ZANZIBAR ET AFRIQUE ORIENTALE ANGLAISE
n protectorat sur Zanzibar, accaparera s grande partie du commerce de l'Afri-
L 'Angleterre, ayant n vraisemblablement la plus que orientale.
Cette île, au sol privilégié, dont le port (Zanzibar) est excellent, a une population do 200,000 habitants, dont 80,000 dans la ville. Un câble télégraphique la relie avec Aden, Mozambique, et le Cap. La plupart des grandes puissances (France, Angleterre, Allemagne, Étals-Unis) y ont des consuls. C'est le futur siège du bureau maritime international, prévu pour la répression de la traite (acte de Bruxelles, art. 15).
Le port de Zanzibar, aux mains de l'Angleterre, jouera un rflle analogue à celui de Hong-kong sur les eûtes d'Asie, et deviendra la capitale commerciale de l'océan Indien. II a été décrété port franc (IBI février 1892).
Le pays de protectorat anglais borde la côte, depuis la rivière Vmba jusqu'au lleuve Djouba; ses limites méridionales sont fixées par le traité de Berlin (lBCjuillet 1830) avec l'Allemagne, et ses limites septentrionales par les conventions des 23 mars et 15 avril 1891 avec l'Italie (cours du llcuvo Djouba jusqu'au 6° latitude nord, ce parallèle jusqu'au 35° longitude est Greenwich (32° 40' est de Paris) et ce méridien jusqu'au Nil Bleu).
L'Ounyoro, VOugnndn, et le Svutkm égyptien font donc partie de la zone d'inlluence anglaise.
Une Compagnie à charte (British East-africain Company) s'est constituée pour exploiter ces immenses territoires. Le chef-lieu est le port de Homoassa, dont la population a doublé depuis un an, et qu'un câble relie à Zanzibar. On a commencé [août 1890) un chemin de fer à voie étroite, entre Mombassa et le lac Victoria.
La principale station intennéiliain} Miwk'iko a été fortifiée et fortement occupée; un corps de 300 hommes environ (ludouset Soudanais) parait suffire pour assurer la sécurité entre la cote et le lac Victoria.
Le3 travaux de colonisation ont commencé : le territoire de Witou est peuplé, peu à peu, avec des colons indiens. Il est très f
tïle et traversé par la rivière Tatia, navigable, parall-il, jusqu'à Massa (400 kil. de l'embouchure environ). La Compagnie a racheté un certain nombre d'esclaves, qui doivent être déJinUi vonicut émancipés en 1890, et qui, en attendant, travail I tint pour son compte.
Mais les territoires dont Allemands et Anglais cherchent surtout à attirer le commerce sont ceux de l'Ouganda et de VOunyoro. Les débuts des Anglais n'y ont pas été heureux. L'arrivée dans ces régions des agents de la Compagnie anglaise y a suscité, en effet, les plus déplorables conflits.
Le roi de YOunyoro, qui refusait de reconnaître la suprématie anglaise, fut vaincu et chassé. Les missionnaires français (Pères blancs) avaient créé, dans l'Ouganda, quelques iHablis^eineuts prospères et jouissaient d'un grand crédilprèsdu roi Mouanga.
Les agents de- la Compagnie britannique trouvèrent dans l'Ouganda des stations de missionnaires catholiques (/tou&rtya, Kisoubi, Easoki, Loabongo, lie de Boulago, Bougama, et Notre-Dtim?-da-Bt>n-Seu)itri, dans l'île Sessé), sous la direction d'un évéque (M«r Hirth), et des stations protestantes à Roubaga, llasaka.
Le roi de l'Ouganda, Mouanga, et la majorité de son peuple s'étaient déclarés catholiques1; une autre partie s'était déclarée protestante; une très faible minorité restait musulmane. Ces diverses fractions de la population formaient, en réalité, trois partis politiques. La minorité protestante adopta comme signe do ralliement le drapeau de la Compagnie anglaise. Les agents anglais (capitaines Williams et Lugard) les soutinrent; les agressions se multiplièrent contre les catholiques et restèrent impunies; la personne du roi fut menacée.
Celui-ci ût, néanmoins, sa soumission à la Compagnie anglaise, mais refusa d'arborer le drapeau britannique, dont les protestants avaient fait leur bannière religieuse. Les agents anglais soulevèrent alors contre lui ses sujets protestants et leur distribuèrent des armes.
La révolution éclata le 24 janvier 1893; les catholiques furent battus, grâce aux armes anglaises; les missionnaires français fureut dispersés ou faits prisonniers, les missions incendiées, la population catholique en partie massacrée ou réduite en esclavage. L'évèque trouva un refuge sur le territoire allemand (à Boukoba) *.