EXPLORATIONS POLAIRES
De nouvelles tentatives ont été faites pour atteindre le pôle nord et reconnaître les régions glaciales au nord de l'Asie et de l'Amérique. La plus intéressante et la plus hardie a été celle du Norvégien Nansen.
Nansen s'est lancé, en 1893, sur un navire spécialement construit et aménagé pour supporter la pression des glaces, à la recherche du courant polaire qu'il présumait devoir exister entre le détroit de Bering et le Groenland. Cette idée lui avait été inspirée par la découverte, en 1884, sur la côte orientale du Groenland, des déhris de la Jeannette, broyée par les glaces, en 1881, au nord de la Lena.
Le navire de Nansen, le Fram, fut entraîné à la dérive, et, après s'être approché du pôle jusqu'à la latitude 85° 57', redescendit vers l'ouest, et se dégagea de la banquise en août 1896, ayant fait preuve d'une résislauce extraordinaire.
Nansen, reconnaissant que le courant l'entraînait vers l'ouest, avait abandonné le Fram en mars 1895, et il essaya, accompagné du lieutenant Johansen, de monter au nord sur des traîneaux attelés de chiens sibériens. Le 7 avril, ils atteignirent 86° 13', à 420 km. du pôle, dépassant de près de 3° le point atteint par Lookwood (83° 23'). Ils durent reculer devant les difficultés insurmontables de la marche à travers un véritable chaos de glace. Leur retraite à travers la nuit polaire, par des températures variant entre — 7° et — 40°, témoigne d'une énergie admirable. Ils furent obligés d'hiverner par 81° 13' de lat., et ce n'est qu'en juin 1896, seize mois après avoir quitté le Fram, que les deux explorateurs se rencontraient, par hasard, sur la terre François-Joseph avec l'explorateur Jackson, qui les rapatriait sur son navire, le Windward.
Jackson venait de passer deux hivers sur la terre François-Joseph y dans l'intention de la reconnaître et d'y établir des postes de ravitaillement en vue des explorations polaires.
Pendant que Nansen essayait d'atteindre le pôle par la banquise,, un autre Norvégien, Andrée, persuadé que les routes maritimes
et terrestres étaient impraticables dans les régions polaires, songeait à se servir des routes de l'air, et à profiter des courants réguliers, qui soufflent dans la zone polaire, pour diriger un ballon au-dessus des champs de glace, passer au plus près du pôle, et y atterrir, s'il était possible. Il se transporta au Spitzberg en 1896 avec le ballon le Pôle-Nord, construit à Paris par M. Lachambre. Malheureusement les vents favorables qu'il attendait en août ne se présentèrent pas, et il remit à 1897 l'exécution de sa très curieuse tentative. Il vient en effet de partir sur le ballon Ornen, poussé par un vent favorable (juillet).