L'HINDOUSTAN
D'une manière générale on donne le nom d'Hindoustan à la grande péninsule triangulaire qui s'attache au versant sud de l'Himalaya.
Esquisse gi?oKTaii>hiqiic.
L'Himalaya, qui borde l'Hindoustan au nord, est un énorme entassement de montagnes, élagées en amphithéâtre sur une largeur moyenne de 130 kit., et dont les cimes s'élèvent à plus de 8,000 mètres".
Vers le sud, les premiers étages ont la végétation des tropiques ; les bambous, les palmiers, abondent. A mesure qu'on s'éleva, les plantes de la zone tempérée les remplacent, et, jusque vers une altitude de 3,000 mètres, on trouve quelques cultures ou de vaste3 herbages, puis des rochers et des forêts. Au-dessus de 4,000 mètres, toute verdure cesse, et l'on ne voit plus que la roche nue et des glaciers, dont quelques-uns ont plus de 50 kil. de largeur; les neiges Etemelles commencent vers S, 300 mélres sur le versaut nord, et à *,90O m. sur le versant sud. Cette anomalie est la conséquence de l'action des vents chauds du désert de Gobi qui soufflent, pendant l'été, du nord au sud.
On a compté plus de 200 sommets dont l'altitude dépasse 6,000 mètres; 17 dépassent 8,000 mètres. Le Gaurisankar atteint S.840 mètres; c'est la plus haute montagne du globe3.
t. Himalaya [séjour de la aeige) a pour racine le sanscrit hima, qui se rnttuclic au latin hiems, d'où nous avons fait hiver.
Isurîiaakar est appelé aussi mont Eeerest, du nom du colonel MjtUii qui a dirige la triangulation de l'Inde.
Eal883, le voyageur Gi-aham s'est éleva jusqu'à 7,300 m.; c'est la plus Fanile altitude atteinte. Placé au centre de la. Fiance, le Gaurisankar fournit être vu de Calais et de Bayonue.
L'IIINDÛUSTAN
Les chaînes maîtresses de l'Himalaya sont pondra liment alignées du nord-ouest au sud-est. 1. Indus et le Brahmapoutre, qui coûtent en sens inverse, l'un à l'ouest, l'autre à l'est, dans des vallées des versants septentrionaux, se replient ensuite perpendiculairement au sud, encadrant ainsi les niasses montagneuses do l'Himalaya proprement dit. La plupart de ces montagnes sont inciplorées et ne le seront peut-être jamais; leurs vallées ne sont que des gorges étroites, d'une effrayante profondeur, enfermées entre des parois rocheuses que ne domine aucun plateau accessible et que ne charme aucun lac pittoresque.
On peut les diviser en trois groupes principaux : Y Himalaya occidental, depuis l'Jndus jusqu'au Sullej, affl. de l'Indu*. Au-dessus de la vallée du Sutlej, a. 2,209 m. d'alt., est Simla, la résidence ordinaire d'été du vice-roi des Indes ;
V Himalaya central, depuis le Sutlej jusqu'au Sikkim. A la frontière du Sikkim est Darjecliwj, un des santitoria des Indes ; l'Himalaya oriental, depuis le Sikkim jusqu'au Brahmapoutre. Sur la r. d. de l'Indus, les massifs du Karakorum(D((psnn.7, 8,000 m.) prolongent l'Himalaya occidental et le réunissent aux plateaux du Pamir. La passe du Kanikorum, que l'on franchit pour se rendre de Leh {dans le Kachmir} à Yarkand, est à. l'altitude de 3,6.13 m.
■es eaux du versant méridional de l'Himalaya se réunissent les ;s dans les cinq fleuves du Punjàh1 qui aftluent à l'Indus, les autres dans le Gange.
Le Gange (2,530 kil.), le tleuve sacré, descend de l'Himalaya par deux sources principales. La vallée de la Jumna , son principal arle droite, n'est séparée du Punjab, dont elle marque la limite, que par un seuil de 300 m. environ.
Entre le Gange et la Jumna s'allonge la bande fertile des Duabs. I* Mésopotamie indoue, que traverse un canal d'irrigation long du 1 ,000 kil. On compte, dans cette région, 170 hab. par k. c. Sur la Jumna sont les villes de Dekli [193,000 hab.), l'ancienne capitale du Grand Mogol; Aora (169,000 h.); au confluent de la Jumna et du Gange, Allahabad (la ville d'Allah), une des villes saintes du *"»(mge, ch.-I. des provinces du Nord-Ouesl, et této du chemin de fer de Bombay.
Gange, Cawmpore, 189,000 hab.; sur un ara. de g. du Gange, la capitale du royaume d'Oudh, a 273,000 hab.
i. Pmjâb signifie ■ les cinq rivières «; comparez -ivtc, cinq.
Sur le Gange, plus en aval, Bénarés {200,000 hab.), est la ville satnle, visitée chaque année par des milliers de pèlerins.
Dans la plaine du Gange, autour de ces grandes cités, se pressent un grand nombre d'autres villes populeuses, dont plusieurs furent des capitales d'empire, ou qui conservent les grands souvenirs des luttes contre les envahisseurs afghans, mongols, et persans. C'est, en effet, de Lahore par Umballa à Dehli, que passent les routes d'invasion jadis suivies par Mahmoud, Tamoi'lan, Baber, Kadir- Schah, et le chemin de fer moderne du nord de l'Inde.
C'est là aussi qu'aboutissent les routes du bas Indus (chemin de fer de Lahore à Korrachee) en contournant à l'est le désert de Thar, et les routes du golfe de Cambay (chemin de fer de Dehli par Baroda, Surate et Bombay) qui le contournent à l'ouest.
Dehli se trouve ainsi le centre des principales communications du nord de l'Inde et, pour celte raison, un des principaux entrepôts du commerce. C'est aussi le centre des populations hindoues de pure origine aryenne, les plus jalouses de leur caste; c'est là que fut le foyer de la terrible insurrection des Cipayes en 1857; Dehli, Luknow, Cawnpore surtout, furent le théâtre des plus atroces barbaries, des outrages les plus odieux, de massacres épouvantables de femmes et d'enfants, vengés, plus tard, par de sanglantes eiécutious.
Patna, (163,000 hab.), ville vieille de plus de vingt siècles, qui fut aussi une ancienne capitale de l'Inde, est au point de convergence des derniers grands affluents de dr., la Gogra et le Sons, et du Gandak, qui (r. g.) descend des belles vallées du Nepaul.
Le Gange entre alors dans la plaine agricole du Bengale et se divise bientôt en plusieurs bras. Le bras orientai reçoit le Brahmapoufre;le bras occidental est l'Hougly. Calcutta, la capitale anglaise, est sur l'Hougly ; la marée y pousse les plus grands navires.
Aux bouches du Gange, dans les insondables marécages de son delta, qui a vingt estuaires principaux, au milieu des jungles et de la végétation exubérante de cette terre baignée d'eau et chauffée par le soleil du tropique, s'élaborent les pestes et le choléra dont les ravages s'étendent parfois jusqu'à la vieille Europe.
Les Européens ne peuvent résister longtemps à l'action débilitante du climat chaud et humide de l'Inde. Des stations sanitaires (sanatoria) ont été organisées sur les versants de l'Himalaya; on y envoie les troupes pendant la saison la plus malsaine. Le gouverneur établit sa résidence d'élé et même sa résidence principale à Simla, dans une des hautes vallées du Sutledj.
L'OINDODSTAN (35
Toulc la vallée du Gan^e, merveilleusement fertile lorsque lea pîuies tombent à l'époque prévue, esl comme soudainement frappée de stérilité si, par un retard prolongé, elles n'apportent pas à la semence l'humidité nécessaire. Alors la famine, fléau aussi terrible que la peste, s'abat sur les populations trop denses et dépourvues de toute réserve. La vigilance de l'administration anglaise, les secours qu'elle distribue sont impuissants à prévenir ces malheurs'.
La vallée de l'Indus est loin d'avoir les mêmes caractères que celle du Gange.
L 'Indus (-2,900 kil.) naît sur le revers nord de l'Himalaya et coule d'abord vers le nord-ouest dans lea hautes vallées du Kachmir, où il rassemble les eaux des grands g! aciers du Karakorum. Il passe à Lek [ait. 3,440 m.), lieu de pèlerinage et de marché pour les populations bouddhistes de celte partie de l'Himalaya; il reçoit (r. d.) les eaux de la vallée de Gilgit, par laquelle oo remonte d'un côté •ers les passes qui conduisent a Masloudj dans le Tchitral, et, de l'autre, par Goimia-Nagar aux passages du Karakorum. Les Anglais occupent des postes fortifiés dans ces vallées.
L'Indus descend ensuite, par une brèche longue de 300 kil., dans le Punjâb, le pays des cinq rivières; il passe à Allah, conSuenl de la rivière de Kaboul, entre Peskawer, terminus du chemin de fer de l'Afghanistan, et Rautal-Pmdi, le principal centre militaire de la frontière du Punjàb.
La largeur de l'Indns n'est que de 1S0 mètres à Attok, mais ta profondeur est considérable ; à moitié chemin entre Attok et fOcéan, il reçoit, à gauche, le Punjund, qui lui apporte les eaux du Punjâb. Sa largeur est alors de 1,800 à 2,000 mètres.
Le Punjund reçoit lui-même, de l'ouest à l'est, cinq grandes rivières : le Jhelum {ancien Hijdaspe), qui vient de la merveilleuse vallée de Kachmir, le Chenab (ancien Aceùne), le Ravi (ancien
Uylraoth), torrentueux et prorond, qui passe a Lakore, et leSutledj.
Ce dernier commence derrière l'Himalaya et perce la chaîne dans de
grandioses défilés. Dans une des vallées tributaires est Sîmla. Le delta qui commence à Byderabad esl formé par onze bras qui
traversent un bas-fond de marécages et de sables. A l'embouchure
du bras le plus occidental est le port de Kurrachee, tête du chemin
âelerde l'Indus.
I. La hauteur dea pluiea est de lm,92 à Bombay, !m,68 & Calcutta, plus **Jm. iDarjeeling; de O-.Su & 0"V5 dans le Dekltan; seulement 0»,t3 * Kureiilthee.
Dans la partie supérieure du Punjàb, qui est soumise à l'action des pluies périodiques, la culture est développée et la population est dense. Mais le Ileuve et tes affluents s'éloignent bientôt du grand condensateur qui fournit les pluies. Ils traversent des contrées de plus en plus sèches. Laliore est déjà dan3 une région où les pluies sont rares. Les vallées, larges de 7 à 15 kil., sont suffisamment arrosées et fertiles, mais les plateaux qui le3 séparent, et que no peuvent atteindre les eaux des irnuatio:.s, souflivnt de la sécheresse. Plus on avance vers le sud, plus ce caractère s'accentue, et la culture est obligée d'attendre les inondations du fleuve, qui arrivent â des époques iiTcgulières. D'anciens canaux, pour la plupart abandonnés ou obstrués, appariaient autrefois à !u campagne l'eau nécessaire ; des travaux ont été entrepris pour les rétablir.
Du Punjàb au Sind, la rive gaudiu du llndus est bordée par le grand désert de Thar. Cette région sépare les doux grandes voies par lesquelles on peut aborder l'Inde en venant de l'est : au nord sont les roules du Punjàb, dont le chemin de fer de Calcutta, Labore, Attok, et Peshawer forme la directrice principale; au sud, les roules de la cûle de la mer des Indes, qui conduisent à Baroda et à Bombay.
A ces deux grandes directions des voies commerciales correspondent deux passages principaux del'Indus ; au nord, celui d' Attok, au confluent de la rivière de Kaboul; au sud, celui de Sldkarpour.
Le Punjàb est habité par une fort belle population, les Sikhs, qui est restée fidèle aux Anglais lors de la grande insurrection cipaye. Il y a de nombreux musulmans, peu d'indous. Labore (17", 000 h.), l'ancienne capitale de Punjàb, annexée seulement en 1849, est une superbe ville, qui a pour rivale la ville sainte d'AmriUar.
La chaîne des monts Vindiah, qui traverse diagonalement l'Hindoustan, limite, au sud, les bassins de l'Indus et du Gange et sépare llnde gangétique de l'Inde péninsulaire, ou Dekkan1.
La côte est soutenue, à l'ouest, par la chaîne des Ghats occidentales, dont quelques sommets, dépassant 2,500 m., dominent, presque à pic, la mer d'Oman, et, à l'est, par celle moins élevée des Ghats orientales.
Une seule rivière notable, la Nerbttdda, coule sur le versant occidental au nord des Ghats, en longeant le pied des monts Vindiah, et tombe dans le golfe de Cumbay.
Le réseau des rivières du versant oriental est plus important.
) . Dekkan, région du Sud.
Nous citerons seulement : le Godavri, qui forme un delta entre Yantton et UaxtlRpalam; IaKistna (ou Kriclina), dont le delta est au md de Mazulipatam; le Kavêry, dans le delta duquel est Karikal. Ces rivières descendent du revers do la chaîne des Ghata occidentales, et traversent, de l'ouest à l'est, le Dckkan presque entier.
CÙtes. — La cûte occidentale, depuis l'embouchure de l'Indus jusqu'au cap Comorin, se divise en :
Côte de Kutch, basse et marécageuse, qui ferme une sorte de lagune intérieure, appelée Rann de liulch.
Côte de la péninsule de Kattyawar, comprise entre les golfes de tutch et de Cambay, sur lequel est Surate, et à l'entrée duquel sont le» comptoirs portugais de l'Ile de Diu au nord, de Damao au sud. Cote du Konkan, entre Surate et le comptoir portugais de Goa. Sur cette cûte est l'imporlants ville de Bombay (882,000 hab.), qui est le port le plus rapproché d'Aden et le port principal de l'Inde an- 11 divergent les grands chemins de fer de l'Hindoustan, sur Bsroda et Dehli, au Dord ; sur Allahabad, Bénarès, et Calcutta, au nord-est; sur Madras, nu sud-est.
Cote de Malabar, entre Goa et l'extrémité de la péninsule, avec U ritle française de itahe, qui n'a qu'une rade foraine. La côte orientale se distingue en : Cote d'Orissa ei Cote des Circars, depui jusqu'à l'embouchure du Godavri;
Cote de Commandai, depuis !e Godavri jusqu'à <k Umaar.
Le détroit de Palk (environ 100 Util.) sépare l'Ile de Ceylan de la cote ferme; le passage est fermé à la navigation par une digue de 100 ki!. env., formée d'écueils et de hauts-fonds, et qu'on appelle le F'wt d'Adam; le canal qui la traverse n'est accessible qu'aux navires calant moins de 4 métrés.
L'Ile de Ceylan (3,000,000 hab. env., 64,000 kil. car.) est une colonie directe de la Couronne, c'est-à-dire qu'elle ne relève pas du gouvernement de l'Inde. Sur la cfite sud-ouest, Colombo, ch.-l. de la talon i t. qui est, ainsi que Pointe-de-Galles , une escale des navires «aire Aden et Singapour; sur la cote nord, Trincomaty. Dans le centre Kandy, l'ancienne capitale. Climat chaud, salubre, superbe Tègèlation (pic d'Adam, 2,230 m. ; Pédrclagalla, 2,ii38 m.).
s les bouches du Gange ii Kavéri et au golfe