‹ L'expansion des Boers au XIXe siècleChapitre 5 sur 241 · I. Annual register, 1795, p · texte numérisé non relu

I. Annual register, 1795, p

premiers coups de canon, le colonel De Lille et ses troupes s'enfuirent. Le général Craig, à la tête de 1.600 homnies, s'empara de la position. Le lendemain, 9 août, les Anglais continuèrent à avancer et mirent de nouveau le colonel De Lille en fuite, mais ils furent arrêtés par les colons (carte i).

La possession de ce point constituait un grand succès, il assurait la route du Cap. Résolument défendu, ce défilé de Muizenberg, que le voyageur John Barrow qualifiait de (c Thermopyles du pays », aurait pu longtemps arrêter les Anglais. Les officiers qui ont étudié la topographie des environs du Cap en ont reconnu la grande importance stratégique. « Si l'ennemi débarque sur le rivage de False bay, lit-on dans un mémoire militaire anonyme, probablement composé à la fin du xYin*" siècle, on a pour l'arrêter la position de Muizenberg, où la montagne serre de si près la plage qu'elle présente un défilé très étroit, que l'on peut occuper par une forte batterie fermée à la gorge et soutenue par de l'infanterie placée en arrière sur la croupe de la montagne* ». Après la conquête, les Anglais, plus avisés que les Hollandais, s'empressèrent de mettre Muizenberg en état de défense (carte i).

Bien que le général Craig ait reçu le 9 août, du gouverneur anglais de Sainte-Hélène, Brookç, im renfort composé de 893 hommes et de 9 pièces d'artillerie'.

1 . Reconnaissance militaire de la ville et de la presqu'île da Cap de Bonne-Espérance, par le « Directeur des fortifications ». Bibliothèque nationale mss. Fonds français n» 12221, fol. 5. — Gonway avait déjà insisté sur l'importance de ce défilé. Observations à soumettre à M. le marquis de Bussy» service hydrogr. de la marine. Archives, vol. 83, pièce 16.

2. H. G. V. Leibbrandt, Rambles through the Archives of the Cape of Good Hope. Le Cap, 1887, p. 189-90.

le reste du mois ne fut marqué par aucun progrès ■décisif; il essaya une fois de plus, mais en vain, •d'obtenir de Sluysken une reddition volontaire.

Au début de septembre, les colons prirent même l'offensive et attaquèrent les Anglais le i®*" et le 3. Mais pendant la durée même de ce dernier combat, une flotte anglaise de quatorze navires apparut sur la haute mer. Elle portait 3 ooo hommes de troupes commandés par le général Alured Clarke, et son arrivée devait, en moins de quinze jours, rendre les Anglais maîtres du Cap*.

Le 4 septembre, elle mouillait dans Simon's bay et jusqu'au i4, le général Clarke débarqua, à loisir et sans être inquiété, ses régiments, son artillerie et ses vivres. Le i4 septembre, pendant que l'amiral Elphinstone envoyait trois vaisseaux faire une diversion dans la baie de la Table, toute l'armée se mit en marche. Les Anglais rencontrèrent l'ennemi en un lieu nommé Wynberg. Comme dans les précédentes affaires, les troupes régulières lâchèrent pied immédiatement, tandis que les colons, et notamment un groupe commandé par un certain Duplessis, évidemment d'origine fran- <;aise, opposèrent une résistance qui provoqua même l'admiration des officiers anglais. Dès cette rencontre, Clarke remarqua la portée des fusils, des Boers, qui devaient, dans les guerres futures, si durement éprouver les troupes anglaises ; mais à eux seuls les colons ne pouvaient pas sauver la colonie.

Le Conseil de gouvernement se réunit au Cap dans la soirée du i4 ; estimant que la ville n'était pas en état de résister à un assaut, il décida de capituler. Un projet de traité communiqué au général Clarke et à l'amiral

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