue et rude campagne, les Boers avaient pris une part importante. Ils étaient venus au nombre de seize à dix-huit cents des cinq districts les plus voisins de la frontière, Sw^ellendam, George, Somerset, Graaff Reinet et Beaufort *. « Les cinq cents Swellen-
I. Malgré cette reconnaissance, la carte de cette région était encore très défectueuse. « My movements were conducted by référence to a very defective map », dit Smith, Autobiographj^ II, p. 53.
a. Alexander et Harry Smith ne sont pas absolument d'accord sur Teffectif des Boers ayant participé à la campagne. D'après Alexander, le nombre en aurait été, le a5 mars i835, de i 699, ainsi répartis entre les districts : George 3 10, Graa S* Reinet 2^2, Somerset 53a, Swellendam 453, Beaufort 63. Narrative, II, p. 39. D'après une lettre d'Harry Smith à sa femme du 17 mars i835, le contingent boer était ainsi réparti entre les quatre divisions de l'armée : i^^ 3oo, a« 750, 3« 25o, 4® 5oo ; total i 800. Autobiography, II, p. 34 1.
damers sont, dit Alexander, de solides gaillards, coiffés de grands chapeaux blancs, vêtus de jaquettes de laine et de pantalons en peau de daim ; ils sont armés de longs fusils de calibre 4 ou 8, et montent des chevaux qui trottent l'amble. Leur commandant est un beau vieillard de soixante-quinze ans, actif et solide, nommé Lînde, qui cinq fois déjà a fait la guerre contre les Cafres de la frontière. » Les Boers étaient généralement venus avec deux chevaux ; ils montaient l'un, tandis^ que l'autre, tenu en main, portait une peau de mouton, quelques vêtements de rechange et du biltong ou viande séchée.
Beaucoup d'entre eux étaient suivis d'un petit serviteur hottentot* nommé achter ridjer, qui, perché comme un singe sur un troisième cheval, portait le fusil pendant les marches et le passait à son maître, quand celui-ci voulait descendre un Cafre ou une pièce de gibier^.
Tous ces Boers n'étaient pas également courageux, dit Harry Smith ; « ils regrettaient l'époque où les Cafres n'étaient armés que de sagaies, c'était le bon temps des commandos ; mais maintenant qu'ils ont quelques fusils dont d'ailleurs ils se servent fort maladroitement, monsieur devient poltron. Il y avait cependant parmi eux de braves compagnons^ », tels que ce
I. Le petit serviteur hottentot faisait partie intégrante de la vie des Boers. Chacun avait le sien. Ainsi, dans les textes relatifs à la rébellion de Slachters Nek, il est question d'Hendrik Kees, âgé de II à 13 ans, qui est le « hottentot » de Gornelis Faber, de Gobus^ le « hottentot » de Diedrik MuUer, de Hans, le « hottentot » de Johannes Bezuidenhout, etc.. Leibbrandt, The rébellion of i8i5, p. 485-87.