‹ L'expansion des Boers au XIXe siècleChapitre 69 sur 241 · I. — Les coBiBATS de i836 et de iSSy · texte numérisé non relu

I. — Les coBiBATS de i836 et de iSSy

Il y eut, pendant les années i836 et 1887, cinq rencontres entre les Boers et les Matabélés : dans les deux premières, à la fin d'août i836, les Boers furent surpris et très maltraités ; dans la troisième, qui survint en octobre i836, ils repoussèrent l'ennemi, mais subirent des pertes matérielles importantes ; ils furent vainqueurs dans les deux derniers combats livrés en janvier et novembre 1837 et réussirent finalement à expulser les Matabélés du pays.

A la fin d'août i836, plusieurs groupes de Boers, notamment celui de Stephanus Erasmus et celui de Barend Liebenberg, étaient dispersés au Nord du Vaal. Un soir, Stephanus Erasmus, qui avait passé la journée à la chasse avec l'un de ses trois fils, aperçut au retour ses cinq chariots entourés par cinq ou six cents Matabélés. Ses deux autres fils, ainsi qu'un compagnon, avaient été tués ; un autre Boer avait disparu. Erasmus eut le temps de donner l'alarme à un groupe d'émigrants campé à une distance de cinq heures de cheval. Ils rangèrent immédiatement les chariots en cercle, comme ils avaient depuis longtemps pris l'habitude de le faire dans leurs guerres contre les Cafres et derrière cette fortifi-

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cation improvisée résistèrent victorieusement à Tassant des Matabélés^ Mais les cinq chariots appartenant à Erasmus furent emmenés à Mosega, où Cornwallis Harris les vit plus tard^.

Vers la même époque une autre troupe de Matabélés attaqua le camp de Liebenberg. La famille fut en partie détruite: Barend Liebenberg, ses trois fils, Stephanus, Hendrik et Barend Liebenberg, son gendre Johannes Du Toit, sa fille, sa bru, quatre petits enfants, un précepteur nommé Macdonald furent massacrés ; trois enfants furent emmenés, prisonniers^. Ces deux attaques coûtèrent aux Boers dix-neuf des leurs, soit quinze morts et quatre disparus*.

Un guerrier matabélé nommé Lingap, qui avait participé à l'attaque des chariots d'Erasmus, exprimait deux mois après à William C . Harris la forte impression que cette journée lui avait laissée : « Ses yeux brillaient quand il parlait du plaisir qu'il avait éprouvé en sentant sa lance entrer dans la chair d'un blanc. Saisissant sa sagaie et joignant le geste à la parole, enfoncer là-dedans, disait-il, était si aisé, en comparaison de la peau coriace d'un noir, qu'il aimait mieux percer un Boer que manger un morceau de bœuf du roi ^. »

Hendrik Potgieter apprit ces événements en revenant de son exploration vers le Nord ; supposant prochaine

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