‹ L'expansion européenneChapitre 115 sur 160 · Env. 3,000 bestiaux abattus et exportés chaque année · texte numérisé non relu

Env. 3,000 bestiaux abattus et exportés chaque année

2. MM. Legros, qui construisit les principaux édifices de Tananarive; Laborde, fondateur d'établissements industriels considérables près de Tananarive, etc.

plusieurs pointa de la cûte nord-ouest, notamment Majunga. — Lutte d'iullucnce entre les missionnaires catholiques et anglicans. — Les Français établis daBi l'île sont contraints de partir.

1S61-18G2. — Radama 11; — les Étrangers, et en particulier les Français, retiennent et créent d'inipoi tmils établissements1. Kadama II Étranglé à la suite d'une conspiration du

lSOi-lStîO. — La reine RosoaheTina, qui lui pueré.da, se montra moins favorable k l'influence française. Cependant le traité du 4 août 1SG8 reconnut aux Français le droit de possédera bail perpétuel des Meus de toutes espèces, et à se livrer à toutes opérations industrielles et commerciales.

1S69-1883. — La reine Ranavalo II2, qui succéda a Rosoaherina, parut d'abord mieus disposée pour les Européens; mais elle embrassa le protestantisme, et l'influence des méthodistes anglais devint pn-pn» déraille; elle ne tarda pas à se manifester contre la France.

Opérations militaires •■mitre Madagascar (1881-1885).

En 1881, le gouvernement hova, en violation du Irailé de 1868, refusa de mettre les héritiers de .M, Laborde. qui avait fondé des établissements dans l'Ile, en possession de sa succession. Pou après, le consul de France à Tananarive était menacé et obligé de se réfugier àTamalave; Majunga était occupé par lesllovas.

Le capitaine de vaisseau le Timbre fit abattre le pavillon Lova a Majunga ; sa fermeté en imposa au gouvernement malgache, qui envoya une ambassade à Paris (octobre 1SS2). Mais, les propositions étant inacceptables, l'amiral Pierre bombarda et occupa Majunga, puis il adressa un ultimatum :i Tananarive (lor juin 1883). Les Hovas ne s'y étant pas soumis, Tamatave fut également bombardé et occupé.

La politique du gouvernement français se montrait alors assez indécise au sujet de la continuation des hostilités; cependant le parlement, ayant manifesté son intention de faire respecter les anoiefll droits de la France, la flotte détruisit ou occupa plusieurs autres

1. M. Lambert, associé de M. Laborde, prit une très grande iuHm-no

sur le roi Riidamu 11. 11 portait le titre de duc d'Émyrne et irait, ,i ;

ainsi dire, h? monopole de loulus les entreprises industriel].'* et aini'.vd»

2. 11 est dans les traditions que le premier ministre est l'épuui de h reine et gouverne eu son doux.

ports Je lacùte orientale : Fénérife, Vohémar, Ambodimadiro, dans la baie de Passandava; etc.

Cependant, la guerre traînait on longueur; Tamatave était cerné de très prés par les forces ho vas, que dirigeait un officier anglais, le général Willoughby. Les effectifs dont on disposait étaient manifestement insuffisants, mais, à celte époque, de nouvelles complications surgissaient au Tonkin, et l'on décida d'en terminer le plus prowptement possible avec la question de Madagascar.

Les négociations furent reprises et aboutirent au traité du 26 février 1886 (conclu par l'amiral Miot et M. Patrocinio). La France reconnut la souveraineté des (lovas sur l'Ile tout entière, abandonnant ainsi les intérêts des tribus sakalaves et autres. Elle acquit, pour ses nationaux, le droit de résider, circuler et faire librement le commerce dans l'Ile, et la faculté de louer des terres pour une durée indéterminée, sans tûulrfuk pouioir jamais en devenir propriétaires'.

Elle acquil la pleine possession de la baie de Liego-Suarez et dut recevoir une indemnité de guerre de 10 millions de francs.

Enfin, il fut convenu que les relations du gouvernement de Madagascar avec les puissances étrangères seraient réglées par l'intermédiaire d'un résident français; mais la France n'exerce pas, en réalité, de protectorat politique sur le gouvernement bova; l'expression de protectorat n'est pas insérée dans le trailé. 11 en est résulté que les inlrigues hostiles menées par les missionnaires anglais n'ont pas pris fin, et qu'en dépit des droits reconnus à la France par la Grande-Bretagne (convention du 5 août (890), l'influence française est toujours battue en brèche par ses anciens adversaires a.

Le gouvernement hova est absolu. Le premier ministre, époux de la reine, est seul mallre. Tous deui embrassèrent le protestantisme en 1869; les personnages importants ont, pour la plupart, suivi cet exemple. L'instruction a été rendue obligatoire; les missionnaires ont fondé des écoles et des journaux ; mais ces moyens de propagande sont, en grande partie, utilisés contre l'influence française.

1. Le traité du i août 1868 reconnaissait aux Français le droit de propriété, li est â remarquer que le ^ouvr.'nii?iii''!it hov:i a conservé la facilité d'accorder aux étrangers des autres natious les mêmes avantages qu'aux Français. Il eo a, d'ailleurs, profité.

2. L'Allemagne a également reconnu les droits de la France. Depuis cette époque, i'atlitn<tfi de l'Anylelern- et <]>-• l'A IK'i inique a été fort correcte, et leurs consuls s'adressent au réskient yéaêral français, pour les de-

' lement des affaires politiques.

mta&età'exequattir et pour le réglcn

La capitale esl Tananartve, 00,000 liab. (ait. 1,300 m.).

Les porls les plus importants sont : sur la côte occidentale, Majunija (8,000 liab. env.), avec un mouillage très sur; et sur la côte orientale, Tamalave (env. 10,000 hab., dont un dixième européens), point de départ de la route de Tananarive (200 lril. env.).

Les transports se font à dos d'hommes, même sur la route de Tananarive àTamalave, de sorte que leur prix dépasse, le plus souvent, la valeur des marchandises.

L'objectif que doit se proposer la France est la mise en valeur, sous son influence et à son profit, des richesses agricoles et minières de l'île entière de Madagascar, l'our atteindre ce résultat, il faudra attirer des capitaux et développer la main-d'œuvre par l'immigration de travailleurs noirs; il faudra surtout, tût ou tard, obliger les Hovas à reconnaître notre autorilé, et ce résultat ne pourra, sans doute, être obtenu que par une action militaire énergique'.

Le gouvernement hova reste lihre d'accorder ou de refuser des concessions de terres. Il n'observe pas, le plus souvent, la clause qui l'oblige à passer par l'intermédiaire du résident français, pour ses relations extérieures. II peut, h sou gré, acheter armes et munitions de guerre, et use de cette liberté, etc. Néanmoins, des tribunaux français viennent d'ÊIre créés à Ta mata ve et h Majunga; le calme règne dans l'Ile, et la situation des quelques négociants el industriel.s européens-, Angl.-iis et Allemands pour la plupart, établis il Madagascar, est assez prospère".

Die {Ço-S h ar ez .

Diego-Suarez est une rade magnifique, profonde d'une trentaine de kilomètres, et dont le circuit en mesure 80. Son entrée, large de? 3 kil. environ, el encore rélrécie par un Ilot (l!ol de la Lune), est facile à défendre. A l'intérieur, on trouve 5 à 6 rades secondaires».

1. Les (lovas pourraient mettre en ligne, peuse-t-on, une quai'iutinnîle mille boulines ;i peu prés cuciiilrés, dégrossi» par des instructeurs^ européens, et armé.; de li.irils ri tir rapide, avec quelques canons.

il. L'un 'W pniicijuui él.ililissrineiil.s industriels ': st celui d'un Français, M. Suliei'liie. qui exploite les miues d'or de la côte nord-ouest à—

^ubertiieville (entre Miijunga et Tananarive). — Le débouché des pro

ilnils i'-i .Majiiuyn; 1rs Iniusports se fout pur mu, sur ITkopii inférieurs prolongée par la Belsiboka.

3. Le commerce y est en sensible progrès. (Total des impur! exportation s, 70 millions environ eu 1S00; 2:i millions en 1880.)

BYec des fonds considérables à proximité du rivage, car les montagnes plongent directement dans la mer.

T.a baie de Diego-Suam serait donc une excellente base d'opéralions pour une Hotte.

Le climat y est chaud, mai* plus sain qu'à Tamatave ; aussi est-on en droit d'espérer le rapide développement de celle petite colonie, dont le chef-lieu esl Antsirane. La populaliun totale était d'env. 14,000 bab. en 1682. Kl!c augmente sensiblement par l'arrivée de nombreux Sakalaves, qui fuient lu doiuinatiou hova.

Petites îles.

La France possède plusieurs petites lies à proximité des côtes de Madagascar. Ce sont :

Sainte-Marie a 6 ki!. de la côte nord-est {50 kil. de longueur sur 3 de large), 800 hab., occupée depuis 1842, fertile, mais malsaine, sur Je littoral ; chef-lieu l'url-Loitis;

Nosy-Bé, Nosy-Mitsion, etc., Ilots volcaniques a une trentaine de kil. de la côte nord-ouest, cédés à la. France en 1841 par la reine des Sakalaves.

Nosy-Bé est très fertile, 22 kil. sur 13; ait. 500 m. env.; 10,000 bah., occupé en 1846; ch.-l. llellville. Commerce total 3 millions et demi, dont 1 million et demi à l'exportation (1889).

Archipel des Coin ores.

L'archipel des Comores, d'origine volcanique, a l'entrée septentrionale du canal de Mozambique, comprend les quatre lies principales de Mayotte, Anjouan, Hoheli, et Grande-Comore.

Mayotte, 10,000 habitants malgaches, indous et arabes (ait. de 580 m.), appartenant à la Fiance depuis 18i;j; bon port, sucreries.

Les autres iles ont été placées sous le protectorat français depuis 1880.; Grande-Comore, 05 ki!. sur 30 ki!., 30 à 35,000 hab. musulmans ; volcan actif de 2,800 m. ; sol fertile ; pas de bon port.

Anjouan, env. 30,000 hab. noirs, arabes et malgaches, ait. de 2,000 m.

Mohéli, 6,000 à 9,000 bab., ait. de 7 à 800 m., bon port.

Quelques troubles ont éclaté à Anjouan et à la Grande-Comore, s la fin de 1801. Le calme est aujourd'hui rétabli.

Iles ATiliihrii et Iles Glorieuses.

Quelques llols madréporiques déserts, connus sons les noms d'Iles Aldabra et d'iles Glorieuses, situés dans le nord de Madagascar, et restés jusqu'ici sans maître, viennent d'être occupés par l'Angleterre et par la France; ils peuvent, en cas de guerre n Lime, acquérir quelque importance par suite de leur proximité Diego-Suarez.

En 1892, l'Angleterre a pris possession du groupe des bra, Cûsmoledo, Assomplim, Astove.

Peu après, la France a pris possession des îles Glorieuses fat 1892), entre les Comores et ia pointe nord de Madagascar1.

Iles Mascnrcigncs*.

Elles comprennent : l'Ile de la Réunion h la France, l'île Ma et l'Ile Rodriguez à l'Angleterre.

De la colonie de Maurice dépendent les Seychelles, les Arnira les lies Chagos.

La Réunion (180,000 hab.). — Restée sans maître depuis sa è couverte par les Portugais, l'Ile do la Réunion (appelée autrefois il Bourbon) Tut occupée, en 1643, par les Français. Prise par les glais en 1810, elle fut restituée à la France en 1813.

La capilale est Saint-Denis (30,000 hab.), au nord de l'Ile.

Saint-Pierre (24,000 bah.) et Saiut-Paul (30,000 hab.) sont les p principaux '.

Le climat est assez sain; le sol, d'origine volcanique, est très tt lile, mais la surface cultivable est peu étendue, à cause de la nat

1. A la même époque, la France n officiellement pris possessio Saint-Paul et Amsterdam, Ilots rocheux diserts, situét par 4u°lat. f peu pris û moitié chemin du cap de lionne-Espérance et de Melbour (Australie), et qui, pour cette raison, peuvent acquérir, un jour, quelqi importance miuiiic ilépôt do charbons,

La prise des ilôts déserts de Eerguelen (entre 48" 8T et 50" de lat. » 6S° et 68° de long, est) eut lieu au mois dejanv. 1893.

2. Découvertes en 1SÛ7, reconnues de nouveau en 1546 par le naTÎ, teur portugais Mascarcnhas, dont elles ont pris le nom.

3. lin nouveau port a été récemment créé à la pointu dei GékAt, nord de Saint-Denis.

tourmentée du terrain (Piton des Neiges, 3,276 m.; volcan de Salazîe, 2,336 m. ; Piton de la Fournaise, 3,625 m.).

L'ne voie ferrée dessert la côte nord-ouest.

Commerce total, 34 millions, dont 14 millions à l'exportation.

Maurice (377,000 hab., dont env. 250,000 engages indous), ancienne tte de France, fut occupée par la France en 1712. Prise par tes Anglais en 1810, elle leur fui dêïinitivement attribuée en 1815 ; la langue et la législation sont encore françaises,

La capitale, Port-Louis (60,000 hab.), est un port excellent, précieux dans ces parages, que désolent les cyclones. Les Anglais Font fortifié; ils en augmentent les défenses et les établissements militaires, depuis que la France occupe Uiego-Suarez. Port-Louis est sur la route d'Aden en Australie. Avant l'ouverture du canal de Suez, c'était une escale obligée de la route des Indes par le cap de Bonne-Espérance.

L'Ile Rodrigaez est sans importance : population de 1,400 hab. env., employés à la culture et à la pèche des tortues.

Iles Seychelles. — lies Amirautés.— Iles Clmgos.

Les Seychelles ' (1,500 kil. nord de Maurice et 600 de Madagascar), groupe de 30 Ilots volcaniques, colonisé par les Français au ivtii" siècle. Climat doux et salubre. Population, 13,000 hab. env. Sol fertile, planté principalement eu cannes à sucre.

Capitale Port- Victoria, avec une rade très sûre, dans l'Ile principale (Muhd).

Les Amirautés, groupe de sept lies peu peuplées, réunies par un Jbanc de coraux. Les habitants vivent de la pêche ou de la fabrication de l'huile de cocotier.

Le groupe des îles Chatjos, peu habitées (700 bab.) et rarement fréquentées, dans lesquelles se trouve un assez bon port à Diei/o- Garcia, sont sur la route directe d'Aden à Batavia ou en Australie.

1, Du nom d'un contrôleur général des finances, sous Louis XV.

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