L'HINDOUSTAN
Le gouvernement de ces peuples, le souci de les maintenir dans l'obéissance, les préoccupations que causent, avec raison, à l'Angleterre les progrès menaçants de la Russie dans l'Asie centrale, et une guerre possible avec ce puissant ennemi, pèsent d'un poids d'autant plus lourd sur la politique anglaise qu'il ne lui est pas possible d'espérer jamais amener les Indes a une vie autonome et à la pratique du self government.
La guerre engagée en Europe contre la Russie, eu 1853, l'intervention permanente et souventdangereusedans les affaires de l' Empire ottoman, la tension survenue avec la France dans la question d'Egypte, l'expédition du Soudan, etc., n'ont eu d'autre origine que le souci de la possession des Indes. Mais cette possession assure à l'Angleterre un trafic de 60 millions délivres sterling, supérieur à celui qu'elle fait avec la France; el si, sur les autres marchés du globe, elle peut craindre des concurrences, il lui restera le monopole de l'Inde,
On a dit aussi qu'au point de vue moral, les nécessités complexes de l'administration de l'Inde avaient contribué plus qu'aucun autre facteur à former l'esprit et à tremper le caractère anglais ', à lui donner des qualités d'énergie, d'initiative, et de ténacité; elles ont été un stimulant à la prodigieuse activité coloniale dont les Anglais ont fait preuve depuis un siècle. Mais les Anglais reconnaissent eux-mêmes que « l'idée de conquérir l'Inde fut une conception française; que ce furent des Français qui, les premiers, comprirent que l'idée était réalisable et par quels moyens elle pouvait être réalisée'».
1. Préface de A. Rainhaud, t'F.rptm'îon de l'Angleterre, par J.-It. Seeley, profeiseur a l'Université de Cambridge (traduction française, 1885).
2. Voir Histoire des Français dans l'Inde, drpuis ht [■•luhdion de Pon-
'.■.'.-. 7 n'a la prise de cette lille [UTii- l"lïl ;. pur le lieu tenant-colonel Xafaoa (traduction dp M™fl S. Le Page). Paris, 1871.
L'W.t,,ïre des Français dans l'Inde a été écrite par un officier anglais *tdjilii*e à l'armée française comme un hommage rendu a ses glorieux Imadeia, qui ont combattu dans les Indes.
'■ De ht un nomme d'État français qui, le premier, osa songer a asser-
'îrleiaste empire du Mogol a une volonté européenne; ce fut encore un
i ' >t i'jmih ;nii qui connut l'idée de conquérir l'Inde avec l'aide
■■..-. d'armer, rie discipliner, d'instruire les indigènes a la ma-
loldats européens, créant uiusi le germe de cette armée cipaye
p depuis si fameuse. Us étaient Français ces soldats qui, les pre-
Armée. — L'armée anglo-indienne (réorganisation de ISS i) comprend les troupes de l'Inde proprement dite, celles de la Birmanie, et celles des possessions du golfe Persique, d'Aden et des postes de la mer Ronge. Elles sont sous les ordres d'un commandant en chef qui dépend du vice-roi.
Les troupes anglo-indiennes, dans les Indes, sont réparties en trois armées qui correspondent aux Présidences du In-iigale, de Madras, et de Bombay. Il existe-, en outre, dans le Punjàb, une division distincte, spécialement affectée il la défense de la frontière nordouest (Punjftb-Frontier's-Corps).
Chacune de ces armées a ses coutumes et ses règlements particuliers. Elles sont constituées :
1° par des régiments détachés de la r.raude-lîretague;
2° par des troupes natives régulières, recrutées dans les Indes et parmi les tribus guerrières voisines;
3° par 1rs contingents irré^uliers des princes indigènes.
L'armée native est commandée par un étal-major anglais, appelé Indian staff, créé en 1861, absolument séparé du cadre de l'armée anglaise. 1! se recrute par des officiers détachés de l'armée britannique, mais qui ne peuvent y rentrer qu'avec le grade de général.
Le cadre indigène ost distinct; jamais un Anglais ne doit se trouver sous les ordres d'un natif.
Les officiers supérieurs des troupes natives régulières sont tous Anglais. Les natifs peuvent arriver au grade de capitaine et, par exception, après un examen, au grade de major (subadur).
Les troupes irrégulières et les contingenta des princes feudalaires sont en partie commandés par des officiers anglais détachés; mais la plupart de ces troupes ne sont pas réunies d'une manière perma-
ivii.ri-.-, démontrèrent, sur le champ de bataille, la supériorité d'une poignée d'Européens dUoiplinûs sur les hordes asiatiques dépourvues d'iustruu. tion. « — Il faut admirer « les grandes œuvres accomplies jiar la France, sur le sol de l'Hindoustau, les conceptions puissantes, lus actions héroïques, l'indomptable énergie de ses enfants », tandis que l'impéritie du gouvernement, la frivolité du la cour, lus mesquineries jalouses, ruinent les espérances de Impk-ÎM et de ses compagnons.
u Bien des cœurs français doiveot encore éprouver de jusles regret* nu souvenir de la perte d'un empire si vaste... ; mais, quelle que soit l'amertume qu'ils eu ressentent, elle doit Etre tempérée par un b-^ilirm: orgueil ù la pensée que c'est un enfant de la France qui osa le in ■ im aspirer a cette domioaliou, et que, si les habitants de l'Hindou s Uu IVuit détonnais partie de ta grande famille europrenne, c'est yrae.e à l'inipnlsion donnée parlai, et que ses rivaux heureux n'ont fait que suivre.»