DOMINION OF CANADA
Super6ric totale, euvirou 8,SOO,«00 kit. ca (les deux tiers de l'Europe).
Superficie des luîtes ambles, environ 4,41)11,000 Population : 4,816,000 tint). (1887).
Les colonies de l'Amérique du Nord, groupées en Confédération sous le nom de Dominion of Canada ' (Puissance du Canada), sont les plus avancées dans cette voie de self gooernment, que la Grande-Bretagne a ouverte aux colonies arrivées a l'âge adulte.
Les bases de la Confédération ont été établies, en I </c t'Aim'rii/ut! britannique du Nord, par lequel l'égali été aceonlée au Français et à l'Anglais.
La Confédération comprenait alors :
La province d'Onlarioou Haut-Canada, cli.-l. Toronto;
La province de Québec ou Bas-Canada, ch.-l. Québec
Le Nouveau-Brunstvick, ch.-l. Fiederictown;
La Nouvelle-Ecosse ou Acadle, ch.-l. Halifax.
1. Des étymoloKiea fort diverses ont itë proposées poui Cmimlii. Li pliH probable !■.■ l'ait dériver d'un mot indien signilluut réunion de cabanes ».
S, par l'Acte de langue a
r le nom de
tard, ont été formés plusieurs provinces ou dislricts, pris sur les Territoires du Nord-Ouest ou Terres du Prince Kupuri ' :
l.a province de Manitoha, cli.-l. Winnipeg, en 1870;
La Colombie britannique, avec l'Ile de Vancouver, ch.-l. Victoria, en 1871;
l.iln ..la Prince-Fdoua-d, ch.-l. Charlotte town, en (873;
Le district de Kccwalin, eu 1876 ;
Le district d'Assinihova, ch.-l. Itegina, en 1882;
Le district de Sasliabhovan, ch.-l. BaitlePort, eu 1882;
Lu district d'Alherta, ch.-l. Calgary, en 1882;
Le district d'Athabasca, ch.-l. Vermillon, en 1882'.
La Colombie doit ?a prospérité toute récente à, la découverte faite, en 1858, de riches gisements d'or, dans la vallée du Fraser. Us mines ont produit 225 millions de francs de 18;18 à 1880.
Le gouvernement fédéral siège à Ottawa. Le pouvoir est eiercé par m gouverneur générai représentant de la reine, un Sénat, et une Chambre des communes (Conslil.ijl.ion de 1807). Chaque province est administrée par un gouvernement particulier, dont la composition est analogue à celle du gouvernement fédéral.
I. On désigne sous ce nom les immenses territoires qui s'étendent entre l'océan Pacilique, la mer d'Iludson. et te? Grand s- Lie s. lia appartenaient à la puissante Compagnie des li.n-ilijir/a dr ht buh A'ilwlsan, créfeea 1670, par charte du roi Charles II. Le prince Rupert était frire de Ourles II.
S. Lee territoires du Nord-Ouest étaient exploités pour le commerce îles pelleteries, par lu Compagnie de la baie d'Hudson ; elle en lirait d'énorme» revenus, qne se partageaient quelques opulents lords misais; aussi i ■ Ile a la colonisation agricole, dont elle exagérait ù dessein lu difficultés. Les résultats obtenus par de- émigrés ainr'neains. dans le Manitoba , ont été une révélation récente. La population de Winnipeg, prtl du fort Garry, où ne vivaient autrefois que quelques agents delà compagnie, atteignait déjà le chiffre de 3,000 hab. en 1BS3.
Le Parlement canadien a contraint la Compagnie à i:61cr ses privilèges, Ui territoires ont été arpentés ; une part a été laissée a la Compagnie en toute propriété, une part attribuée à la Compagnie du chemin de 1er da Pacilique, et une part réservée pour la colonisation.
On estime à 50 millions d'hectares la superficie susceptible de culture, «te as millions d'hectares de forêts, 15 millions d'hectares de prairies, propres seulement a l'élevage des bestiaux, et 301) millions d'hectares de terrains de chasse. Plus de cent millions d'hommes pourraient, dit-on, 'itw à l'aise dons ces domaines.
L'EXPANSION F1UROPÉENSS
Le territoire du Dominion se divise et) [rois versants : ceux de l'océan Pacilique, de l'océan Glacial, et de l'océan Atlantique. Ces deux derniers ne sont sépares l'un de l'autre que par des hauteurs peu accentuées, qui portent le nom de Hauteurs des Terres sur la ligne de faite, et celui de Chaîne des Laurentides près du Saint- Laurent; leurs falaises bordent, par des escarpements grandioses, la rive gauche du Saint-Laurent cl celle de son aflluent le Saguenay. Les Laurentides sont le prolongement du système des Alleghanys.
Le versant du Pacifique est, au contraire, séparé des deux précédents par un plateau, large de SCO à 600 kil., soutenu : à l'ouest, par la Chaîne des Cascades; à l'est, par les Montagnes rocheuses.
Les sommets principaux de la Chaîne des Cascades sont : le mont Schasla, 4,400 m . ; le mont Hovd, 3,722 m. ; le mont Rainier, 3,766 m. ; le mont Saint-Élic, 5,370 m.
Le sommet le plus notable des Montagnes rocheuses est le mont Hooker, 5,104 m.
Le versant du Pacifique a pour principaux cours d'eau : le Fraser, dont le bassin est fort riche en gisements aurifères, et le Yukon, navigable pendant 3,000 kil., mais gelé pendant 7 à 8 mois.
Dans l'océan Glacial se jettent deux lleuves principaux : le ilackciisic et le Nelson :
le Mackensie, 3,500 kil. de cours, reçoit les eaux d'un grand nombre de lacs : lac Athaiasca, grand lac des Esclaves, lac de l'Ours, etc.;
le Nelson, 2,500 kil., est déversoir du lac Winnipeg.
Sur le versant de l'Atlantique s'étalent les Grands-Lacs, immenses mers intérieures, dont les eaux descendent d'éLnge en étage, jusqu'au Saint-Laurenl.
Le lac Supérieur (altit. 180 m.), 84,000 kil. car.; il communique par la rivière Sainte-Marie avec
le lac Huron (altit. 175 m.), 02,400 kil., car., qui se déverse par la rivière et le lac Saint-Clair, et communique parla rivière Détroit avec
le lac Michigan (altit. 170 m.}, 62,000 kil. car.
Le lac Ériè (altit. 172 m.), 25,000 kil. car., s'écoule, par les chute» célèbres du Niagara1, dans
le lac Ontario (altit. 73 m.), 16,500 kil. car.
1. Niagara signifie le taunerredes eaux. Deux chutes, séparées par Wm
de la Chèvre; celle de la rive canadienne a 343 ui.de large, 41 ai. de hauteur; celle de la rive américaine s CIO ai. de large, 47 m. de hauteur.
Le Saint-Laurent conduit ces eaux à la mer ; c'est un fleuve magnifique dont le cours présente une succession de rapides, de Liefs, el [.i.vuvnienls, qu'on appelle lacs. 11 s'élargit ensuite dans un estuaire superbe, qui devient le golfe du Saint-Laurent; il est navigable jusqu'à Québec pour les grands bâtiments, et jusqu'à Montréal pour les navires de 600 tonneaux; mais, de décembre à mai, sa navigation est interrompue par les glaces. Des canaux permettent de tourner les rapides et offrent un parcours navigable de 4,000 kil. depuis l'océan jusqu'à l'extrémité du lac Supérieur.
C'est au bassin du Saint-Laurent que s'applique particulièrement le nom de Canada, qui s'est ensuite élendu au Dominion tout entier. Le Canada en forme les provinces les plus riches, les plus peu-
Pié»i.
Le Saint-Laurent reçoit : (r. g.) le Saguenay el l'Ottava; (r. d.) le Richelieu, déversoir du lac Ckamplain.
Historique.
Après de longues luttes soutenues contre les Anglais, les colonies françaises du Canada, livrées à leurs propres forces, avaient succombé, malgré une résistance héroïque.
En 1763, le traité de Paris les céda définitive ment à l'Anflelerre.
En 1791, l'Amérique du Nord Tut divisée en deux provinces ; le liant Canada ou Canada anglais, et le bas Canada ou Canada français. Celui-ci conservait certains droits particuliers, et, i rea, l'usage de sa langue.
L'acte d'union de 1840 abolît l'usage de la langue française ; Mil les Canadiens Français, fidèles ;Y leurs traditions, à leurs coutumes, et a la religion que leur avait léguée la mère patrie, ne cessèrent de revendiquer l'égalité pour leur langue, el ils l'uni définitivement reconquise. Ce sont d'ailleurs des hommes de forte race ; issus des G3,000 Français abandonnés en 1763, ils forment aujourd'hui un peuple d'env. 2 millions d'urnes, y compris les inélis indiens de langue française; et, malgré une tion continue vers les États-Unis, leur nombre double eu vingt-huit ans ; ils aflirment ainsi la puissance d'expansion
! Pour plus de détails, voir la Notice de ta carte n° 27, Atlas général.
de la race française lorsqu'elle est placée dans un milieu où elle peut se développer librement.
La fidélité qu'ils montrent au gouvernement de la Reine et leur loyalisme n'atténuent pas les sentiments d'affection qu'ils conservent au pays d'où leurs ancêtres sont sortis, lis les manifestent en toute occasion'.
La population du Dominion se repartit ainsi, d'apràs le recensement de (SOI :
Province d'Ontario 2,113,000 habitants.
— de Québec 1,489,000 —
— du Nouveau- Brunswick 321,000 —
— delaNouvelle-tcossc 431,000 —
— de Manitoba 154,000 —
— de Colombie 93,000 —
lie du Prince-Edouard 109,000 —
Districts et territoires du Nord-Ouest . . . 100,000 —
Total: enviroo. . . . 4,830,000 habitants2,
dont 1,400,000 Français et 2 millions de catholiques. La sincérité de ces chiffres a été contesLêe, les recenseurs ayant une tendance à grossir l'élément anglais au détriment de l'élément français.
1. Après la guerre de Crimée, unvnisseau du guerre français, ta corvette ta CapricKVtt, ayant, pour ta première fois, remonté le Saint-Laurent jusqu'à Québec, ce fut une explosion de joie dans toute la population qui vint saluer le drapeau de la France. « Nous venons voir lea gens do chei nous, les FraaçHis de France, » disaient-ils, en encombrant le pont du bateau. — Les deui drapeaux de France et d'Angleterre flottent dans toutes les fêtes publiques, et leur union symbole- aujuinvl'lmi IV a bute des des deux meee. Du [toile canadien en a été inspiré dana les beaus vers qui suivent :
■ Regarda, me disait iudii pi-r-,
Ce drapeau TailUitiriiiEit fuiiti- ;
Il a Tait ton pdji prospéra
El respecter sa liberté.
• C'nt In drapeau de l'Angle ter ri
Sans tut», sur le ûrmmiienl.
Presque a tous lua points de la i.m
- — Util, par*, pardMata ■( .r»> N'en est-il pu un autre, à nous?
11 faut I* bniier ■ (tuu : ■
S. Montréal, 2S0.U00 tiab.; Québec, 63,000 hab.; Ottawa, 3i,0DD httî
Le climat est froid, nuis, en général, très sec et 1res sain. Le Canada, proprement dit, est surtout un pays agricole; en trois ou quatre mois, on fait les semailles et la moisson. Le printemps et l'automne sont très courts. La température varie de — 30° à + 30°. Dans l'intérieur, le climat est beaucoup plus rude; le minimum de la température descend à près de — 4P; l'eau-de-vie gèle parfois, et l'épaisseur de la glace atteint 2 mètres et même 2m,50.
Chemin de fer transe acadien. — Depuis 1885, la ligne du chemin de fer transcontinental est terminée de Montréal à Vancouver (en face de Victoria). Elle a une longueur de 4,657 kil.; le trajet se fait en 4 jours et 15 heures; des trains rapides mettent Vancouver sur le Fat-'ifique à 110 heures de distance d'Halifax, et à 240 heures ou LIS jours de Londres.
Celle ligne pourrait avoir une grande importance militaire en permettant, en cas de nécessité, d'envoyer rapidement des ravitaillements et des équipages aux Hottes du Pacifique.
Forées militaires.
La Grande-Bretagne a, comme nous l'avons dit, laissé au Dominion, avec une grande autonomie politique et administrative, le loin de pourvoir à sa propre défense. Elle conserve seulement une (maison de 1,800 hommes à Halifax, qui est un de ses grands ar- 'enaux, et un détachement à Esquimalt, prés de Victoria, dans l'île il' Vancouver.
Le Dominion entretient une fane permanente d'un millier d'hom- Qes seulement, formant deux bataillons d'instruction.
La population de 18 a (il) ans, apte à porteries armes, forme une ■flfee divisée en portion active et réserve.
La portion active, dont l'effectif est d'environ 40,000 hommes, se
riirulf par engagements volontaires et, en cas d'insuffisance, par
;i sort. La durée du service est de 2 à 3 ans, pendant lesquels
l*« hommes sont appelés pour une période d'instruction de 12 jours.
rve, composée de lous les hommes valides, donne environ
Sïî.000 hommes.
Q ttc armée manque d'un matériel suffisant; elle est peu instruite, Mis les hommes sont braves, énergiques, et robustes.
Le Dominion est, du reste, dans des conditions particulières de . Les populations indiennes sonl pacifiques. Les postes de ".ompagnie de la baie d'tludson, appelés forts, n'ont pas, pour
lKSION européenne la plupart, besoin d'organisation défensive. Situés quelquefois à 201) lieues les uns des autres, quelques agents y vivent avec grande tranquillité, pour emmagasiner les fourrures qu'ils expédient une [ois par an, en échange du ravitaillement nécessaire.
11 y a quelques années, un mouvement insurrectionnel, de peu d'importance du reste, avait été provoqué dans une partie de la population mélisse, canadienne-française, pai- le changement de régime administratif, résultant de l'organisation nouvelle, des districts dans les territoires da Nord-Ouest. Ce mouvement, énergiquement réprimé, n'eut pas de conséquences.
Au point de vue d'une guerre extérieure, le Dominion a peu à craindre. Les Etats-Unis, qui sont limitrophes, n'ont aucune politique agressive. Si une guerre entre les États-Unis et l'Angleterre motivait, cequi est même improbable, une action militaire contre le territoire canadien, il suffirait sans doute au Dominion de proclamer sa neutralité pour qu'elle fût respectée par ses voisins.
D'autre part, si le Canada se trouvait menacé par quelque puissance européenne en guerre avec l'Angleterre, ses côtes ne présentent qu'un fort petit nombre de points vulnérables, et, dans cette éventualité, il pourrait compter sur le concours des Étals-Unis, qui affirmeraient probablement les principes connus de la doctrine Monroë : L'Amérique aux Américain».
On a disenle la possibiliië d'une absorption des provinces canadiennes dans la grande Confédération des Étals-Unis. Les Canadiens s'y sont toujours refusés ; lors de l'émancipation des colonies anglaises de l'Amérique, les Canadiens, et particulièrement les Canadiens de langue française et de religion catholique, sont restés fidèles a la métropole. Ils n'ont, en effet, aucun intérêt à se laisser incorporer dans la République voisine, où les catholiques, en quelque sorte frappés d'ostracisme politique, sont systématiquement écartésdes fonctions publiques et des assemblées, tan dis que, dans le Dominion, une large part leur est réservée dans le parlement et dans le gouvernement. L'autonomie dont jouit le Canada est actuellement la meilleure garantie de sa fidélité vis-à-vis de la Grande-Bretagne.