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ÉTAT INDÉPENDANT DU CONGO

Les limites de l'État indépendant du Congo ont été réglées, depuis 1894, par les conventions suivantes :

a) Avec la France :

Par la convention du 29 avril 1887, « l'État indépendant du Congo s'était engagé à n'exercer aucune action politique sur la r. d. de TOuellé, au nord du 4e parallèle ». Les Belges, prétendant que le M'bomou est la branche maîtresse de l'Oubanghi, et non l'Ouellé, avaient franchi la limite et créé des postes sur le M'bomou.

A la suite de difficultés survenues en 1894, une convention a réglé la délimitation des frontières et toutes les autres questions pendantes.

Celte convention, du 14 août 1894, stipule les articles suivants :

Article premier. — La frontière entre l'État indépendant du Congo et la colonie du Congo français, après avoir suivi le thalweg de l'Oubanghi jusqu'au confluent du M'bomou et de l'Ouellé, sera constituée ainsi qu'il suit :

1° Le thalweg du M'bomou jusqu'à sa source ;

2° Une ligne droite rejoignant la crête de partage des eaux entre les bassins du Congo et du Nil.

A partir de ce point, la frontière de l'État indépendant est cons-

Utiiée par ladite crête de partage jusqu'à son intersection avec le 30° de long. E. Greenwich (27° 40* Paris).

Art. 2. — Il est entendu que la France exercera, dans des conditions qui seront déterminées par un arrangement spécial, le droit de police sur le cours du M'bomou, avec un droit de suite et de passage sur la r. g.

Art. 4. — L'État indépendant s'engage à renoncer à toute occupation et à n'exercer, à l'avenir, aucune action politique d'aucune sorte à l'ouest et au nord de la frontière déterminée.

Convention de préemption. — Par la convention du 9 janvier 1895, la Belgique . s'incorpore les possessions de l'État du Congo comme colonie libre; le gouvernement belge, dès lors, se trouve substitué aux obligations contractées par l'Association internationale africaine, devenue depuis État indépendant du Congo. — Un droit de préférence a été assuré à la France, en avril 1884, pour le cas où l'Association serait amenée un jour à réaliser ses possessions; ce même droit de préférence a été maintenu lorsque l'État indépendant du Congo a remplacé l'Association internationale.

Le transfert à la Belgique des possessions de l'État indépendant a nécessité un arrangement du 5 février 1895, qui règle désormais le droit de préférence de la France à l'égard de la Colonie libre du Congo.

Article premier. — Le gouvernement belge reconnaît à la France un droit de préférence sur ses possessions congolaises, en cas d'aliénation de celle-ci à titre onéreux en tout ou partie.

Donneront également ouverture au droit de préférence de la France, et feront, par suite, l'objet d'une négociation préalable entre le gouvernement de la République française et le gouvernement belge, tout échange des territoires congolais avec une puissance étrangère, toute location desdits territoires, en tout ou partie, aux mains d'un État étranger ou d'une compagnie étrangère investie de droits de souveraineté.

Art. 2. — Le gouvernement belge déclare qu'il ne sera jamais fait de cession à titre gratuit de tout ou partie de ces mêmes possessions.

Art. 3. — Les dispositions prévues aux articles ci-dessus s'appliquent à la totalité des territoires du Congo belge.

A cette convention est jointe la déclaration ci-après, du 5 février 1895, entre le gouvernement de la République française et le gouvernement belge, relativement aux limites de leurs positions respectives dans le Stanley-Pool :

La ligne médiane du Stanley-Pool jusqu'au point de contact de cette ligne avec File de Bamou, la rive méridionale de cette île jusqu'à son extrémité orientale, ensuite la ligne médiane du Stanley- Pool. L'île de Bamou, les eaux et les îlots compris entre l'île de Bamou et la rive septentrionale du Stanley-Pool, seront à la France, les eaux et les îles comprises entre l'île de Bamou et la rive méridionale du Stanley-Pool seront à la Belgique.

Il ne sera pas créé d'établissements militaires dans l'île de Bamou.

6) Avec l'Angleterre :

Par le traité du 12 mai 1894, entre l'État indépendant et la Grande- Bretagne, celle-ci s'était engagée à donner à bail au roi des Belges, souverain de l'État indépendant du Congo, certains territoires situés dans le bassin ouest du Nil, moyennant la cession à bail d'une bande de terrain de 25 kil., du Tanganyika au lac Albert. Cette concession permettait à l'Angleterre d'unir ses possessions du Cap à l'Egypte par le haut Nil.

L'article 5, particulièrement, autorisait la construction d'une ligne télégraphique reliant les territoires anglais de l'Afrique du Sud à la sphère d'influence anglaise du Nil.

La France et l'Allemagne ont protesté contre cette clause et l'ont fait abroger. (V. Expansion des Allemands, p. 52.)

Luttes contre les esclavagistes*

Depuis 1894, l'historique de la colonie du Congo continue à enregistrer les épisodes glorieux de la lutte contre les marchands d'esclaves. Les noms du baron Dhanis, des capitaines Lothaire, Descamps et de Wauters, sont particulièrement connus parmi les nombreux et énergiques officiers belges qui prennent leur part de cette noble et difficile tâche.

Ils ont fini par rejeter dans l'intérieur de la région du haut Nil, principalement dans la région comprise entre le Lualaba et le lac Albert, les bandes arabes, dont la plupart des chefs ont été tués ou capturés.

Dans une de ces expéditions, le capitaine Lothaire dut faire exécuter un traitant anglais, Stoke, qui fournissait des armes aux es-

clavagistes. Cette affaire suscita un procès retentissant devant la cour de Bruxelles. Lothaire fut acquitté (1896).

Trois postes ont été établis sur le Tanganyika. Le poste du centre est M'tova, en face de l'île de Kavala.

La lutte n'est pas close, et les officiers belges ont à compter avec de nouvelles incursions et même avec des séditions dans leurs propres troupes indigènes; telle celle de Luluabourg, où ont péri récemment 13 blancs, dont 5 officiers; 6 officiers ont été blessés. Le commandant Lothaire, qui commandait le détachement, composé de 800 hommes de l'armée congolaise, blessé deux fois, à peine remis de ses blessures, a écrasé la rébellion et assuré, pour quelque temps probablement, la sécurité du pays.

Chemins de fer. — Le 22 juillet 1896, a été inauguré solennellement la section de chemin de fer de Matadl à Tumba, 189 kil., en présence des autorités congolaises et du commandant Klobb, représentant de la France. On espère arriver en 1898 à Léopoldville (400 k.), sur le Stanley Pool.

Télégraphe de Borna an Tanganyika. — L'État indépendant du Congo a décidé la construction d'une ligne télégraphique de 3,000 kil. partant de Borna, par Matadi, Léopoldville, Stanley-Falls, le Manyéma, au Tanganyika. — En 1894, on a construit la section Boma- Kendgé, point terminus du chemin de fer. — Cette ligne se soudera à la ligne projetée par Cecil Rhodes, partant des possessions anglaises du Cap, et traversant l'Afrique du sud au nord, par la haute Egypte, jusqu'à Alexandrie.

Gouvernement. — Le gouvernement central est placé sous la haute direction d'un secrétaire d'État unique, chef de tous les services.

Au point de vue administratif, l'État du Congo est divisé en 14 districts en relations suivies avec le gouvernement central qui est à Borna.

Superficie : 2,253,000 kil. c. — Population (1896) : env. 14 millions d'hab. avec 1,325 blancs, dont 840 Belges; 7 hab. au kil. carré.

Commerce général en 1893: Importations, 11,836,000; exportations, 12,136,000.

Armée : 16 compagnies, commandées par 143 officiers et 140 sousofficiers européens, sont réparties dans les divers districts; l'effectif était, en 1893, de 6,120 hommes, sans les cadres européens.

Le bas Congo, où les vapeurs moyens ne dépassaient pas Borna, est ouvert jusqu'à Matadi pour les vapeurs du plus fort tonnage.

Le réseau du haut Congo comprend actuellement 25 bâtiments de la marine de l'État et 16 bâtiments appartenant à des particuliers.

L'Etat du Congo a facilité rétablissement de nombreuses institutions religieuses. Actuellement, il existe 67 établissements appartenant à 15 corporations religieuses, et 223 missionnaires, dont 115 catholiques belges et 108 missionnaires protestants anglais, américains ou suédois.

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