II. —RÉGION DU CAP
a Région du Cap se limite naturellement au nord par las cours du fleuve Orange el de son affluent le Waal.
Au sud et à l'est des chaînes qui soutiennent lea plateaui du Bechouanaland, s'étend la région col.ière de la colonie du Cap, dont lea caractères rappellent ceux de la Berbérie, et qui produit, comme le Tell algérien, des céréales et du Tin.
Le plateau désert de Karrou, entre les monts Nieuweweld au nord et les Zwarte et Witte Berge au sud, ne Teçoil que très peu de pluies ; la végétation y est rabougrie. Certains districts sont cependant assez bien arrosés par des sources nalurelles (fonteins) ou par des puits forés comme en Algérie. C'estsurlou! une région d'élevage : bœufs, moutons, chevaux, et autruches (1 HO, 000 en 1889).
Les éleveurs franchissent même, peu à peu, lea monts Nieuweveld et créent des établissements dans le bassin du fleuve Orange et dans !e Belchouanaland, attirés dans ces contrées par la clientèle, toujours grandissante, des mineurs du (iriqualand et du Transwaal.
Le climat, quoique chaud, est très salubre, grâce aux brises ordinaires. La moyenne de l'année, au Cap, est de 16"; le maiimum, 37"; le minimum, 4° environ. Les brumes sont fréquentes.
À l'est, les eûtes du Cap, de la Cafrerie britannique (Transitai), du Pondoland, de Natal, du Zoulouland, sont baignées par un courant chaud, qui vient de l'équateur par le canal de Mozambique. Aussi la végétation, au lieu de rappeler, comme au Cap, celle de l'Europe méridionale, présenle-t-olle le earaelère équatorial (mangliers, bananiers, bambous, etc.). Ces cotes sont soumises a de violents orages et a des pluies torrentielles, pendant les mois d'été.
La population indigène de la région cCiliére appartient à diverses variétés de la race cafre. Elle est énergique et vigoureuse, comme la population indigène de la Berbérie, et, comme elle, s'accroît sensiblement. Contre 2 ou 3 millions d'indigènes, on ne compte guère que 400,000 Européens, dont un tiers au plus d'origine anglaise.
Parmi les indigènes, les Zuulous sont les plus intelligents et les plus belliqueux. Ils vivent surtout d'élevaire el un peu d'agriculture. Tous guerriers, sous l'autorité absolue du roi, ils formaient une monarchie militaire capable de mettre sur pied de guerre plus de 00,000 guerriers. On verra plus loin que les Anglais ne purent les réduire qu'après les plus vntmls elforts.