I. Alexander, Narrative, II, p
que « son expérience lui avait démontré la nécessité d'une politique tout à fait différente de celle qu'il avait désirée et projetée* », les missionnaires et leurs partisans étaient devenus ses ennemis déclarés. Perfides et de mauvaise foi, ils trouvaient matière à griefs dans ses ordres les plus rationnels. Il opprimait, disait-on, les soldats hottentots, parce qu'en mai i835 il les avait conservés sous les armes, tandis qu'il avait licencié les Boers pour leur permettre d'aller ensemencer leurs terres. Pour contraindre les Cafres à se soumettre, il faisait détruire leurs silos à grains, et on lui reprochait de les affamer^. Mais le thème favori des amis des nègres consistait à représenter ceux-ci comme se défendant légitimement contre les agressions des colons^. Quelques-uns de ces derniers ayant gagné quelque argent en fournissant les' uniformes des soldats hottentots, on alla même jusqu'à dire qu'ils avaient déchaîné la guerre pour provoquer des dépenses militaires et s'enrichir. En janvier i835, lors de la grande détresse des colons, The Cape commercial advertiser, le journal du parti missionnaire, affectait de n'y pas croire et raillait même leur prétendue misère.
La politique de ses adversaires et ses conséquences fut très nettement exposée par sir Benjamin d'Urban, dans une réponse qu'il fit à un groupe de colons qui lui remirent le 17 août i835 une adresse de félicitations.
Je reconnais, dit-il, non sans un pénible ctonnement,
1. Alexander expose d'une façon très intéressante le changement qui s'est produit dans Tesprit de sir Benjamin d'Urban relativement aux nègres. Narrative, II, p. i54. Gomme cet officier a vécu plusieurs mois dans l'intimité du gouverneur, son témoignage est précieux.