‹ L'expansion européenneChapitre 36 sur 160 · EMPIRE DE PERSE · texte numérisé non relu

EMPIRE DE PERSE

De tous les anciens empires orientaux, la Perse est le seul qui nit subsisté jusqu'à nos jours, mais il n'a plus que le souvenir de sa puissance passée.

Sa population n'est estimée qu'à 7 ou 8 millions d'hab. ', épars sur une surface d'environ 1,630,000 kil. car.

Au siècle dernier, le règne de Kadir-Schah avait encore jeté un grand éclat. — En 1724, les Persans avaient pénétré aui Indes en conquérants, avaient pillé Delhi, la capitale du grand Mogol, et en avaient rapporté un immense butin; ils avaient ensuite imposé leur suzeraineté nui khanats do Boukhara et de Khiva.

Ali-Schah, qui occupa le Irône de Perse de 1797 à 1834, fut aussi un prince puissant et éclairé. En 1808, Napoléon lui avait envoyé une mission sous les ordres du général Gurdane, pour organiser ses troupes. Dans le grand projeL qu'il avait conçu d'une expédition contre les Indes, Napoléon pensait se servir de l'armée persane pour établir la jonction entre les armées russes et françaises.

Les dernières années du rogne d'Ali-Schali furent occupées par de longues luttes contre les Dusses, qui lui enlevèrent une partie de l'Arménie et lai imposèrent, par le traité deGoulistan (1813), et par celui de Turkmantchaï (1S28)3, la frontière de l'Araxe et l'interdiction de naviguer sur la mer Caspienne.

Les Russes encourageaient alors volontiers les scliahs de Perse à

1. Dont 20, 1100 Israélites, i3, 000 Arméniens, 260, 000 Arabe6, 120, 000 Turcs, 675,000 Kurdes.

La population silil.-'iiliiiri', i-é partie en OÙ ville? , est t?stïmiîo & 2,000,000

la population rurale a 4,000,000

les nomades à 2,000, 000

2. Le chef-lieu, Téhéran, a 200.(100 habitants; les villes principale» sont : TttUL'ia, centre CoiiniHTHiù île 125.0(11) liati.; Ispahan, lu deuxième capitale, 90,000 hab.; Mechkhcd, le cheMieu du Khorassau, ville sainte des musulmans chiites, tombeau de l'iman Iteza, 70,000 bah.; tlamadan, 35,000 hab.; Chiraz, chef-lieu du Farsiatan, 32.000 hab.; Uouchcir, port principal du golfe Pei-dipie, point d'aUeri'iiBCuicnt du cable télégraphique, 27,000 hab.

3. Goulistan, à 40 kil. sud-est d'Érivan ; Turkmantchaï, a 120 kil, env. sud-est de Tauris.

LA PIÎRSE

étendre leur influence du cûlé de l'Afghanistan. Mohammed-Schah alla assiéger Nérat. Les Anglais l'obligèrent à en lever le siège (18381. Les Persans ayant réussi à s'en emparer en 1856, les Anglais déclarèrent la guerre; ils occupèrent plusieurs points de la côte du rçolfe Persique, et Mohammera, à l'embouchure de l'Eupbrate. Par le traité de Téhéran ilSIiB}, les Anglais obligèrent la Perse a renoncer h Hërat.

L'influence russe et l'influence anglaise ont été, tour à tour, prédominantes à la cour de Téhéran, dont les hauts fonctionnaires reçoivent des subventions de i'Angle terre. Les Anglais, qui dominent dans le golfe Persique, monopolisent à peu près le commerce des provinces méridionales. Depuis peu de temps ISOii ■ , une Compagnie anglaise a oblenu le monopole du labac; elle entretient à Téhéran des agents nombreux, qui cherchent i établir une influence rayonnante dans les provinces.

De leur côté, les Russes, pour tenir compte a la Perse de ses bonnes dispositions, lui ont fait ctdcr par la Turquie, après ii guerre de 1878, le territoire de Kotur, pour reclilier sa fronliàrc n l'ouest d'Cuirmia. Vers le Turkestan, par une convention de 1881, les Russes ont tracé leur frontière sur l'Atrek et sur le Kopet-dagh.

Leur influence s'étend rapidement sur celte zone frontière. Ils v .ml ramené la tranquillité en mettant fin aux incursions des Turkmènes. Ilsy ont apporté quelque richesse en employant tin ^rand nombre de travailleurs persans pour la construction du die m in de 1er et des établissements militaires delà Transcaspîenne. Chaque jour ils gagnent du terrain en avant, et, dans leurs courses d'aventure, les Cosaques passent souvent la fron- HSrfl et pénètrent en Perse, où ils font connaître la puissance de la Russie1. C'est ainsi qu'ils sont allés jusqu'à Mechkhed et que la ville sainte, autrefois interdite aux infidèles, leur est Wjuurd'hui accessible, à l'exception d'un seul quartier.

1 Ou dit que <i uelques- uns ne reviennent p.is, qu'ils restent en Perse, tutorités russes usent. à leur cgurd d'une grimile tolérance. Ce I l, le? enfants perdus, les pionnier.- d'uviiiit-srn'di: de la con- .■i.-. Il y a aussi, en Perse, un certain nombre de déserteurs po-

Aperçu géographique.

Entre la mer Caspienne et le golfe Persique, s'élèvent, à plus de 1,000 m, d'altitude, les hauts plaleaux de l'Iran , que bordent, de toutes parts, de puissantes murailles de montagnes.

Aunord, dans les monts Elbourz, la cime du Demavend se dresse à 6,030m. d'altitude. Ce rempart n'est percé quepoi1 un petit nombre de -brèches que traversent les routes muletières conduisant de Téhéran, la capitale, aux ports de la Caspienne :

celle de Recht par la vallée du Sefid-rotul (rivière blanche) et la passe de Mendjil, à l'ouest ;

celle de SarfËToueh, qui passe au pied du Demavend, au centre;

celle d'Asterabtid par Chahroud, à l'est2.

Les monts Elbourz se prolongent, au nord-ouest, par les chaînes qui ferment le bassin de l'Araie et qui enveloppent le bassin du lac d'Ourmia : Ak-dagk (4,000 m.) ; Savaian (4,6-14 m.) ; Sahend (3,530 m.).

Tauris (ou mieux Tebriz), chef-lieu de l'Aderbeidjan, c'est-à-dire de l'Arménie persane, est la plus importante ville de commerce de ; très florissante autrefois, on estime encore sa pupulalion ii t j i.'l.iû bal). Plusieurs nations européennes y entretiennent des

Ou entre en l'erse, sur cetLe frontière :

par la route d'Érivan à Tauris;

par la roule de Van à Ourmia;

et parla roule intermédiaire de Bajazetà Khôl. Cette dernière, qui est praticable aux voilures depuis Trêbizonde, par Err.eroum jusqu'à la frontière de Perse, a été, â l'époque romaine, la route la plus ordinairement suivie pour les relations avec les Indus; elle fut reprise au moyen âge lorsque les Arabes interceptaient celle de l'Egypte. C'est encore la principale voie du commerce européen avec la Perse,

1. Téhéran, 1,170 m.; lspahum, 1,316 m. ; Tauris, 1,40(1 m.; Hamadan, 1,780 m.

a. La rade de îîecht est ;i Enseli; c'fisl. k port le plus fivqni-nii' par là que s'établissent, depuis l'iidièvi/iuriit itn l'iicmiii île fer de Bakou, les communienlimis les plus nipiili.is uvee l'Europe. Le peu de profondeur ne permet pas cependant aux viipcnrsde se rapprocher de la cote.

Le port d'Asterabad est i l'Ile d'Achour-Ada, où les Russes ont des 1BSt:J l,i lions. Ton le celle ai k- est tivs pai.^iiiiueu.-'e : en y rencontre nu grand nombre débarques persaoes ; mais les liasses ont interdit ù fa Persa d'avoir dans la Caspienne des navires de guerre et même de commerce.

pwce que les Russes interdis en l le transit par le Caucase et qu'ils ■"efforcent de monopoliser le commerce (tes provinces septentrionales de la Perse, soit par mer, soit par terre; ils ont, d'ailleurs, depuis longtemps, le projet de raccorder leur chemin de fer ds Cancase avec Téhéran '.

Les mon 1s du Kourdistanel du Louristan forment les remparts 'iccidentaux des plateaux de l'Iran. Les routes qui les Iraversent ont pour point de départ Taurîs et Haniadan (l'ancienne Eebatane, i;ni fut la capitale de la Médie), située au pied du mont Alvend iH.500 m.). La route la plus importante: est celle de Baghdad à Haaiadan par le célehre délîlé de Kirmanchahan*.

Au sud, le versant du golfe Persique est soutenu par des ranges multiples de chaînes dont les crêtes s'élèvent à 4 et 5,000 m. Klies sont traversées par plusieurs routes :

d'Hamadan par Disfoûl (près des ruines de Suse) à Cliouchler, qui H) à la tête de la navigation du Karoun a;

d'Ispahan, en passant près des ruines de Persêpolis, à Chiraz et m port de Bender-Bouchelr^; de Kirman au port de Bcndcr-Abassi.

A l'est, les murailles de montagnes sont moins compactes; les roules les plus fréquentées sont celles : de Téhéran, par Têtes, à Birdjand et a Sandahar; de Téhéran, par Chahroud, à Tourckis et directement à Hérat;

1. En 1873, lors de son voyage en Europe, le schali de Perse avait coqligne û un Allemand, le baron de Reuter, qu'on disait n'être T'un préte-nom des Russes; mais ce dernier s'est heurté a des difficultés politiques et financières qu'il n'a pu surmonter.

A la slatiou de Adji-Kabonl, sur le chemin de fer de Bakou, se trouve l'amorce de In ligue projetée sur Téhéran.

ï. A une journée de marche II l'ouest de Kiruianchalian, se trouve, prés !"■ tiUage de Biflotoun, sur une paroi de rochers de 500 m. de haut, la i. viplion cunéiforme que Darius lit graver, en trois langues, perse, médique, et assyrienne, pour retné.mover ses vielûiros (321 à 515 av. J.-C.j, et dont le déchiffrement, commencé en 1838, par le major anlius-on, fut le poiut de départ de la eon il aisance Je l'ancienne l:i Perse, et fit faire, de notre temps, de si grands progrès aux tudtsde l'antiquité orientale.

'■>■ Ln Karoun e~t nu impartant coui's d'eau qui, 4 snn embouchure, près niera, eBt réuni par nu canal au Chatl-cl-Arab. Les Anglais ont US*, qu'il fût ouvert ù la navigation.

t Des i.-liiia existent sur cette route, qui est assez souvent suivie par B qui vont aux Indes.

de Mechkhed, plusieurs chemins conduisent à Hérat, à Seraclis (sur l'Héri-roud), à Douchait, et à Askhabad.

Les plateaux sont traversés par plusieurs lignes décrètes, alignées du nord-ouest au sud-est et qui les divisent en deux grands bassins fermés, anciennes mers intérieures dont les fonds sont couverts de sables salés et, dans certaines saisons, en partie marécageux.

Sous la crainte d'invasion de la pari des Russes, des Turcs ou des n semble avoir systématiquement entravé le développement des voies de communication. La Famine périodique et une déplorable administration activent la ruine de ce malheureux pays.

Le Mazendéran, entre la mer Caspienne et les monts Elbourz, est une des régions les plus fertiles du monde, mais elle est malsaine et mal cultivée; le centre de la Perse n'est qu'un immense désert salé, que traversent de rares caravanes. A l'ouest, prés de la frontière turque, le pays est monlueux ; des irrigations artificielles y permettent seules la culture. Les provinces du sud sont plus peuplées et plus fertiles.

Les forces de l'armée persane sont évaluées & 100,000 hommes environ, dont 50,000 d'infanlerie, 30,000 de cavalerie, 5,000 d'artillerie, et 5,000 de milices. L'instruction en est dirigée par des officiers européens'.

Les tribus kurdes fournissent d'excellents contingents. Le gouvernement persan a mit établi des colonies kourdes sur la frontière du Khorassan pour la proléger contre les incursions des Turkmènes.

1. Avant tS70, il y eut, en Perse, des missions militaires françaises. A la suite de son voyage en Europe en 1815, le Schah engagea un graud nombre d'officiers autrichiens.

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