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ASPECT D'ENSEMBLE DE L'ASIE

>nne ordinairement comme limites à l'Asie, du coté del'Eu- , les monts Oural, le lleuve Oural, la mer Caspienne et le masif du Caucase. Ces limites sont toutes conventionnelles; l'Empire 1 tient même aucun compte pour ses divisions administratives.

Le canal de Suez sépare l'Asie de l'Afrique.

La superficie de l'Asie est d'environ 40 millions de kil. carrés; c'est

quatre fois celle de l'Europe. Elle mesure : 8,500 kil. du cap Nord-

* 30' lat. N.) au cap Romania (prés de l'équateurj, à l'ej-

de la presqu'île de Malacea; 1O.S00 kil. de l'isthme de Suez

au cap Oriental (sur la mer de Bering}.

■l'ulation est évaluée à 800 millions d'habitants'. Les mers. — Les côtes septentrionales -ont baignées par l'océan Glacial Arctique, dont lu navigation n'est possible que pendant quelques semaines, chaque ;mnée.

Les lies désertes de la Souiellr ïemliU-o et de Vai'jali-h limitent

te» mers arctiques de l'Asie et ferment a l'ouest la mer de Kara.

Le détroit de Yovjorik sépare l'Ile do Vaigatchdu continent; c'est

le passade ordinairement suivi par les navires. Le détroit de Kara

Mpare la Nouvelle-Zemble df l'ile de Vaîgï'teh. Le détroit de Ma-

"]iare les deux parties nord et sud de la Nouvelle-Zemble.

A l'ouest du cap Nord-h'st, s'ouvrent les profonds estuaires de l'Ob

« de riénisêî ; à l'est, s'est formé le vaste delta de la Lena, en face

l'archipel de la Nouvelle-Sibérie.

L Appelé Nord-Est par les navigateurs qui viennent d'Europe, et aussi c*p Trhdjouski, du nom du marin qui doubla le première* cap, en 114:1. l'iiliition dt; l'Europe est d'environ 3-11 millions d'iiab., sur une ■ :[>uv. Ifi million; de kil. car.

I Zcmble, du lusse lemlta, terre.

gnent ordinairement sous le nom de Pamir. Ce plateau a près de cent lieues dans tous les sens.

Du centre de ce massif, environ par"!0 de long. 0. et 37°delat. N., une circonférence décrite avec un rayon de 3,700 k il., passe à Constantinople et à Pékin, au canal de Suez, an détroit de Bab-el-Mandeb, à l'extrémité sud de l'Ile de Ceylan, au fond des golfes de Siam et du Tonkin, et coupe, au nord, les estuaires de l'Ob et de l'Iéniséi.

A l'époque où les eaux couvraient la plus grande partie de l'Asie, le Pamirélait un isthme entre deux grandes mers aujourd'hui desséchées, et qui sont le désert de Gobi, àl'est, et le désert des Turkmènes, à l'ouest.

Les terres du nord avaient alors pour épine dorsale les monts Célestes ou Tien-chan et les chaînes méridionales de la Sibérie; celles du sud avaient l'Himalaya et l'Hindoa-kouch.

Plus lard, les mers se desséchèrent, ou se déversèrent dans les bassins inférieurs. De l'océan occidental, il reste encore des traces; ce sont les flaques de la mer d'Aral, de la mer Caspienne, et les grands lacs de Sibérie ; de l'océan oriental, il ne reste plus rien que les fonds sablonneux que l'on appelle aujourd'hui les déserts de Gobi et de Khatchi, séparés l'un de l'autre par la longue arête presque entièrement inconnue et inexplorée des monts Kouen-Ioun.

Le plateau de Pamir est le centre des montagnes el des lleuves de l'Asie; de là partent les chaînes principales qui constituent l'ossature du continent.

Au nord, la grande chaîne des monts Alaï et des Tien-chan (ou monts Célestes) s'étend depuis le Turkestan russe jusqu'au delà du pays de Kouidja, el forme la frontière naturelle entre la Chine el la ltussie; sa direction se prolonge par l'Altaï (mont lîielouka, 3,300 m.), les monts du Baïkal, et les monts Yablonovoî, qui forment le rempart méridional de la Sibérie.

Au sud-est, les murailles multiples du Karakorum, de l'Himalaya el de leurs avant-chalnes, séparent l'Ilindoustan de la haute Tarlarie ou Turkeslan chinois.

Au sud-ouest, l'épais rempart de l'Hindou-kouch se dresse à plus de 7,000 m. entre l'Amou-daria et l'Indus, et se prolonge par le lioitlih-i-Baba (3,200 m.), les Sitikh-koh (montagnes noires) et les Se/id-koh (montagnes blanches), entre lesquels se creuse la vallée de l'Héri-roud. Les Siakh-koh sur la r. d. (ancien Paropumisus) sont des montagnes moyennes d'un millier de mètres d'altitude, percée» de passages nombreux et faciles.

Les monlsSouleïman (Soliman ou Salomon), qui prolongent l' H indou-koucli, forment la muraille occidentale de l'Bindoustan el la ligne de partage entre les bassins de l'Helmund, de l'Héri-roud, et de llndns. Us comprennent plusieurs chaînes parallèles (on en compte jusqu'à 12), auxquelles on donne le nom d'ensemble de Souletnum 'irienlaux el Souleiman occidentaux.

Entre l'Himalaya, le Pamir, les Tien-cîian et leurs prolongements, s'étend le grand Plateau central de l'Asie, qui comprend : au nord, le désert de Gobi; au sud, les plateaux glacés du Tibet. Les talus orientaux en son! formés par les montagnes mal connues encore de UCbine, dont les masses principales sont les monts Khingan, les moals Pé-ling, et les monts Nan-ling.

Cette haute Asie, vaguement entrevue depuis si longtemps, commence à peine à livrer ses secrets aux explorateurs modernes. La partie du sud a été plus particulièrement étudiée par les voyageurs anglais, et par les pundils indous; les officiers et les savants russes ont abordé cette région par le nord et pur l'ouest ; des explorateurs français ont, les premiers, traversé l'Asie centrale du nord au sud, définis la Sibérie jusqu'aux ports du Tonktn '.

Las eaux. — Malgré l'élévation du Pamir, on y trouve peu de glaciers ; le caractère spécial de ces hautes régions est, avec un froid «rfissif, une sécheresse presque absolue. C'est qu'en effet, les vents m Tiennent de la mer des Indes, sont arrêtés par l'Himakj\ et que les vents du nord, du l'est, et de l'ouest, d'ailleurs char- I 'ii d'imin dil ■- -■•■ I ■ - desséchés par leur passage sur lia steppes glacées .:■■!.» ■ - - ■ > sur les déserts du centre. Aussi ne domi -l il ■ lissarice .t aucune grande rivière. i rivières qui descendent vers le désert de Gobi, bientôt épuises par la sécheresse de l'air el du sol, disparaissent dans les sables. Le peu d'eau qui coule superficiellement, se réunit dans te litilu Tarira, et se perd dans un petit lac du désert, le Lob-nor.

Les rivières qui coulent vers l'ouest ont un cours plus considérable, mais elles se sont appauvries depuis l'époque historique; ce nul : I» Syr-daria (ancien Yaxartes), l'Amou-daria (ancien Oxus), navchan. Le Syr-daria et l'Amou-daria se jettent dans U mer d'Aral, nappe d'eau d'une profondeur de 60 à 70 m. seule- /.'■r.'.vilian se perd dans les sables.

l'n changement de climat, sur les causes duquel on ne peut faire

e du prince Henri d'Orléans et de M. Bonvalot (1890).

que des hypothèses, a singulié.rontynt ntf>'lili>i les conditions d'existence de l'homme dans ces régions. La mer d'Aral et la mer Caspienne communiquaient autrefois entre elles ; aujourd'hui, le plan des eaux de la mer Caspienne est à 28 mètres au-dessous de la mer Noire, celui du lac d'Aral à .:>:.l mètres au-dessus ; leurs niveaux diffèrent donc de plus de 80 mètres. Entre ces deux mers intérieures, l'Oust-Ûiirf, le di-serl Iransenspien, eM. t':ïtiilemenl très creusé; on a estime à 3S m. au-dessous de ta mer Noire, l'altitude du petit lac Sary-kamich1.

La mer Caspienne communiquait aussi avec la mer d'Azov; le caual du Manjtch, au nord du Caucase, montre les traces du détroit qui réunissait ces deux mers.

La mer Caspienne ne reçoit aucun cours d'eau important venant du continent asiatique, à l'exception de la Koura, qui coule au pied du Caucase. Ses deux imporlanls tributaires, l'Oural et la Yol^a. viennent de l'Europe, ils suffisent â peine à combler les pertes qu'elle subit parl'èvaporation, et leurs deltas gagnent sans cesse sur la mer- La muraille du Caucase, qui ferme l'isthme entre la mer Noire et la mer Caspienne, se prolonge dans la mer Caspienne, par une ligne de hauteurs sous-marines, entre les promontoires de Itakou et de Krasnovodsk, et, au delà, plus à l'est, dans le Kopet-dagh, dont !e pied est longé par le chemin de fer d'Askhabad.

Au nord de ce seuil sous-marin, les profondeurs sont faibles. Les ports de Gouriev sur le delta de l'Oural, et A'Astrakkan sur celui de la Volga, s'ensablent de plus en plus. Les mouillages à'Alexandrovsk et de la haie de Kin/terli sur la côte orientale, sont de médiocre valeur. Krasnovodsk, le port le plus vaste de la Caspienne, esl abrité et présente des fonds de " à 10 mètres, mais l'eau potable y fait défaut ; aussi les Russes ont-ils établi, plus au sud, à Ouzaun-ada, la tdle du chemin do fer transcaspien.

En face, sur la cote occidentale, sont les petits ports de PiUrovsk et de Derbent.

Dans la partie méridionale, au contraire, on trouve des fonds

i. Entre l'Oxus et la mer Caspienne, mu» longue dépression, sfinl'l.-Jil.- & un lit de fleuve dessécliû et qu'on appelle YOuzboï, avait paru être uu ancien brus de l'Oxus, et l'ou avait supposa que ce lleuve ?■; jetait autrefois duns la mer Caspienne; amis on a reconnu, par des nivellements récemment exécutée , que cette hypothèse était contestable. On n, d'ailleurs, trouvé drm? l'Onzlioï ilns lu^iks d'ciiux sriliîea, et l'on a du en conclure que c'était un lac ou un liras de mer. [Général SruuNnzi, 18S3.)

i- i \ ,000 m. : Bakou, tête du chemin de fer caucasien, pos- ■Ade une rade suffisamment sûre, destinée à devenir le gTand port de la Caspienne. Sur la côte sud, au pied des murailles des monts Elboarz (Pic Demavend, 6,080 m.); il y a de bons ancrages à Enseli, J.iii- I- golfe de Rechi, et dans la baie à'Achour-uda, qui est le port d'Asterabad.

Bu versant nord des monts Altaï et des monts du Baïkal, descendent les trois grands tleuves sibériens : l'Oh, l'Iéniséi déversoir du lac Baïkal, et la Lena.

bêla région montagneuse qui enveloppe le lac Baïkal, descendsiil, vers l'est, les rivières qui forment le grand lleuve Sagliulicn H Amour.

bans les plateaux du Tibet oriental prennent leurs sources les trois grands tleuves delà Cbinc : le Hoang-ho ou fleuve Jaune, le Tan-tse-kiang ou lleuve Uleu, et le Si-kiang on rivière île Canton, et les cinq grands ileuves do l'Indo-Chine : lu Song-coï ou lleuve Rouge, qui est le fleuve du Tonkin; le Mékong ou Camhodje, qai est le fleuve de la Cocb in chine ; le Menam, lleuve de Siani ; la Salouen ell'Irawaddy, qui sont les fleuves de la Birmanie.

Enfin, de l'Himalaya occidental, dont les sommets dépassent S.MO m. (Gaurisankar, 8,840 m.; Dapsang, 8,620 m.), descendent W trois fleuves de l'Inde : l'Indus, le Gange, et le Brahmapoutre. Le Brahmapoutre, dont le cours supérieur n'est pas encore entièrement connu, et l'Indus, qui a donné son nom a l'Inde, prennent leurs sources dans les vallées du versant septentrional, et percent liliinalaya pour descendre vers la mer, le Brahmapoutre à l'est, rindus à l'ouest.

Le Gange réunit les eaux du versant méridional que lui apportent (innombrables affluents, et les conduit au golfe du Bengale, en formant un vaste delta â vingt embouchures.

Divisions de l'Asie, — D'après les Formes de son relief, on peut ditiierl'Asie en cinq grandes régions, t'est-à-dire quatre versants maritimes groupés autour d'une région centrale i Asie occidentale, ■ unie, Asie centrale, A*U' mt'.ri'limitilv., Asie orientale.

L'iiie occidentale, par son climat, ses cultures, l'origine ethnique de ses populations, se rattache, comme nous l'avons dit, au poupe des pays méditerranéens. Dans l'antiquité, son histoire se cunlùud avec la leur.

Au point de vue politique, l'Asie est partagée entre quatre grands Étals continentaux :

l'Empire ottoman, à l'ouest; l'Empire russe, au nord; l'Empire chinois, à l'est; l'Empire indien, au sud.

Viennent ensuite : l'Empire insulaire du Japon et II ndo- Chine française.

Les autres États sont plus ou moins placés sous la dépendante a suzeraineté de ces empires :

L'Arabie se partage entre plusieurs petits États musulmans : Émirat de Chammar, Nedj (ou pays des Ouahabites), Èhd d'Oman, ;t d'Hadramaut, qui sont, plus ou moins, sous la suzeraineté religieuse du sultan do Conslantinople.

Dans le centre de l'Asie, la Perse, les khauats de Khiva et de Boukhara sont sous l'influence russe.

L' Afghanistan el le Itrliiutihittu», les Ktats de l'Himalaya : Ncpdl, Bhoottm, Kachmir, sont sous l'inlluence anglaise.

Le royaume de Siam subira, tôt ou lard, la prépondérance de l'Angleterre ou de la France.

La Corée est tributaire de la Chine, dont l'influence est combattue par la rivalité du Japon.

Pour comprendre dans quelles conditions s'établit, de nos jours, ce que l'on pourrait appeler l'équilibre asiatique, il faut comparer chacune des grandes régions à un type connu, l'Europe par exemple. On considérera ainsi successivement :

L'Empire chinois, dont la superficie est évaluée à près de 13 millions de kil. car., celle de l'Europe étant moins de 10 millions ; la populalion de la Chine élant évaluée à 400 r.u 4:10 millions d'hommes, celle de l'Europe étant de 3t7 millions. La Chine, à elle seule, pourrait donc faire contrepoids à l'Europe entière, et c'est une éventualité qu'il n'est pas déraisonnable de prévoir d'ici à moins d'un siècle peut-être.

L'Empire indien est aussi vaste que l'Europe péninsulaire, c'est-àdire aussi grand que l'Europe moins la Russie, el sa population , 233 millions d'hab-, est à peu près équivalente.

LtLprcsqiïîk huto-éhtnot&a est comparable à la France et à l'Espagne réunies, avec une populalion à peu près équivaleale à celle de l'Espagne (17 millions d'habitants).

L'Asie Mineure ef, la Perse, c'est-ii-dire les pays musulmans de l'Asie orientale, onl une population de 20 ii 2;1 millions d'hululants, c'est-à-dire à peu pris (elle de la péninsule ibérique, sur une superficie quatre fois plus grande.

Enfin, les immenses domaines de la Russie comprennent:

la Sibérie, grande comme l'empire chinois (12 millions de kil. car.), avec une population de S millions d'habitants, comme la Hollande ;

la Transcuucasie, avec une population de 6 millions et demi d'habitants, un peu supérieure a celle de la Helgique ;

le Turkesttm. dont la population ne dépassa guère 3 millions d'habitants, sur une superficie six fois grande comme la France,

L'Iran et le Touran.

L'Asie a été le berceau des peuples du monde civilisé. La science moderne a essayé de reconstituer leurs origines, et voici quelles sont les solutions proposées à ce problème, fort difficile à résoudre en l'absence de toute tradition certaine.

Les Aryens. — Les langues parlées par les peuples de l'Eure pe, à lVsueption de celles des Magyars, des Finnois, et des Banques, ont entre elles, par les racines de leurs mots et par leurs flexions, des caractères de parente très certaine. D'autre p:iii, elles se rapprochent du zend de l'ancienne Perse et du sanscrit de l'Inde ancienne. On en a conclu que les ancêtres des peuples qui les parlent, devaient sortir d'une souche commune; on a cru pouvoir retrouver la trace de leurs migrations en suivant, comme des jalons, les noms qu'ils ont donnés, sur leur passage, aux montagnes et aux fleuves, et l'on a placé leur premier habitat au sud de la Caspienne, sur les plateaux de l'Iran, presque déserts aujourd'hui, mais qui ont dû jadis offrir des conditions de vie toutes différentes. On a donné à celle famille primitive, disparue sans laisser d'histoire, le nom d'Iraniens ou d'Aryens.

Ce sont les Aryens qui ont peuplé et colonisé les Indes, la Perse, l'Asie Mineure, l'Europe entière, poussant devant eux des tribus d'autre race, soit moins énergiques, soit moins nombreuses, se superposant à elles, les absorbant, ou les faisant disparaître ; c'est ainsi qu'en Amérique, les Peaux-Rouges disparaissent devant les Anglo-Saxons.

g* L'EXPANSION EUROPÉENNE

On a ainsi admis que les ancêtres des peuples européens appartenaient à quatre groupes, qui essaimèrent successivement dans l'ordre suivant : les Celtes, les Pêlasges, les Germains, et les Slaves.

En Asie, la famille aryenne est subdivisée en :

Rameau iranien: Persans, Tadjicks, Afghans, Kourdes, qui sont musulmans, et Arméniens, qui sont chrétiens ;

Rameau indien, qui comprend la majeure partie des Indous, en général brahmani stes.

Les Sémites, — A l'est de l'Iran, prés des rivages méditerranéens, se développa une autre famille dépeuples, les Sémites, dont les deux grandes divisions sont les Hébreux et les Arabes, dépositaires des traditions religieuses monothéistes, d'où sont sorties les deux grandes religions du monde occidental : le christianisme et l'islamisme.

Lés Hébreux sont, aujourd'hui, dispersés sur tout le globe, mais principalement sur l'Europe et dans les bassins asiatique et africain de ia Méditerranée.

Quant aux Arabes, à l'époque de leur grande ardeur religieuse, ils ont, d'un côlé, d'un élan gigantesque, porté, en quelques années, la doctrine de Mahomet jusqu'au coeur de l'Asie; de l'autre, ils ont traversé le nord de l'Afrique, franchi le détroit de Gibraltar, dominé l'Espagne, et pénétré jusque dans l'ancienne Gaule. Les terres de l'Europe ne convenaient pas à l'Islam. Les Musulmans arabes se sont repliés devant la culture européenne, mais il s ont trouvé dans l'Afrique centrale un domaine favorable, et, de nos jours, ils y font encore des progrès considérables.

Les Touraniens. — Tandis que les Aryens se formaient sur les plateaux de l'Iran, à côté d'eux croissait une famille distincte, que l'on a appelée touranienne, en supposant qu'elle s'est formée dans le Touran, voisin de l'Iran; mais il est fort possible que ses premiers foyers se trouvassent sur les hautes terres de l'Altaï ou du Baïkal.

Cette hypothèse est d'ailleurs de peu d'importance; il surfit de préciser lasigniiicalîon donnée au terme ethnique de touranien

en disant que l'on comprend sous celle appellation la majeure [rtrliu dus peuples de l'Asie orientale, que l'on subdivise en:

Rameau est-asiatique: Tibétains, Birmans, Siamois, Annamites, Chinois, Coréens, Japonais, la plupart bouddhistes;

Hameau lartare : Osmanlis, Kirghiz, Turkmènes, Tartares, (■n général musulmans j

Hameau mongol: Mongols, Kalmouks, etc.;

itimieau tourtgouse : Toungouses et Mandchous, divisés en plusieurs tribus : Samoyédes, Finnois, Vogules, etc.

Les peuples de famille aryenne qui avaient marché vers l'Occident, ont été pressés à leur tour par les Touraniens ; les Mongols ont subjugué une partie des Slaves , et les Turcs-Osmanlis ont, à une époque relativement moderne, poussé leurs conquêtes jusqu'au centre de l'Allemagne.

En outre, des irruptions louraniennes, parties du cœur de l'Asie, sont parfais arrivées jusqu'à l'extrémité occidentale de l'Europe, traversant les couches des peuplesdêjàtixées au sol, comme une éjection volcanique perce les couches refroidies et Wlidifiées des terrains sédimenlaires. Ainsi, les Huns, originaires du centre de l'Asie, soit mongols, soit tartares, mais, à HUDBur, ayant avec eux une proche parenté, ont été jetés, cnmme par une formidable explosion, jusqu'au centre de la Gaule:, semant la ruine et la terreur sur leur passage; puis ni dcûnitivenient cantonnés dans les plaines du Danube. Les Hongrois s'honorent de trouver dans leurs aïeux ces intrépides et farouches cavaliers.

Ces notions permettent de s'orienter plus facilement dans l'étude des révolutions de l'Asie et de comprendre les causes (k'bien des conflits. En effet,' deux grandes races, d'aptitude, d'énergie, et de destinées fort différentes, se partagent aujourd'hui encore l'Asie centrale : l'une appartient a la famille iranienne; l'autre, à la famille touranienne ; mais il y a eu "■titre elles des mélanges, qui ont produit des peuples mixtes. Rm simplement, on peut partager ces peuples en sédentaires içriailteurt et nomades pasteurs, et, de toute antiquité, la futn a été a l'état permanent eulre les uns et les autres. Les

L'EXPANSION EUHOPIÏEM.NE

sédentaires sont, pour la plupart, des Aryens ou Iraniens, les numades sont des Touraniens.

Depuis l'Euphrale jusqu'à l'Oxus, on donne aux sédentaires aryens le nom de Tadjiks ; mais on désigne aussi sous le nom général de Sartes toutes les populations, qu'elles soient aryennes ou tourariiennes, lorsqu'elles s'adonnent au commerce ou qu'elles ont des demeures fixes.

Parmi ces dernières, les Ousbegs, d'origine mongole, se sont établis entre l'Oxus et l'Yaxartes, dans les vallées fertiles du Ferghana; sous l'influence de la civilisation plus avancée de's peuples qu'ils avaient soumis, et grâce aux conditions de vie plus avantageuses d'un sol cultivable, ils sont devenus sédentaires et ont, autrefois, acquis une grande puissance.

Quant aux nomades, ils peuvent se subdiviser en quatre groupes principaux -.Mongols, A'injhiz, Kaizaks, et Turkmènes. • Les Mongols, dont le pays d'origine se trouve dans les montagnes du Baïkal, ont été les plus puissants de tous. Leurs conquêtes se sont jadis étendues sur toute l'Asie, depuis la Chine jusqu'à l'Asie Mineure et même sur l'Europe orientale.

Le Kirghiz est le nomade du nord, comme le Turkmène, ou Turcoman, est le nomade du centre ; les Kirghiz vivent sous la tente. Le nom de Kirghiz a été donné par les Russes à des peuples différents d'origine, et qui se distinguent eux-mêmes en s'appelant Kaizaks et Kirghiz ou Kara-Kirgliiï {Kirghiz noirs).

Les Kara-Kirghiz habitent, dans la Dzoungarie et dans le Turkestan, dans les monts Allai, dans le bassin supérieur du Syr-daria. Us touchent, au nord, aux Kaizaks; au sud, aux populations fixes du Turkestan. Leurs tribus se subdivisent en groupes nombreux, toujours en guerre.

Les Kaizaks se divisent en trois hordes' principales: la grande horde, au sud du lac Balkach, près du lac Issikkoul ; la horde moyenne, entre le Balkach et la ville d'Omsk ; et la petite horde, dans la partie occidentale de la stoppe. Tous reconnaissent l'autorité de la Russie. On estime leur nombre à 700,000 environ.

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