Alexander, Narrative, II, p
L»INVASION GAFRE 97
de service colonial. Sir Benjamin, qui avait du caractère et osait prendre des responsabilités *, employa conjointement les deux corps, au lieu d'embarquer le 98® pour TAngleterre, mais c'était de sa part une grosse incorrection administrative.
Le 26 décembre i835, lord Glenelg lui adressa une dépêche dans laquelle il prenait nettement le parti des Cafres contre les colons, et ordonnait 1 évacuation de la nouvelle province. « La conduite des colons et des fonctionnaires de la colonie vis-à-vis de la nation cafre depuis une longue suite d'années, disait-il, justifie amplement leur attaque de l'année dernière, si imprudente qu'elle ait été... Poussés à la vengeance et au désespoir par les injustices systématiques dont ils ont été les victimes, je suis forcé d'admettre, quoique à mon corps défendant, qu'ils avaient parfaitement le droit de tenter, même sans espoir, d'obtenir par la force ce qu'ils ne pouvaient pas espérer obtenir autrement. » Lord Glenelg ordonnait ensuite de reporter la frontière orientale de la colonie à la Great Fish river et ruinait par conséquent tout le système de défense établi par sir Benjamin d'Urban : « Il faut abandonner la souveraineté sur la nouvelle province, bornée par la Keiskama et la Kei. Elle repose sur une conquête provenant d'une guerre dans laquelle, autant que j'en puis juger, la justice est du côté non des vainqueurs, mais du vaincu. ».
Lord Glenelg annonçait en outre que les districts de l'Est de la colonie formeraient une circonscription administrative autonome, qui serait administrée par un
1. Le 3i décembre i834« au moment où Harry Smith, partant pour Grahamstown, prenait congé de lui, sir Benjamin d'Urban lui <lit : « Vous m'avez bien compris. Comptez en toute occasion sur mon appui, je suis parfaitement résolu à supporter toutes les responsabilités. » Sir Harry Smith, Autoblography, p. 12.
lieutenant gouverneur ; qu'en cas de vol de bétail, les chefs de tribus indigènes seuls seraient responsables, mais non les communautés (ce qui équivalait à empêcher les représailles des vols commis sur les colons) ; qu'aucun Européen, sauf les missionnaires, ne serait autorisé à s'établir à l'Est de la Fish river ; qu'enfin, pour prévenir les injustices auxquelles les Cafres étaient exposés, il allait soumettre au Parlement un acte donnant la faculté aux tribunaux de connaître des offenses commises par les sujets britanniques au préjudice des Cafres ^
Suspicion à l'égard des colons, confiance illimitée dans les vertus des Cafres, rigueurs pour les premiers, faveurs pour les seconds, voilà comment se résumait en i835 la politique de lord Glenelg, secrétaire d'État des colonies. « Comme le disait sirHarry Smith, les espérances de paix et de tranquillité s'évanouissaient..., la sauvagerie était rétablie dans toute sa plénitude*. »
Nous tenons cette dépêche du 26 décembre i835