Ordou, uiot tarlare signiliani le camp, d'où lioi-dc
Les Turkmènes, qui se distinguent en tribus, dont les principales sont les Altal-Tekkès, les Sariks, les Salors, les Kara- Turkmènes, etc-, habitent entre l'Oxus et la mer Caspienne, m nombre de 900,000 environ; ils sont pour la plupart soumis à l'autorité des Russes- Sur les versants sud-est de l'Hindou-kouch, se trouvent des populations indépendantes que les musulmans appellent kafirs, ifllidéles, d'où le'nom de Kafirîstan. Ils vivent dans des villages; leurs traits se rapprochent de ceux des Européens, et ils paraissent être une épave de quelque famille d'origine aryenne.
Alexandre, avec quelques milliers de vétérans grecs, autour desquels se groupèrent les peuples sédentaires, réussit à fonder, au centre de l'Asie, un grand État, la Bactriane, qui, pendant cinq siècles, fut l'avanl-poste glorieux de la civilisation grecque dans la haute Asie. Plus tard, les Grecs faiblirent, et l'établissement du royaume parthe, ou scythe, affirma en Perse la suprématie des nomades. Puis, la Bactriane et !'.'■ colonies grecques de l'Indus furent noyées dans le débordement des hordes scythiques.
L'Asie centrale fut alors livrée a l'anarchie la plus sauvage; et brsque l'islamisme apparut, cette religion, si bien appropriée aux mœurs vagabondes du désert, dont la doctrine proclamait l'excellence de la vie nomade et enseignait que, « partout où entre la charrue, la honte entre avec elle», l'islamisme, en moins de dix ans, s'étendit des rives du Tigre aux pieds du Pamir.
Enfin, de grandes incursions mongoles, venant du nord, ravagèrent les contrées plus fertiles du centre. Deux fois les établissements des Ousbegs des bassins de l'Oxus et du Yaxartes furent emportés par un effroyable déluge des Mongols des steppes, qui, sous Gengis-khan d'abord, puis sous Timour, inondèrent l'Asie occidentale. Leurs, villes, leurs collèges cé]è\ 1res, leurs mosquées, furent saccagés; eux-mêmes, refoule's il, perdirent les traditions lie leur- civilisation.
Gragis-khan (HS4 a 1327), dont la résidence était à Karal.orum, 1 du lac liaikal, soumet la Chine et la Corée, prend Pékin
en 1215, traverse le Pamir avec 600,000 lic-mmes, prend Boukhara 11220), détruit Samarkand, prend Ourj-'licnilj (Ûxus), rase Dalkh, la ville aux 1,200 mosquées, détruit Bamian, conquiert l'Afghanistan, passe aux Indes, pille Lahore, tandis qu'un de ses fils traverse l'Oural et s'avance jusqu'au Dniepr; son empire s'étendait de la Caspienne à la mer de Chine.
Les conquêtes de Timour ou Tamerlan [1330 a 140;i) furent encore plus prodigieuses. Parti de Samarkand, il conquit le Turkeslan et la Perse, s'avança, an nord, jusqu'aux steppes des Kirghiz, dévasta la Russie méridionale, détruisit Azov ; de là, il courut sur les Indes, livra bataille au sultan Mahomet IV, sous les murs de Defili, après avoir fait égorger, devant celte ville, 100,000 prisonniers, qui l'embarrassaient. 1! remplit l'Ilindoustan de sang et de ruines, revint sur la Syrie, qu'il enleva au sultan d'Egypte, mina Baghdad, battit le sultan Bajazel à Ancyre et le fit prisonnier; il courait sur la Chine, lorsque la mort l'arrêta en route.
L'empire mongol de l'Asie centrale ne tarda pas à s'effondrer après la mort de Timour. Les Ousbegs rentrèrent à Khiva et à Boukhara; mais ils ne tirent pas revivre l'ancienne prospérité de ces villes, et l'histoire des khanats de Khiva, de Kokan, de Boukhara, de Koundouz, etc., n'est, depuis trois cents an», qu'une longue suite de violences et de guerres.
L'arrivée des régiments russeâ sur les bords du Syr-daria et de l'Amou-daria, va ouvrir, sans doute, une nouvelle ère de progrès.
II y a intérêt à rappeler ces souvenirs, si l'un veut se rendre compte des actions réflexes de l'Asie sur l'Europe, et chercher, dans le passé, quelques-uns des secrets de l'avenir.
Les Tarlares Mongols avaient franchi l'Oural et le Caucase derrière les Slaves et soumis une partie de la Russie à leur domination. Au xv° siècle, les duchés russes établis près du lac llmen et du Boug, reconnaissaient la suprématie du khan de Kazan. A celte époque, le duc Ivan Vassilievitch (! -102-151).')) refusa l'obéissance et prit le titre de tsar. Son pelit-lils, Ivan le Terrible (1533-1381), acheva l'œuvre d'affranchissement. Il soumit, à son tour, les empires de Kazan et d'Astrakhan.
Comme un ressort trop pressé et qui se détend, les peuples européens refluent alors vers l'Orient. Les Germains poussent les Slaves ; ceux-ci poussent les Tarlares. C'est la poussée vers l'est> le Drang nach Ocsten, comme disent les Allemands.
Depuis le xvm* siècle, ce mouvement s'est accéléré. Au nord, par les routes de terre, les Russes sont arrivés jusqu'à l'océan l'aciQque; puis, ils ont commencé la conquête de l'Asie centrale, qu'ils poursuivent avec une étonnante rapidité. Au sud, par les routes de mer, que les Portugais avaient découvertes à la fin du xvc siècle1, sont arrivés les peuples navigateurs : portugais, hollandais, espagnols, anglais, français.
Aujourd'hui, l'Asie centrale et une grande partie de l'Asie méridionale, Inde et Indo-Chine, sont déjà soumises à la suprématie européenne. Ce mouvementd' expansion nes'arrêtera <jue devant une résistance capable d'équilibrer la force qui l'entraîne. Des indices très certains peuvent l'aire prévoir que cette résistance se trouvera sur les frontières de la Chine; don, pans doute, suivant une loi mystérieuse, qui commande les oscillations des races humaines, de grandes masses d'hommes seront peut-être ramenées de l'Orient vers l'Occident; les Touraniens pousseront de nouveau les Aryens, et la civilisalion occidentale pourra encore être compromise.
Moins de 400 millions d'Européens chrétiens, avec lesquels devront, sans doute, faire cause commune 30 ou 40 millions Je musulmans de l'Asie occidentale, auront a résister à plus de 501) millions de Chinois ou Mandchoux ; tandis que 230 millions "Tlndous, 20 ou 30 millions d'Indo-Chinois, 40 millions de Japonais, seront remués par une formidable secousse.
Que paraîtront alors ce que nous appelons les grandes guerres de l'époque contemporaine et les disputes européennes pour un lambeau de terrain sur le Rhin ou sur la Vislule? Notre Mm aura disparu depuis longtemps lorsque se produira ce cataclysme, qui déplacera le centre de gravité des nations de la terre ; mais une oreille attentive perçoit déjà les premiers symptômes qui annoncent l'ébranlement de l'ancien monde.