On les di^sÎL'uuit soub le nom de Français
ï. Une dcniiiNilr ilViiqui'U' :\ ■. ■ t ■ '■ iiJi'ijjsée ,i l'Angleterre par le gouvernement frauçuia (avril 1892).
Le roi, avec ceux de ses sujets catholiques qui avaient pu fuir, se réfugia dans le Bouddou (rive droile de la rivière Katonga, tributaire du Victoria-Nyanza).
Les agents de la, Compagnie anglaise entrèrent alors en pourparlers avec Mouanga et lui imposèrent un traité (avril 1893), aux termes duquel les catholiques doivent, pendant un minimum de deux années, rester dans le Bouddou, où le drapeau anglais sera arboré; la Compagnie britannique se réserve le droit d'y faire circuler ses agents et d'y fonder des établissements.
Mais les frais occasionnés par les événements de l'Ounyoro et de l'Ouganda ont épuisé les ressources de la Compagnie anglaise, qui a déclaré n'être plus en mesure d'occuper ces réfiions. Elle avait déjà songé à les abandonner (février 1892), mais les missions protestantes lui accordèrent un secours de 370,000 francs, à la condition qu'elle n'évacuerait pas !e pays avant un an. Ce délai touchant à sa fin, le conseil d'administration a déclaré maintenir son projet d'abandon. Le gouvernement britannique, estimant que l'évacuation immédiate plongerait le pays dans la plus effroyable anarchie, a décidé d'accorder a la Compagnie une subvention (323,000 fr.), lui permettant de reculer l'évacuation jusqu'au 31 mars 1893. 11 est certain que l'abandon de l'Ouganda serait fort nuisible au prestige de l'Angleterre dans l'Afrique équatoriale.
On peut, en Europe, faire une distinction entre le gouvernement anglais et la Compagnie anglaise de l'Afrique orientale. Mais, pour [us indigènes, la retraite di; la Compagnie équivaudrait à une retraite île l'Angleterre. Il est douteux que le gouvernement anglais y consente volontiers.
PAYS DES SOMALI
l région volcanique de l'Abyssinie et du Kalfa se relie avec les s volcaniques du Kénia et du Kilimandjaro par une double raugée de volcans, dont quelques-uns sont encore en activité.
Ces volcans forment les reborda d'une grande dépression alignée du nord au sud, dont le fond est occupé par des lacs sans écoulement, de grandeur variable, et encore à peine explorés (expédition autrichienne du comte Telekiet du chevalier von Hohnel, 1881-1888).
Ce sont : le lac Rodolphe (8,000 kïL car.), dont l'eau est potable, quoique légèrement salée; — le lac Stéphanie (t ,000 kil. car. — altitude 582 m.}, a l'est du lac Rodolphe; les lacs Barintjo et Naîvacha, au sud des précédents, de dimensions plus faibles.
Le lac Rodolphe reçoit, sans doute, la rivière Omo, qui vient du Kalfa, et dont le cours supérieur a été seul exploré (mission Borelli).
A l'est de la chaîne volcanique qui va du Kaffa au Kéuia, s'étend, jusqu'au cap Guardafui, la presqu'île triangulaire des Somali, où l'on rencontre aussi des traces d'activité volcanique, mais d'une époque beaucoup plus ancienne.
La partie occidentale de la presqu'île {Haoud ou pays sans pierres) est couverte d'herbages. La pointe orientale est aride et pierreuse [Nogal ou pays pierreux).
Entre le3 deux, s'étend le plateau d'Ougadine (altitude moyenne 1,000 m.) couvert, après Ie3 pluies, d'une verdure éphémère, et à pAB prés désert.
La côte de l'océan Indien, bordée de dunes, est inhospitalière.
Les pluies sont très irrégulières. Par les sécheresses, les rivières sont à peu près u sec; elles débordent à la suite des averses. Des nappes d'eau souterraines existent, du reste, à peu près partout, à une faible profondeur.
La ligne de partage des eaux n'est guère qu'à une centaine de kilomètres de la côte méridionale du golfe d'Aden.
Les seuls cours d'eau importants coulent donc vers l'océan Indien.
Ce sont ; le Onehi Doboi, appelé, dans la partie supérieure de sou cours, Ouebi Chebeyli. qui se perd dans les sables à quelques kilo-
mètres de l'océan Indien ; sa vallée inférieure serait populeuse, bien cultivée, riche en bétail; Barri est le centre le plus important;
le Ganana ou Djouha, au cours très réduit par l'évaporation, mais navigable cependant pour les embarcations légères.
La presqu'île des Somali est habitée : à l'ouest, c'est-à-dire dans la partie la plus fertile, par les Gtilia, belle population, au teint bronzé et a la longue chevelure; ils sont agriculteurs et éleveurs; — à l'est et sur les eûtes septentrionales, par les DanaluI et les Somali, pasteurs misérables, de race noire. Les uns et les autres sont musulmans. Les Galla sont assez accueillants pour l'étranger. Les Somali et Danakil sont pillards et féroces; ils ont massacré plusieurs expéditions (von der Decken, etc.).
Les Italiens ont pris pied sur le rivage oriental de la presqu'île des Somali. A la suite d'un traité passé avec le sultan d'ilopia (1889), ils sa sont attribué les cotes, depuis le cap Bédouin jusqu'au [las Aouard; ils voulurent, plus tard, s'étendre encore vers le sud, mais ils se trouvèrent alors en conflit avec la Compagnie anglaise de l' Afrique orientale, qui avait déjà obtenu du sultan de Zanzibar l'eiploilalion des ports de Kismaynu, Braoua, Merkti, ifougdischa, Ouurdm-kk.
Un accord intervint entre les deux gouvernements (conventions des 23 mars et JS avril 1801).
Une ligne de démarcation fut tracée (voir plus haut), la Compagnie anglaise de l'Afrique orientale se réservant, d'ailleurs, le droit de poursuivre ses entreprises dons la zone attribuée à l'Italie.
L'Italie voit ainsi, compris dans son lot, le riche pays de KalTu, au sud de l'Abyssinie, et celui des Galla, tous deux bien arrosés et dont le climat parait favorable aux Européens.
Le territoire d'Hopia, la vallée de l'Oucbi Doboï, présenterùsol aussi des ressources pour l'exportation (peaux, tapis, gommes, encens, etc.).
L'Italie trouvera-t-elle dans ces régions une colonie d'exploitation ou une colonie de peuplement pour les milliers d'émigranls qui, chaque année, chassés par la misère, vont chercher du travail en France, en Algérie, dans les ports de la Méditerranée, et daus la République argentine? On ne doit pas oublier, en tout cas, qu'au début de toute entreprise coloniale, d'importantes avancos t" taux, sont indispensables.
Aspect d'ensemble.
L'Afrique australe comprend les parties méridionales de l'Afrique, au sud du 10° degré de latitude sud.
Entre l'embouchure de la Couauza (versant de l'Atlanlique) et celui de la Rovouma (versant de l'océan Indien), sur le 10° degré de latitude sud, la distance est, à vol d'oiseau, d'environ 2,900 kit. ; c'est la partie la plus resserrée du continent africain. Le sommet d'un triangle équilatéral construit sur cette base, se trouve sur la côle orientale, à East-London, à 800 kil. à l'est du cap de Bonne-Espê-
La partie nord de cette région est creusée par le bassin du Zambèze.
Le centre comprend un vaste plateau désert d'une altitude moyenne de 1 ,200 m., soutenu par des murailles d'une altitude moyenne de 1,600m. env.: à l'ouest, 2,3l>0m. au mont OmataAo (18° 30' lat. sud); ii l'est, mont Doé, 2,400 m. (20= 20' lat. sud).
Au sud, le rempart moutagneuï formé par les chaînes des Nîeuwcveld et du Drakonberg, est plus -élevé, 2,000 m. a 2,500 m. en moyenne (mon! aux Sources, 3,000 m., dans la cliainedu Drakentierg, aux sources du fleuve Orange ; Coinpastbt:rg, 'i.liO m.; sommets des îiieuwevdd, 2,500 m. à 2,600 m.)
Parallèlement aux Wieuweveld , dont elles sont séparées par le désert de Karrou (800 m. à 900 m.), se dressent les avant-cbalnes des Zwarte-Berge et des Witte-Berge (montagnes noires et montagnes blancbes).
Les eaui du plateau austral se réunissent en partie dans la cuvette du lac Ngami ; une autre partie s.' écoule : à l'est, par le Zamiéze, par le Limpopo , et par d'autres rivières plus courtes ; à l'ouest, par un grand nombre de cours d'eau peu connus, dont les principau.v sont : la Couanza, le Counene, le Gariep ou lleuve Orange.
Au nord du lleuve Orange, qui traverse, de l'est à l'ouest, dans toute sa largeur, à une dislance moyenne de 300 kil. du Cap, la
pointe méridionale de l'Afrique, s'étendent les vastes solitudes du désert de Kalahari.
On reconnaît une certaine symétrie entre les régions naturelles du sud et du nord de l'Afrique, à môme distance de l'équaleur ; mais l'Afrique australe, étant de moitié moins large que l'Afrique septentrionale, est plus influencée par le voisinage des mers, et son climat est moins extrême.
Aux savanes du Soudan correspondent, comme nous l'avons dit, les savanes du Zambèze ; au désert sablonneux et pierreux du Sahara correspond le désert de Kalahari ; aux montagnes et à la zone tellienne de la Berbérie, correspondent les montagnes et les terres cultivables du Cap.
Nous avons distingué dans l'Afrique australe :
1° Le Versant oriental, comprenant le bassin du Zambèze auquel se rattache le bassin fermé du lac Ngami et les côtes du Mozambique ;
2° Le Versant occidental, depuis la Couanza jusqu'au fleuve Orange, beaucoup moins étendu que le précédent;
3° La Région du Cap, au sud du fleuve Orange.