‹ L'expansion européenneChapitre 40 sur 160 · CoitEulter Carte et notice n" îi, Atlas général · texte numérisé non relu

CoitEulter Carte et notice n" îi, Atlas général

Races. — De nombreuses races se sont succédé sur le sol de l'Inde en se mêlant peu entre elles.

Les peuplades nègres ou négroïdes qui habitaient l'Inde avant les temps historiques, furent remplacées par des tribus plus puissnnles, les Dravidas, venues sans doute de l'Asie centrale, et dont quelques descendants se retrouvent sur le plateau du Dekkan.

D'autres hommes de l'Asie septentrionale descendirent par la passe du Kaboul, cette grande porle de l'Inde; puis, les uns et les autres furent soumis par les conquérants aryens dont on place l'arrivée au xv5 siècle avant J.-C. Ces nouveau* venus étaient un rameau détaché de la grande famille iranienne qui peupla l'occident de l'Asie et se répandit ensuite en Europe par ilols successifs. Peu nombreux, mais ayant une grande supériorité d'intelligence et d'industrie, de langue et de civilisation, ils établirent leur suprématie sur l'Inde. En s'allianl aux vaincus, ils altérèrent la pureté et la blancheur de leur race. Ce grand peuple apportait avec lui des idées religieuses et philosophiques que leur langue, une des plus belles qui aient été parlées sur la terre, le sanscrit, traduisait en hymnes d'une grande poésie. Quelques souvenirs de leurs dogmes religieux, aujourd'hui fort dénaturés et corrompus, se retrouvent dans le brahmanisme.

La base principale de l'organisation sociale des Indous est la division en castes, qui sont séparées les unes des autres par un mépris mutuel et par des haines réciproques.

A l'échelle supérieure sont les brahmes, représentant l'aristocratie religieuse; vient ensuite l'aristocratie militaire (kehatryas) des Itayahs. Les uns et les autres sont de race aryenne, mais fortement mélangés. La troisième caste est celle des vaickyas, où domine le sang mongolique, gens de boutique et petits propriétaires, la dernière des classes nobles. Au-dessous d'eux, les soutiras sont les descendants des autochtones; ils fournissent les manœuvres, hommes de peine, domestiques, etc. Plus bas encore, les parias, les gens sans caste, malheureux et méprisés.

Le brahmanisme donna naissance au bouddhisme vers l'an ;iGO avant J.-C. ; le fondateur de celle nouvelle religion proclama les hommes frères et repoussa ta division des castes ; mais les bouddhistes furent chassés de l'Inde vers le v* ou le vi* siècle de noire ère. Le bouddhisme, bien détourné d'ailleurs de la simplicité philosophique des premiers temps, n'est plus que faiblement représenté dans l'Inde; son centre principal se trouve à Lhassa, au Tibet.

L'HINDOCSTJLN ltl

siècle de notre ère, arrivèrent les cavaliers arabes qui imposèrent la loi du Prophète à une petite partie Je l'Inde. D'autres invasions musulmanes descendirent fréquemment par la voie de Kaboul. Mahmoud le Ghaznévide (1000 à 1026), dont la capitale élait Ghazni, une des villes de l'Afghanistan, conquit une partie de l'Inde et fonda un grand empire musulman avec Dehli pour capitale En 1^40, commence l'invasion mongole; Gengis-khan pille Lahore.

En 1398, Tamerlan ravage l'Inde, et prend Dehli. En 1517, Baber, descendant de Tamerlan, fonda l'empire mahomélan de Delhi ou du Grand Mogol, qui disparut à son tour sous la domination européenne.

Le chiffre des musulmans de l'Inde ne dépasse pas 50 millions, On compte 'S millions de bouddhistes et moins de 2 millions de I.!' in us ; tout le reste de l'Inde professe le brahmanisme; on trouve m notre, un grand nombre de sectes ans rites bizarres et souvent , aux superstitions étranges. L'administration anglaise, parfois impuissante à en contenir les excès, est obligée h. une grande prudence pour gouverner au milieu de celte diversité de croyances do coutumes, de préjugés tenaces et intolérants.

Les notions de patriotisme et de solidarité nationale sont absolument étrangères au cerveau des Indous; ils sont impuissants ,:ir;ils ont toujours été courbés sous une domination étrangère, La domination anglaise n'a fait que se substituer à celle du Grand Mogol; c'est ce qui explique comment elle se raainlient, en d live, avec peu d'etTorts, malgré la haine des peuples et des princes, dont l'insurrection ripaye de 1836 a montré la violence.

La division de l'Hindoustan en partie continentale au nord des tnonls Vindiah et partie péninsulaire an sud, est caractérisée par '!>: il illijre aces de climat, de flore, de faune, et de populations.

On reconnaît deux types principaux : le Tamil de l'Inde péninsulaire i-t le Bengali de l'Inde continentale ; mais dans chaque vallée l'i/i-imen particulier de la race humaine, les plus importuniez de l'Inde continentale sont : !-« Afghan* de ta frontière nord-ouest, rebelles à toute civilisa-

musulmans fanatiques et pillards.

! Beloutchis de la rive droite de l'indus sont plus i scrutent de beaux corps de cavalerie. ,'l-, de race mongolique, sur !a frontière afghane, sont des

hommes superbes, d'une stature de 6 pieds, d'humeur guerrière el chevaleresque, et d'une fidélité qui ne s'est pas démentie. On en compte 1 5 a 20,000 dans les troupes natives ; ils sont presque tous affectés un Punjdb-Frontier's-Corps.

Les Rajpoutes, braves et turbulents, brahmanistes et d'une fidélité moins certaine, recrutent les régiments de cavalerie légère- '

Le Bengali, gros, indolent, empâté, à la fois intelligent, lâche et servile, désireux de s'instruire, envahit les fonctions administratif et fait un mauvais soldat.

Du croisement du Bengali avec l'Européen sont résultés les métis (half-cast), longtemps répudiés par les uns comme par les autres, mais dont le nombre et l'importance s'accroît et qui, sous le nom de Jeune-Inde, pourraient bien arriver à exercer une influence prédominante dans un pays où la race européenne pure ne peut se reproduire.

Les Gourkas du Népaul sont' des montagnards, au type mongolique, petits, trapus, propres à la guerre de montagnes, mais incapables de supporter le climat de la plaine.

Gouvernement de l'Inde.

Le gouverneur général, avec le titre de vice-roi, exerce le pouvoir suprême au nom de la reine d'Angleterre, impératrice des Indes, avec le concours d'un conseil, supérieur de sept membres, dont l'un est le commandant des forces militaires. II est sous l'autorité du ministre de l'Inde, résidant à Londres, membre du cabinet anglais el seul responsable devant le Parlement. Il a sous ses ordres les gouverneurs des présidences de Madras et de Bombay, les lieutenantsgouverneurs, les commissaires en chef, les résidents prés des princes indigènes, etc.

Du gouvernement de l'Inde dépendent : le territoire d'Aden et ses dépendances, et le protectorat de Zanzibar.

Les États indigènes se distinguent en États protégés et Étais tabulaires, dont la situation varie suivant les conventions. La plupart des princes indigènes, rajahs, conservent l'administration intérieure de leurs États et entretiennent quelques troupes, sous la surveillance d'un résident anglais el sous la condition de n'employer ni

Page 1